Sarkozy à Orléans: président protecteur et chantre de l'autopromotion

Publié le par Cohérence et Espoir 94


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SÉCURITÉ. Il est bien venu présenter ses vœux «aux acteurs de la sécurité» à Orléans. Mais son discours s’est vite transformé en éloge du président de la république à Nicolas Sarkozy, et de Nicolas Sarkozy à l’ancien ministre de l’intérieur, Sarkozy Nicolas. Extraits: «Entre 1997 et 2002 (gouvernement Jospin-ndlr) la délinquance avait augmenté de 15%, l’insécurité était devenue la première préoccupation des Français. Depuis 2002 (…) le nombre de crimes et délits constatés est en baisse constante». «La délinquance générale a baissé de près de 1% en 2008» et «la délinquance de proximité de 6%». «Les violences aux personnes, d'origine crapuleuse, ont baissé de 5,4%».



«Depuis 2002, plus de 1,5 million de crimes et délits ont été évités», etc… 

Pour Nicolas Sarkozy, «l’insécurité est la première des inégalités». Il l’a dit et répété. Et lui est là pour «protéger» les Français des affres de l’insécurité, tout comme il les protège «contre les méfaits de la crise financière» et «contre la crise économique et sociale qui en a découlé». Il protège également «leur santé avec la loi sur l’hôpital», mais aussi leurs «libertés individuelles en lançant une réforme de la procédure pénale». Et enfin, le président ne peut s’exonérer de «protéger la paix» dans le monde en proposant aux belligérants Proche orientaux un plan «équilibré».
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Au sujet d’une possible transposition hexagonale des affrontements israélo-palestiniens, le président s’est ensuite montré ferme, voire menaçant: «L'indivisibilité de la république est une règle fondamentale. La tolérance sera la tolérance zéro: ceux qui veulent importer en France des tensions communautaires trouveront l'état républicain sur leur route (…) L'antisémitisme et l'islamophobie seront condamnés avec la même sévérité (…) Quant à ceux qui ne seraient pas Français et qui voudraient contester ces règles, personne ne les retient». Transmis à Éric Besson.



Obligé par l’actualité récente, le président est revenu sur le placement en garde à vue et l’incarcération des deux policiers de la brigade des stups d’Orléans soupçonnés de trafic de stups (Libé Orléans du 11 janvier 2009). «Ces actes sont d’une gravité extrême et ils doivent être sanctionnés. Il ne s’agit pas que de problèmes individuels. Ces actes salissent vos uniformes !», a-t-il lancé au parterre de policiers et gendarmes massés entre les huiles essentielles (députés, élus locaux, cadres UMP...), dans l’antre du gymnase surchauffé de l’unité de gendarmerie d’Orléans.
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Au dehors, entre les nombreuses poubelles amassées sur les trottoirs depuis le début du mouvement de grève des éboueurs (Libé Orléans du 11 janvier 2009), la réaction s’est faite légère et désorganisée. Une centaine de manifestants tout au plus tenue à distance par des policiers calmés par l’expérience récente de  Saint-Lô.

Au final, tout le monde y aura trouvé son compte: Florent Montillot, l’adjoint à la sécurité en quête de reconnaissance politique ; Sarkozy, toujours enclin à la séduction et à l’autopromotion ; les forces de l’ordre qui repartent avec une promesse de don de 100 millions   d’euros destinés à l’achat de véhicules pour la police et la gendarmerie. 

Mourad Guichard (avec AFP)

(photo: Philippe Wojazer / Reuters)


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