Réunion du G20 à Washington

Publié le par Cohérence et Espoir 94

Les dirigeants du G20, réunis vendredi 14 et samedi 15 novembre à Washington, semblaient en voie de s'accorder sur une meilleure surveillance de la finance mondiale et un soutien à l'activité économique pour tenter d'enrayer la crise financière la plus grave depuis celle de 1929.

Après un dîner de travail vendredi à la Maison Blanche, les chefs d'Etat et de gouvernement des grands pays industrialisés et émergents ont repris leur travaux au musée d'architecture de la capitale américaine. "Le sommet financier va adopter un plan d'action pour démontrer que la communauté des Etats a la capacité d'agir", a indiqué la chancelière allemande Angela Merkel juste avant le début de la réunion. "Il existe ici une grande volonté commune de s'assurer qu'une telle crise ne se reproduira pas et de relancer l'économie mondiale le plus rapidement possible", a-t-elle ajouté devant la presse.


Un autre sommet est d'ores et déjà programmé en avril 2009.

Le G20 rassemble les membres du G8 (Allemagne, France, Etats-Unis, Japon, Canada, Italie, Royaume-Uni, Russie, UE), ainsi que l'Afrique du Sud, l'Arabie Saoudite, l'Argentine, l'Australie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l'Inde, l'Indonésie, le Mexique et la Turquie. L'Espagne et les Pays-Bas ont également été invités.


Le président américain George W. Bush, hôte de la réunion, a qualifié la discussion de vendredi de "bonne et franche". Il a aussi mis en garde contre un regain de protectionnisme dans le monde, "l'un des dangers d'une crise comme celle que nous traversons".



Le communiqué qui devrait être publié à l'issue de la réunion contient des "messages positifs de trois ordres : soutien à l'économie, nouvelle régulation internationale, réforme de la gouvernance mondiale", a indiqué vendredi la présidence française de l'Union européenne. Un premier bilan devrait être dressé au 31 mars, avant la convocation d'un second sommet du G20, au plus tard le 30 avril, selon la même source.


Ce sont les trop grandes prises de risques, sans véritable contrôle, de grands noms de la finance mondiale qui ont provoqué cette grave crise financière. Pour éviter une répétition de l'histoire, les participants devraient reprendre l'idée qu'"on ne doit pas laisser un territoire sur lequel il y a une activité financière, on ne doit pas laisser un marché, une institution, sans une régulation, une réglementation ou une surveillance appropriée", selon la présidence française. En clair, les fonds d'investissements à risque (hedge funds), les paradis fiscaux ou encore les produits financiers aussi complexes qu'opaques seront à l'avenir surveillés et réglementés.


RELANCE OU RÉGULATION ?

Il n'est cependant plus question d'une réforme globale du système financier, sorte de Bretton Woods II, souhaitée par certains pays, dont la France. M. Bush a mis en garde ces derniers jours contre une sur-régulation qui, selon lui, serait contreproductive et souligné que le sommet réaffirmerait "notre conviction que les principes du libéralisme économique nous offrent la meilleure voie vers une prospérité durable".


Son administration a présenté des pistes de réflexion : une meilleure gestion des risques par les banques, une transparence accrue des marchés et institutions et une plus grande harmonisation de leurs règles comptables. Concrètement, la Maison Blanche s'est dite favorable à deux nouveaux mécanismes : un "collège de superviseurs" formé d'autorités de régulation pour surveiller les 30 plus grandes banques mondiales et un "système d'alerte précoce" des crises financières à confier éventuellement au FMI. Les Etats-Unis sont également favorables à une réorganisation des institutions multilatérales, comme le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, pour accorder davantage de poids aux pays émergents comme la Chine, l'Inde ou le Brésil. Mais il est difficile pour Washington de s'engager davantage car le 20 janvier 2009, Bush laissera la place à Barack Obama, absent du sommet.


Le Pakistan, dont l'économie est en crise, a annoncé samedi qu'il recevra une aide d'au moins 7,6 milliards de dollars (près de 6 milliards d'euros) du FMI. Alors que la récession touche davantage de pays, la pression s'accroit pour répondre de manière efficace à la détérioration de la situation économique mondiale. De grands pays industrialisés comme le Canada et la plupart des économies émergentes ont donné de la voix pour que le sommet s'accorde en priorité sur des politiques concertées de relance, plutôt qu'une régulation financière.

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