Politique Sociale

Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /2009 02:29




Depuis plusieurs semaines, les conflits se radicalisent dans les entreprises qui suppriment des emplois ou ferment des sites en France. Des cadres dirigeants ont été séquestrés chez l'équipementier automobile Molex ou chez Caterpillar, le fabricant d'engins de chantier, tandis que des salariés de l'usine Continental de Clairoix ont saccagé une partie des locaux de la sous-préfecture de Compiègne (Oise).


La direction de l'équipementier automobile américain Molex, dont deux dirigeants ont été séquestrés pendant vingt-six heures par des salariés de l'usine de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), "demande au gouvernement de favoriser la médiation" afin que la priorité soit donnée à "la recherche de solutions et non à l'escalade systématique de la violence".

 

Dans un entretien publié jeudi 23 avril dans Le Parisien, Marcus Kerriou, cogérant de Molex, envisage pour sa part

de déposer plainte : "Tout cela est piloté de l'extérieur ! Il y a un décalage entre le professionnalisme avec lequel est gérée la communication, et le niveau intellectuel de certains salariés. (...) Derrière tout ça, il y a les centrales syndicales, à commencer par la CGT, et des éléments radicaux déconnectés de la réalité économique."


Le ministère public a demandé au tribunal de Sarreguemines (Moselle) de "suspendre" la procédure de fermeture de l'usine Continental de Clairoix (Oise) alors que se tenait à Nice un comité central d'entreprise (CCE) sans représentants du personnel.

Claude-Emmanuel Triomphe codirige l'association Astrees, qui fait des recherches sur les transformations de l'emploi et du travail en Europe. Il donne des pistes d'explication à cette radicalisation.

 

Ces formes de contestation sont-elles nouvelles ?

 

Non. A l'époque où j'étais inspecteur du travail (dans les années 1980 et 1990), il arrivait que des patrons soient retenus par leurs salariés dans les locaux de l'entreprise. Mais ces opérations ne faisaient pas la "une" des journaux. Aujourd'hui, elles sont nettement plus médiatisées et atteignent une dimension rarement vue.

 

Le phénomène semble avoir épargné les autres pays européens. Y a-t-il une exception française en la matière ?

 

Les conflits sont incontestablement plus fréquents et sans doute plus violents en France. Dans le même temps, l'implantation syndicale dans le secteur privé est l'une des plus faibles des pays industrialisés, ce qui joue aussi dans les explosions de colère auxquelles nous venons d'assister : la violence est, d'une certaine manière, "l'arme des faibles". Cette radicalisation des positions témoigne d'une certaine incapacité à gérer les restructurations d'entreprises. Les compromis ne sont souvent trouvés qu'après une épreuve de force.

 

Le pluralisme syndical contribue aussi à ce phénomène, car les organisations de salariés n'ont, bien souvent, pas de stratégie unitaire. Elles ne parviennent pas à énoncer ensemble des propositions fortes susceptibles d'emporter la conviction des personnels. Se trouvant en situation de concurrence, elles peuvent être tentées de faire de la surenchère pour accroître leur audience.

 

Pourquoi existe-t-il en France cette difficulté à négocier ?

 

Jusqu'au début des années 1970, les partenaires sociaux arrivaient à s'entendre au niveau interprofessionnel pour trouver des solutions qui amortissent le choc des restructurations. Mais depuis "l'accord sur la sécurité de l'emploi", signé en 1971, et malgré des accords plus récents, aucun dispositif de cette ampleur n'a été mis au point. Or les problématiques ont considérablement évolué avec la mondialisation.

 

Pourquoi n'a-t-on pas su les accompagner ?

 

En France, la défiance vis-à-vis des dirigeants d'entreprise est bien plus forte que dans les autres Etats européens. Plusieurs enquêtes d'opinion mettent en exergue ce problème de légitimité managériale dans notre pays. Il tient en partie au fait que nos élites n'ont pas su développer une pédagogie du changement. Les Scandinaves, eux, l'ont fait en garantissant aux salariés une sécurité des revenus et des transitions professionnelles, qui compense l'insécurité de l'emploi. En France, les gens sont prêts à des sacrifices, mais les termes d'un "deal" éventuel n'ont jamais été posés sur la table.

 

Par quel mécanisme le défaut de pédagogie et de négociation aboutit-il à la violence ?

 

Les salariés touchés par des restructurations éprouvent un fort sentiment d'injustice, car le processus de sélection des personnes qui perdent leur poste est jugé inéquitable. Ceux qui partent en premier sont les intérimaires et les titulaires d'un CDD, c'est-à-dire des catégories où les jeunes et les ouvriers sont surreprésentés.

 

En outre, les salariés ont souvent l'impression de ne pas être pris pour des adultes quand la direction leur annonce un plan social. Ils pensent qu'elle leur cache quelque chose. C'est dû en grande partie au fait que les comités d'entreprise ont peu de pouvoirs. Ils sont là pour être informés et consultés, mais leur avis n'a aucune influence, contrairement à ce qui passe dans certains pays européens.

 

Il n'y a pas de violence dans ces pays ?

 

En Allemagne, aux Pays-Bas, en Scandinavie, les restructurations sont gérées plus pacifiquement que chez nous. Mais ces Etats sont en butte à des problèmes importants, notamment en matière d'emploi des jeunes et des minorités ethniques. Il faut rester prudent, car les situations nationales peuvent évoluer dans des directions qui n'étaient pas attendues au départ. La colère sociale monte dans de très nombreux pays européens.


Propos recueillis par Bertrand Bissuel
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Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /2009 09:14

Le maire de Paris estime que Nicolas Sarkozy a "privilégié le registre de la polémique" en évoquant l'application dans la capitale de la loi sur le service minimum d'accueil dans les écoles.


Face à la crise, Bertrand Delanoë estime que Nicolas Sarkozy n'a proposé que des réponses "dispersées, aléatoires, inefficaces" (Sipa)


Bertrand Delanoë, maire PS de Paris, s'est étonné, jeudi soir 5 février, que Nicolas Sarkozy ait "privilégié le registre de la polémique" en évoquant l'application dans la capitale de la loi sur le service minimum d'accueil (SMA) et l'a accusé de prendre une "posture démagogique".


 Dans son intervention radio-télévisée, Nicolas Sarkozy s'est déclaré "très choqué de voir le maire de Paris refuser d'appliquer la loi" sur le SMA des enfants à l'école les jours de grève "pour des raisons idéologiques".


 Dans un communiqué, Bertrand Delanoë écrit : "je m'étonne que le Président de la République ait privilégié le registre de la polémique en évoquant le dossier du SMA".


"Une méconnaissance préoccupante"

 Le maire de Paris rappelle que "Paris a appliqué le SMA lors de deux mouvements sociaux successifs" et juge "que l'application de ce texte mal conçu pouvait mettre en péril la sécurité des enfants".


 Pour lui, "laisser entendre qu'une grande ville pourrait plus facilement mettre en oeuvre le SMA traduit, soit une posture démagogique, soit une méconnaissance préoccupante du dossier".


 Ainsi à Paris, fait-il valoir, "lors du dernier mouvement social il aurait fallu pouvoir mobiliser 5.000 personnels encadrant en 48 heures pour accueillir les 75.000 enfants potentiellement concernés".


"Des réponses aléatoires, inefficaces"

 Bertrand Delanoë observe que le tribunal administratif "n'a pas contesté cette difficulté objective à laquelle le Président de la République n'apporte pas la moindre réponse opérationnelle".


 Il regrette par ailleurs "qu'à l'occasion d'une émission consacrée à la dégradation de la situation sociale en France, le chef de l'Etat ait proposé des réponses à ce point dispersées, aléatoires, inefficaces, qui traduisent à la fois l'incompréhension des attentes des français et l'absence de vision globale".
Par Cohérence et Espoir 94 - Publié dans : Politique Sociale
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Mardi 27 janvier 2009 2 27 /01 /2009 07:46

Le PS appelle à une mobilisation «sociale et politique» jeudi

Les revendications de la journée d’action du 29 janvier associent «le pouvoir d'achat, les conditions de vie et de travail» et le sentiment que «les libertés se restreignent», selon Benoît Hamon, porte-parole du PS.


Benoit Hamon, porte-parole du PS.

Benoit Hamon, porte-parole du PS. (Charles Platiau / Reuters)

 

La mobilisation de tous les syndicats jeudi sera "à la fois sociale et politique", a estimé hier soir le porte-parole du PS Benoît Hamon en appelant les Français à manifester, lors de la grande journée d’action du 29 janvier.



"Il y a une mobilisation à la fois sociale et politique" associant des revendications pour "le pouvoir d'achat, les conditions de vie et de travail", et le sentiment que "les libertés se restreignent", a dit l'eurodéputé sur BFM-TV.



"Le Parti socialiste s'associe à ces manifestations et appelle les Français à être dans la rue le 29 (janvier) pour dire au gouvernement «Attention, ça ne va pas»", a-t-il ajouté, en expliquant que la fonction d'un parti était "de proposer un projet politique, mais aussi d'être l'interprète de la protestation de la société".



L'eurodéputé Harlem Désir, chargé de la coordination au PS, pense lui que la mobilisation de tous les syndicats jeudi sanctionnera un pouvoir qui "a perdu toute boussole".



Le président Nicolas Sarkozy "sera censuré par le mouvement de l'opinion publique (jeudi) 29 janvier et par l'opposition au Parlement" mardi, a-t-il déclaré hier lors du rendez-vous politique de France Inter-Le Monde-iTélé.



Les socialistes, a-t-il ajouté, se joindront aux manifestations pour dire "qu'il n'est pas possible que le pouvoir continue aveuglément sa politique. C'est un pouvoir qui a perdu toute boussole."



"Ce qu'on attend du président de la République", a encore dit Harlem Désir, "c'est qu'il soit attentif aux messages qui sont émis par les Français et qu'il soit à l'écoute de ceux qui vont s'exprimer le 29 janvier".

(Source AFP)

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Dimanche 18 janvier 2009 7 18 /01 /2009 21:19


Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans plusieurs villes françaises à l'appel d'un collectif regroupant syndicats d'enseignants, parents d'élèves de la FCPE, organisations lycéennes, étudiants de l'Unef et mouvements pédagogiques.


Le défilé à Paris, ce samedi.

Le défilé à Paris, ce samedi. (REUTERS)



De 4.500 à 8.000 personnes, selon la police ou les organisateurs, ont manifesté samedi à Paris pour réclamer un "investissement dans l'éducation" et dénoncer les suppressions de postes d'enseignants.



"L'école n'est pas une charge à réduire, c'est un investissement pour l'avenir", pouvait-on lire sur une large banderole de la fédération de parents d'élèves FCPE d'Ile-de-France, alors que les parents étaient nombreux dans le cortège qui a défilé de République à Richelieu-Drouot.



"En temps de crise, ce serait plus logique de surinvestir dans l'éducation que de désinvestir", a déclaré à l'AFP le président de la FCPE, Jean-Jacques Hazan.



"C'est ce que font les principaux pays de l'OCDE, en particulier les pays du nord de l'Europe, et c'est ce que (le président élu américain) Barack Obama a proposé", a-t-il fait valoir.



"Le principal motif de mobilisation est la question des suppresions de postes (13.500 prévues en 2009). Même si le gouvernement a un peu bougé, nous voulons un moratoire", a souligné le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri.



"C'est un journée intermédiaire avant celle du 29 janvier", qui sera une journée d'actions interprofessionnelle, "mais cela montre que la mobilisation est toujours là", a-t-il ajouté.



Des manifestations étaient prévues samedi un peu partout en France à l'appel d'un collectif regroupant syndicats d'enseignants, parents d'élèves de la FCPE, organisations lycéennes, étudiants de l'Unef et mouvements pédagogiques.


(Source AFP)

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Samedi 10 janvier 2009 6 10 /01 /2009 21:55
Gauche et syndicats ensemble contre la «privatisation» de La Poste
PS, PCF, LCR, Verts, MRC, Parti de gauche, mais aussi la CGT, FO et Sud-PTT appellent à signer «l'appel national contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal».

 

 (REUTERS)
          
          
          
          
          

 

La gauche syndicale et politique s'est retrouvée ce samedi midi devant le bureau de Poste du Louvre à Paris, le plus grand de France, pour s'opposer à ce qu'elle appelle "la privatisation" de l'entreprise publique dont le gouvernement veut changer le statut.



Des syndicalistes (CGT, FO, Sud-PTT) et des têtes d'affiche des partis de gauche comme Benoît Hamon, porte-parole du PS, Olivier Besancenot, son homologue de la LCR, Pierre Laurent, membre de la direction du PCF, Jean-Luc Mélenchon, fondateur du Parti de Gauche, Georges Sarre, secrétaire national du Mouvement républicain et citoyen (MRC, chevènementiste) avaient répondu à l'appel du Comité national contre la privatisation de La Poste, ainsi que le maire du IIe arrondissement, Jacques Boutault (Verts) et Clémentine Autain.



Ce comité, et tous ses relais locaux, avaient convié la population à venir signer ce samedi devant les bureaux de Poste "l'appel national contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal".



Devant une quarantaine de personnes, Régis Blanchot, au nom de Sud-PTT, a appelé à "lutter par tous les moyens pour obtenir l'abandon du projet".



"Ca fait plaisir de voir la gauche réunie", a ajouté le secrétaire général de FO Communication, Jacques Lemercier.



Benoît Hamon a relevé "l'immense paradoxe consistant à ce que, quasiment dans le même souffle, le président de la République en appelle au retour de la puissance publique et simultanément, prépare le passage de La Poste en société anonyme".



Olivier Besancenot en a appelé à la mobilisation, outre du personnel de La Poste, "des usagers, des élus qui sont attachés aux services publics des petites communes".



Pour Pierre Laurent, "la signification de la présence de toutes les forces de gauche, c'est le signal d'une relance d'une bataille pour obtenir l'abandon définitif de ce projet".



A Lille, la première secrétaire du PS et maire de la ville, Martine Aubry, a participé dans la matinée à un rassemblement avec les organisations syndicales (Sud, CFTC, FO et CGT) sur le même thème, devant le bureau de poste du quartier de Wazemmes à Lille.



Elle était accompagnée d'une petite centaine de manifestants, dont plusieurs élus socialistes et le secrétaire national du PS aux services publics, Razzy Hammadi. Celui-ci avait recensé, à la mi-journée, "plus de 180 points de manifestation avec des élus et militants".
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- Marc Scotto d'Abusco, Secrétaire de section de Choisy-le-Roi, 4° Maire Adjoint
- Philippe-Xavier Bonnefoy, Président du Bureau National des Adhésions, Villejuif
- Arieh Adida, Secrétaire de la section de Saint-Maurice
- Michel Tabanou, Secrétaire de section de Fontenay-sous-Bois, 2° Maire Adjoint
- Patricia Gambiasio, 7° Adjointe au Maire d'Ivry-sur-Seine
- Elodie Massé, 10° Adjointe au Maire de Choisy-le-Roi
- Louis-Mohamed Seye, 11° Adjoint au Maire de Fontenay-sous-Bois, Délégué National à la Francophonie
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