La crise perdure à l'Assemblée

Publié le par Cohérence et Espoir 94

Après les vifs incidents de la veille sur la réforme du travail parlementaire, la crise s'est amplifiée, mercredi 21 janvier, à l'Assemblée nationale. Accusé par Bernard Accoyer d'avoir fait un "coup de force", le PS en a renvoyé la responsabilité au président de l'institution et mis à exécution sa menace de boycotter la séance de questions au gouvernement. Une première.


MM. Fabius, Hollande et Ayrault mardi en fin d'après-midi à l'Assemblée, quelques heures avant que le débat ne dégènère.

A l'ouverture de la séance, le premier ministre, François Fillon, a pris la parole pour réaffirmer son soutien au président de l'Assemblée et appeler les socialistes "au calme et à la raison". Rassemblés dans leur salle de réunion habituelle, ces derniers ont suivi les débats à la télévision, décidés à pratiquer une politique de la chaise vide. "Ce n'est pas parce que nous ne sommes pas en séance que nous nous mettons en vacances. Nous travaillons sur le projet de loi logement", qui sera débattu la semaine prochaine en séance publique, a déclaré Jean-Marc Ayrault, le chef de file du groupe socialiste. Il faut que "les négociations s'engagent sur la base des propositions" faites la veille au soir et refusées par la majorité, a-t-il ajouté. En d'autres termes, "que chaque président de groupe puisse lever la contrainte du 'temps global' à quatre reprises chaque année", soit "exercer un droit d'alerte sur quatre textes maximum".


"SORTIE DE CRISE"

Dans l'après-midi, la polémique s'est propagée à l'UMP. Bernard Accoyer a tenté de calmer les esprits en promettant des concessions à l'opposition sur la programmation des débats. Dans le cadre de la modification du règlement de l'Assemblée, qui suivra le texte actuellement en discussion, il a proposé "qu'un président de groupe puisse demander un temps" de débat "pouvant dépasser des dizaines d'heures".



Mais le chef de file des députés UMP, Jean-François  Copé, a opposé une fin de non recevoir à cette proposition. "Je crains qu'à force de rentrer dans la surenchère de la gauche, nous en arrivions à un dispositif qui n'est plus applicable en pratique, a-t-il dit. La bonne formule, c'est que la conférence des présidents soit le lieu où on détermine ensemble la durée des débats."



"J'assume mes responsabilités de président de l'Assemblée, a répondu immédiatement M. Accoyer. Ce n'est pas tel ou tel président de groupe qui dicte au président de l'Assemblée ce qu'il doit faire". "Les députés du groupe UMP ont trouvé que cette proposition avait une grande logique, une grande souplesse et qu'elle répond aux attentes de l'opposition", a-t-il ajouté.



Sa proposition offre, selon lui, "une possibilité de sortie par le haut" de la crise qui s'est ouverte à l'Assemblée sur la question d'une limitation des débats et du droit d'amendement des parlementaires, que prévoit le projet de loi de réforme. "J'ai eu Jean-Marc Ayrault au téléphone, il souhaite avoir, par écrit, les propositions que je lui ai déjà faites dans la journée. Je vais les rédiger. Je pense que nous pourrons avancer."

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