Nouveaux fonds pour le FMI

Publié le par Cohérence et Espoir 94

Les gouvernements des pays européens membre du G20 se sont mis d'accord, ce dimanche, pour doubler leur contribution au financement du Fonds monétaire international (FMI) et pour soutenir une régulation et une surveillance accrue de l'ensemble des acteurs des marchés. Les dirigeants réunis à Berlin estiment que le le FMI ne pourra aider ses membres "rapidement et efficacement" que si le FMI obtient "au moins 500 milliards de dollars" supplementaires. Le Japon a d'ores et déjà annoncé son intention de prêter jusqu'à 100 milliards de dollars à l'institution financière.

Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, et les ministres des finances allemand Peer Steinbrück et français Christine Lagarde, lors de la réunion du G4 à Berlin, dimanche 22 février.

Le FMI, qui regroupe 185 pays, a pour mission d'assurer la stabilité du système monétaire mondial. Son principal moyen d'action consiste à prêter de l'argent aux pays en difficulté, pour éviter qu'un état puisse se retrouver en situation de cessation de paiement. En contrepartie de ces prêts, le FMI peut imposer la mise en place de réformes économiques dans les pays débiteurs. La France est le quatrième principal contributeur du FMI, derrière les Etats-Unis, le Japon et l'Allemagne, et à égalité avec le Royaume-Uni.



ENCADREMENT DES FONDS SPÉCULATIFS ET DES AGENCES DE NOTATION

Les Européens se sont également mis d'accord pour demander un encadrement plus fort des marchés, y compris des fonds d'investissement spéculatifs ("hedge funds"). "La demande d'une régulation directe des hedge funds n'a plus été mise en cause par aucun des participants", ont indiqué plusieurs sources gouvernementales allemandes à l'AFP.



Les hedge funds, ces fonds spéculatifs qui utilisent un recours massif à l'endettement pour investir de manière agressive, ont été régulièrement accusés d'avoir contribué à la crise financière internationale, en raison de l'opacité de leur fonctionnement et de leur recherche du profit à court terme. Jusqu'à présent, si la France et l'Allemagne s'étaient montrés partisan d'une régulation de ces fonds, les Britanniques semblaient plus réticents. Les agences de notations, souvent montrées du doigt pour des conflits d'intérêts, seraient également sujettes à une surveillance assortie de sanctions. "Une nouvelle régulation sans sanction, ça n'existerait pas", a précisé Nicolas Sarkozy.



ACCORD DE PRINCIPE

La chancelière allemande Angela Merkel avait convié ses homologues et les ministres des Finances européens du G20 (Royaume-Uni, Italie, France), de même que l'Espagne et les Pays-Bas, afin de définir une ligne commune sur la réforme de la finance internationale avant le sommet du G20 de Londres le 2 avril. Les présidents de la Commission européenne Manuel José Barroso, de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet et de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, assistaient également aux discussions, ainsi que le premier ministre tchèque Mirek Topolanek, dont le pays préside l'Union européenne.



Aucun texte commun ne devrait toute fois être publié à l'issue de la réunion, officiellement pour laisser aux pays qui n'étaient pas représentés à Berlin la possibilité de rejoindre la position définie ce dimanche à Berlin. Si le consensus est acquis sur le principe d'une régulation accrue, les détails de cet encadrement seraient encore en cours de négociation.

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