Bilan des élections partielles de janvier à mars 2010

Publié le par Cohérence et Espoir 94

Durant le mois de février, aucune élection partielle ne s'est déroulée. Au mois de mars 2010, il y a eu 2 élections cantonales (à la Garenne-Colombes (92) et Sainte-Enimie (48) et une municipale à Plomeur-Bodou (22) ce qui est vraiment peu.

1°) Les élections partielles du mois
Concernant les deux élections cantonales, elles traduisent assez bien la tendance des élections régionales.
A la Garenne-Colombes, en 2004, le sortant UMP était réélu dès le premier tour avec 56,78% des voix et la droite totalisait avec ses trois candidats plus de 70% des voix. La gauche se divisait le reste avec 4 candidats (PS, Verts, PCF et LO. Seul, le candidat PS surnageait avec près de 20% des voix.
Cette fois-ci, le candidat UMP doit attendre un second tour avec 42,83% (-13,95%). La droite avec 4 candidats obtient 59,07% (- 11,40%). La gauche avec ses trois candidats recueille 41,39% au lieu de 29,53%, mais surtout ses trois candidats progressent (PC: 3,69% au lieu de 2,87%, PS 22,15% au lieu de 19,77% et surtout les écologistes avec 15,54% au lieu de 5,16%). certes, il n'y avait de candidat d'extrême-gauche. De plus, la gauche obtient avec près de 20% en moins de participation un score en voix largement supérieur à celui de 2004 (3240 voix au lieu de 2868).
Au deuxième tour, la candidate UMP recueille 4425 voix et 54,32%, perdant 201 voix et 4,75%,malgré 399 votants en plus du premier tour, alors que le candidat PS rassemble 481 voix supplémentaires.
Nous pouvons maintenant supposer qu'une partie importante de l'électorat supplémentaire s'est dirigée vers le candidat PS ainsi qu'une petite partie des voix du candidat MoDem , voire FN. Par con,tre, on peut estimer qu'une partie majoritaire des électorats MoDem et FN ont reporté leur vote sur l'UMP.
La comparaison avec les élections régionales des mêmes jours montrent une une quasi-parfaite adéquation au deuxième tour ainsi qu'au premier tour avec 3/4 % de votes sur des listes "divers-droite" aux régionales.

A Sainte-Enimie, La gauche rassemblait 39,50% et le conseiller sortant UDF 60,50%. Aujourd'hui, le candidat Divers-gauche obtient 56,77% face au candidat Divers-Droite 43,23%. La participation électorale a été légèrement supérieure dans ce canton rural de la Lozère. Ce basculement du canton était dans la logique. La participation est de 74,21% au lieu de 73,23% en 2004. La comparaison avec l'élection régionale sur la commune montre la même orientation qu'à la cantonale (liste de Georges Frèche au second tour).

Ces comparaisons montrent bien le caractère très politique de ces deux cantonales.

Quant à l'élection municipale de Plomeur-Bodou (22), elle illustre avec éclat comment se faire battre quand on a une large majorité!

Plomeur-Bodou a voté 4 fois en moins d'un mois: les 28 février et 7 mars pour la municipale partielle ainsi que les 14 et 21 mars pour les régionales.
La municipale a été provoquée par des dissensions au sein de la majorité municipale divers-gauche qui dataient de loin.
3 listes se sont présentées: l'UMP, la liste DG et une liste verte.
En 2008, la liste de droite obtenait 27% face à trois listes de gauche. Au deuxième, elle avait obtenu 37% face aux divisions déjà importantes de la gauche.
Le 28 février, la liste de droite recueillait déjà 41,04% (852 voix), alors que la liste divers-gauche rassemblait 32,08% (691 voix) et la liste écologiste 26,87% (546 voix).
Le second tour se passera comme l'avait annoncé le premier. Les trois listes se maintiennent et la liste de droite est élue avec un nouveau progrès à 43,91% (978 voix) contre 35,65% (794 voix) à la liste de la maire divers gauche et enfin 20,43% (455 voix) à la liste écologiste.

Fallait-il penser que Plomeur-Bodou était passé à droite par ce vote si contraire à ses traditions politiques et à la tendance nationale? Les élections régionales allaient pouvoir répondre à cette question, d'autant plus que la région Bretagne allait connaître le seul cas de non-accord entre la gauche et les écologistes.
Dès le 14 mars, une partie de la réponse était donnée puisque la liste du PS arrivait largement en tête avec 691 voix et 37,49%, devant la liste de l'UMP 413 voix et 22,41% et celle des écologistes avec 283 voix et 15,36%.
Mais c'est surtout le second tour qui va montrer la réalité du rapport politique à Plomeur-Bodou puisque la liste de la gauche obtient 1088 voix et 53,20%, la liste de la droite 542 voix et 26,52% et enfin la liste écologiste 414 voix et 20,25%.

2) Bilan des élections partielles entre janvier et mars 2010

Depuis le début de 2010, 5 élections cantonales ont eu lieu et donnent l'illusion d'un changement limité au niveau des sièges. L'UMP conserve ses deux sièges, Les divers-gauche conservent un siège et en gagnent un au détriment de l4UDF. Le PS s'empare d'un siège du PCF.
Autre signe d'un changement plus important: il y a eu 3 élections au premier tour au lieu de 4 auparavant, les deux de l'UMP donnant lieu à un deuxième tour en 2010.

Toute autre est la situation en voix:
La participation s'établissait à 59,33% aux élections de 2004 ou de 2008.
La gauche totalisait 38,69% (5908 voix), le PS ayant 21,21%, suivi par les DG 7,02%, le PCF 6,08%, les Verts 3,29% et enfin 1,09% à l'extrême-gauche.
Sur les mêmes cantons, la droite rassemblait 61,31%, l'UMP recueillant 5516 voix et 36,12%, puis les divers-droite (DD) 16,07%, le FN 5,61% et 3,51% le MoDem.

En 2010, la participation à ces élections partielles n'atteignait que 47,33%, seul élément de nature à atténuer les leçons de ces élections.
Par contre, la gauche a obtenu en 2010 6394 voix et 46,51% (+7,82%), avec le PS à 22,46%, les écologistes à 10,42%, les DG à 10,02%, le PCF à 3,91%. La contre-performance du PCF s'explique par une élection où seul le PCF avait un candidat en 2008 alors qu'il y a eu plusieurs candidats en 2010.
La droite recule à 52,12% en 2010 (-9,19%). L'UMP est à 32,43%, les DD à 10,45%, le FN à 4,34%, le MoDem à 4,07%, le NC apparaissant à 0,83%.
Enfin, il y a un sans-étiquette à 1,64%.

Je ne ferai de comparaison sur les seconds tours, puisque seul le canton d'Aurillac IV a été pourvu les deux fois au second tour.
Par ailleurs, sur les élections municipales partielles, la situation spécifique de Plomeur-Bodou sur laquelle je me suis largement exprimée, ne permet pas une analyse globale des trois élections municipales partielles du début de l'année.

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