Jack Lang invente la deuxième voix

Publié le par Cohérence et Espoir 94

Le projet de réforme des institutions a été adopté par la Congrès à seulement deux voix près. Dont celle de Jack Lang, seul socialiste à avoir voté pour, et devenu l'homme à abattre du PS.

«Comment vous vous sentiriez si la réforme passait à une voix près, et si c'était la vôtre?» demandait-on à Jack Lang sur France Inter ce matin. L'intéressé s'est empressé de répondre à côté, pensant certainement que cette question ne lui serait, de toute façon, plus jamais posée… Raté ! En étant le seul socialiste à voter oui au projet de réforme des institutions, Jack Lang croyait sans doute donner un menu coup de main à Nicolas Sarkozy. En fait, il lui a fait un gros cadeau : le projet n'a été adopté par le Congrès qu'à 539 voix alors qu'il en fallait 538 pour atteindre la majorité des deux tiers. Deux petites voix ont fait la différence. Dont celle de Jack Lang.
Autant dire que le Parti socialiste, qui déjà cet après-midi songeait à l'exclure, va faire du député du Pas-de-Calais de la chair à pâté. Arnaud Montebourg a ouvert les hostilités en déclarant, dès le résultat connu : «La réforme est passée par 539 voix dont une était en excès. Il se reconnaîtra». Depuis, c'est un déferlement. Jean-Marc Ayrault : «Il a franchi le Rubicon. Quand quelqu'un se met en dehors de sa famille politique, il poursuit sa route, seul». Delphine Batho : «J'espère qu'il y aura des sanctions, il faut qu'il soit sanctionné». Bariza Khiari, sénatrice PS : «J'espère au moins pour lui qu'il sera bien récompensé...». Julien Dray : «Les électeurs de gauche qui ont fait confiance à Jack Lang ne sont pas fiers...» Bref, Jack Lang n'a plus qu'à compter ses abattis rue de Solférino. D'autant qu'il vient de rendre à Nicolas Sarkozy un service encore plus inestimable que le don de sa petite voix : alors que tous les médias devraient gloser sur la défaite de la majorité que représente le résultat de ce scrutin, tout le monde ne parle que de Jack Lang, et de la guéguerre socialiste. Une fois de plus !

Source : Marianne 2


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