Aubry aux députés PS: ensemble contre Sarkozy

Publié le par Cohérence et Espoir 94

Aubry aux députés PS: ensemble contre Sarkozy

La première secrétaire du PS veut renforcer les liens entre le parti et les élus, et appelle les députés à parler «d’une même voix». Reste l'épineuse question de la place qu’auront les partisans de Royal dans la nouvelle direction.


FRANÇOIS VIGNAL

Martine Aubry hier à Madrid, lors d’un «conseil» du Parti socialiste européen (PSE), qui réunit socialistes et sociaux-démocrates de l’Union européenne.

Martine Aubry hier à Madrid, lors d’un «conseil» du Parti socialiste européen (PSE), qui réunit socialistes et sociaux-démocrates de l’Union européenne. (REUTERS)



Ensemble et d’une seule voix. C’est le message que Martine Aubry, nouvelle première secrétaire du PS, a voulu donner aux députés de son parti, lors de leur réunion de groupe à l’Assemblée nationale. A l’avenir, la maire de Lille entend bien donner plus de place aux élus du parti. «Vous devez vous aussi être acteur de notre projet», a-t-elle lancé devant les députés. «On verra beaucoup plus de parlementaires rue de Solférino», confirme un très proche de Martine Aubry.



Symbole de ce changement pour la première secrétaire, qui n'est pas députée: les deux présidents de groupe à l’Assemblée et au Sénat seront maintenant présents au secrétariat national, le gouvernement du parti. Elle-même assistera «à chaque fois» à la réunion de groupe, «si Jean-Marc» Ayrault, patron des députés PS, «le souhaite».

«Définir une position commune et la défendre tous ensemble»



Meilleure coopération entre Solférino et les parlementaires, mais aussi meilleure cohésion. «Il faut que nous arrivions à être un, à parler d’une même voix», demande Martine Aubry, qui souhaite que le PS redevienne «la maison commune». Avant de donner l’exemple à ne pas suivre: au moment de la crise financière, «le groupe est arrivé un matin sans position commune du PS, et ce n’est pas bien», a-t-elle sermonné devant Jean-Marc Ayrault, qui n’a pas bronché. «Anticiper, travailler avant, définir une position commune et la défendre tous ensemble», voilà ce que veut Aubry.



Pour le «tous ensemble», Martine Aubry a fait preuve de sa bonne fois en offrant à Gaetan Gorce, partisan de Ségolène Royal, deux livres de littérature japonaise pour ses 50 ans. «C’est assez violent, comme le monde d’aujourd’hui, mais aussi très poétique», glisse Aubry, qui veut y voir «un signe pour dire "retrouvons la confiance", "on est un seul parti"».



Européennes «pas facile»

La première secrétaire a déjà le regard tourné vers les élections européennes de juin prochain, «une élection qui ne va pas être facile», reconnaît-t-elle, tout en voulant voir «un symbole» dans l’élection dimanche du socialiste François Deluga lors d'une législative partielle en Gironde. Face à un Nicolas Sarkozy qui «détricote les avancées sociales et les acquis», et «même les fondements de la République», quand les aides apportées aux collectivités locales sont «fonction de la couleur politique», Martine Aubry croit que le PS aura sa carte à jouer.



Mais une perspective plus proche que les européennes occupe l’équipe de Martine Aubry: le conseil national de samedi prochain. C’est là que sera entérinée la nouvelle direction. Et la place qu’occuperont les royalistes. Les débats se concentrent autour du texte d’orientation politique. La base de travail est le texte sur lequel s’étaient mis d’accord lors du congrès de Reims les partisans d’Aubry, Delanoë et Hamon… sans ceux de Royal. Il doit être terminé «aujourd’hui», selon la première secrétaire, pour être transmis aux royalistes. «Ce texte sera plus ou moins inclusif ou exclusif», glisse un membre de la jeune garde de Martine Aubry, qui rappelle qu’«il y a une majorité politique qui fait 70% du Conseil national»…



Accord encore possible avec Royal ?

La question de l’alliance politique – Ségolène Royal ne veut pas fermer la porte au Modem par principe, les autres veulent un parti ancré à gauche – pose toujours problème, mais aussi celle de l’assouplissement de la carte scolaire, ou celle des retraites, «où les partisans de Royal sont plus proches d’un système par capitalisation que par répartition», accuse le partisan d’Aubry. «Dans tous les cas, Martine fera l'effort de proposer quelque chose, même si les royalistes se retrouvent dans la minorité en refusant le texte proposé. Un poste de premier secrétaire au  renouvellement par exemple», thème cher à Ségolène Royal.



Une chose est sûre : il y a aura des déçus. Martine Aubry entend former un secrétariat national resserré, avec «un dispositif plus offensif et cohérent», selon les mots d’un autre de ses proches. Aujourd’hui à 42 membres, la coupe sera «assez forte», pour un secrétariat peut-être réduit à une vingtaine de personnes. «Comme il n’y aura pas de direction pléthorique, on sera obligé d’écarter des compétences», prévient ce proche. De quoi susciter rancunes et frustrations entre «camarades».

Publié dans Parti Socialiste

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