Elections partielles de 2009

Publié le par Cohérence et Espoir 94

Chers amis,

Je vous envoie le message avant de le mettre sur Politiquemania.

Merci tout d'abord à Bertrand Salvat grâce auquel j'ai pu mettre à jour les résultats des municipales partielles en intégrant celles de 2008. Et bien sûr au site de politiquemania: http.www.politiquemania.com!

Permettez-moi de vous souhaiter un peu à l'avance de bonnes fêtes de fin d'année et une excellente année 2010!

Pour rendre plus lisible ce message, je fais trois parties:
- Commentaires généraux
- Les élections du mois
- Commentaires détaillés

1°) Commentaires généraux sur les élections partielles de 2009

Les trois types d'élections donnent une tendance semblable:
Avancée de la gauche (légère sur les municipales en voix et en municipalités, légère en pourcentage et relativement importante en sièges sur les cantonales et stabilité sur les deux législatives en sièges avec une avancée importante en voix. La droite gouvernementale recule sur les trois types d'élections avec des pertes importantes en sièges aux cantonales, des pertes relatives en municipalités et en voix aux municipales, enfin une perte importante en voix sur les deux législatives, mais sans perte de siège.

La participation est relativement bonne aux municipales, vraiment faible aux cantonales, surtout en région urbaine et
très faible sur les deux législatives partielles, un peu moins faible au 2ème tour.

Le pari de Nicolas Sarkozy de "nationaliser" la campagne des régionales semble risqué dans la mesure où la droite
résiste mieux quand elle est locale et relativement déconnectéede la situation nationale.

Jusqu'aux régionales de 2010, il n'y aura sans doute pas de cantonales partielles qui seront regroupées avec le vote de ces régionales.

2°) Election du mois de décembre 2009
Il n'y a eu en décembre 2009 qu'une seule élection partielle: l'élection cantonale de Bernay (27). La commune de Bernay avait connu au mois de septembre 2009 une élection municipale qui s'était conclue par la victoire de peu de la municipalité Nouveau Centre. La situation s'est reproduit sur le canton de Bernay qui intègre en plus une dimension rurale.
La participation qui était de 67,82% au 1er tour et de 69,61% au 2ème tour des élections générale de 2004 s'affaisse à 32,09% et 34,16%.
La tendance générale à une augmentation de la gauche et une baisse de la droite est confirmée dans ce canton ancré au centre-droit En 2004, la droite obtenait au 1er tour 60,87% (49,95% au centre-droit et 10,92% pour le FN) et 57,91% au second tour. A l'inverse, la gauche réalisait au 1er tour 39,13% (PS 30,00, PCF 4,23 EG 4,89%) et 42,09% au 2ème tour.
Cette fois-ci, la droite baisse à 53,98% (NC 50,94% et MoDem 3,04%) au 1er tour et 53,02% au second tour, tandis que la gauche au contraire monte à 46,02% au 1er tour (PS 33,85% FG 12,17%) et 46,98% au second tour.
L'augmentation de la gauche est significativement plus forte que la moyenne des élections cantonales de 2009 (+6,89% au lieu de 1,79%), ce qui marque bien cette accélération de la baisse à droite en fin d'année.
Enfin, la règle assez générale d'un rassemblement à gauche plus fort que celui de la droite au second tour est confirmé, ce qui donne tout son sens à la volonté de Nicolas Sarkozy d'établir au scrutin majoritaire à un tour aux élections "territoriales"

3°) Elections cantonales partielles en 2009

Sur les élections cantonales partielles (46), la droite détenait 23 cantons (UMP 17, DD 4, NC 1, MoDem 1), la gauche
20 (PS 12, PC 4, DG 3 EG 1), les sans-étiquette 3.
A l'issue de ces partielles, la droite ne conserve que 18 cantons (UMP 9, DD 7, 1 NC, 1 MoDem), la gauche en détient désormais 26 (PS 18, DG 4, PC 3, EG 1) et les sans-étiquette 2).

Remarquons que la second tour tend à devenir la règle dans ces élections cantonales. En effet, alors que dans les précédentes élections cantonales générales, 18 avaient été pourvus au 1er tour et 28 au 2ème, cette fois-ci ce sont seulement 7 cantons qui ont été attribués au 1er tour et 39 au second. Quand on sait que la gauche gagne ses cantons au second tour, cette tendance est assez significative.

La réalité est évidemment plus complexe qu'une simple balance des sièges:
A droite, l'UMP conserve 7 sièges, en gagne 2 et en perd 9, les Divers-droite conservent 3 sièges, en gagnent 4 et en perdent 1. Quant aux conseillers généraux centristes, le Nouveau Centre a conservé son siège et le MoDem gagne et perd un siège.
A gauche, le PS conserve 9 sièges, gagne 9 sièges et perd 3 sièges, le PC conserve 3 sièges et en perd un, les Divers-gauche conservent 2 sièges, en gagnent 2 sièges et en perd un. Enfin l'extrême-gauche conserve son siège.
Les sans-étiquette conservent 1 siège, en gagnent un et en perdent 2 sièges.

Sur les 46 sièges, 27 retrouvent la même étiquette politique, 9 correspondent à des simples changements d'étiquette, mais 10 à de vrais changements de majorité: 5 de l'UMP au PS, 1 de l'UMP à un sans-étiquette, 1 de l'UDF au PS, 1 DD au PS, 1 du PCF à l'UMP, 1 du PS à l'UMP. Donc 7 de droite à gauche, 2 de droite à gauche, 1 de la droite à 1 sans-étiquette.Remarquons tout de même qu'il existe une certaine porosité politique au centre gauche comme au centre droit.

Au plan des voix, la participation aux cantonales partielles est faible avec 35,16% en moyenne au 1er tour (sur les 46 cantons concernés) et 35,76% au second tour dans les 39 cantons concernés au lieu de 64,33% à l'élection générale précédente.
La droite obtient en 2009 50,75% au 1er tour contre 54,90% en 2004 et 2008, élections générales précédentes. La gauche reçoit 45,78% en 2009 contre 43,99% en 2004/2008. Enfin, les divers sont à 3,48% en 2009 contre 1,12% en 2004/2008.

En 2004/2008, à droite, l'UMP recueillait 29,03%, les Divers-droite 12,01%, le FN 8,21%, l'UDF 5,07%.
A gauche, le PS atteignait 22,31%, le PC 8,10%, les Divers-Gauche 7,49%, l'extrême gauche 3,00% et les Verts 2,97%

En 2009, à droite l'UMP est à 27,62%, les Divers-droite 17,48% le MoDem 2,22%, le FN 1,94%, le NC 1,00%
à gauche, le PS atteint 24,68%, le PC/FG 8,36%, les DG 6,30%, les Verts 3,95% et l'extrême gauche 2,12%

A droite, seuls les divers-droite augmentent leurs pourcentage, l'UMP recule quelque peu malgré le phénomène de "siphonage" de l'électorat FN. Les centristes (MoDem + NC) n'obtiennent pas le pourcentage de l'UDF.

A gauche, le PS augmente de 2,67%, le PCF/FG de 0,25% et les Verts 0,98%, tandis que les DG et l'extrême-gauche regressent légèrement de respectivement 1,19% et 0,88%.

Les Divers augmentent de 2,36%.

Concernant les 28 2èmes tours commns aux élections générales et partielles, les chiffres sont les suivants:

En 2004/2008, au 2ème tour, la droite obtenait 53,81% (dont 40,06% pour l'UMP, 7,79% pour le MoDem, 3,92% pour les Divers-Droite et 3,69% pour le FN) et la gauche 46,19% (dont 38,03% pour le PS, 5,34% pour les Divers-Gauche, 3,40% pour l'extrême-gauche, 3,03% pour le PCF).

En 2009, au 2ème tour, la droite recueille 50,79% (dont l'UMP 33,01%, 11,19% pour les Divers-droite, 3,08% pour le MoDem, 3,41% pour le NC), la gauche atteint 47,96% (dont 37,22% pour le PS, 5,64% pour les DG, 2,72% pour l'extrême-gauche, 2,37% pour le PCF). Enfin, les sans-étiquette obtiennent 1,25%.

A ces résultats, nous pouvons comprendre mieux la volonté de Nicolas Sarkozy d'introduire un scrutin majoritaire à un tour.


4°) Elections municipales partielles de 2009
Merci de nouveau à Bertrand Salvat pour les données des municipales de 2009

Il y a eu en 2009 39 municipales partielles:

Suite aux élections de 2008, la droite détenait 20 de ces municipalités (15 UMP, 4 DD, 1 NC), la gauche 17 (6 DG, 6 PS, 5 PC) et deux étaient sans-étiquette.
A l'issue des municipales partielles de 2009, la droite n'en a plus que 19 (15 UMP, 3 DD, 1NC), la gauche passe à 19 (8 PS, 8 DG, 3 PC) et il n'y a plus qu'une municipalité sans-étiquette.

A l'inverse des cantonales partielles, il y a eu beaucoup moins de 2èmes tours en 2009 (18 au lieu de 27) ce qui est normal du fait de la difficulté à constituer des listes dans les municipales partielles.

A droite, l'UMP conserve 12 municipalités, en perd 3 (au profit du PS) et en gagne 3 (dont 2 sur le PS), les DD (Divers droite) conservent 3 municipalités et en perdent 1 (au profit de l'UMP), le NC conserve sa municipalité.
A gauche, le PS conserve 2 municipalités, en perd 4 (dont deux au profit de l'UMP) et en gagne 6 (dont 3 au détriment de l'UMP, 2 sur les DG et une sur le PCF). Les Divers-Gauche (DG) conservent 5 municipalités, en perdent 1 (au profit du PS) et en gagne 3 (2 sur le PS et 1 sur le PC). Le PCF conserve 3 municipalités et en perd 2 (au profit du PS et d'un DG).
Enfin les sans-etiquette conservent 1 municipalité et en perdent 1 (au profit du PS).
Nous pouvons considérer qu'il y a eu en fait 6 vrais changements de majorité.

Au plan des voix, nous pouvons constater une baisse de la participation assez faible et normale du fait du manque de contexte général (de 62,89% en 2008 à 58,00% en 2009). Cette chute est beaucoup plus forte sur les communes les plus habitées, ce qui confirme la tradition.

Au 1er tour, la gauche passe de 47,06% en 2008 à 48,27% en 2009 (+1,21%), tandis que la droite baisse de 51,68% en 2008 à 48,69% en 2009 (- 2,99%), les sans-etiquette montant de 1,35% à 3,04%.
Ces différences peuvent sembler faibles, mais elles interviennent à peu de distance des élections précédentes et alors que la gauche partait d'une situation très forte en 2008.

Dans chacun des deux camps, la force dominante a tendance à s'affaiblir au profit des divers droite ou gauche.
Ainsi à droite, l'UMP représentait en 2008 34,60%, les DD 7,28%, le MoDem 6,15%, le FN 2,96% et le NC 0,69%
En 2009, l'UMP obtient 28,57% (-6,03%), les DD 14,90% (+7,62%) le MoDem 0,63% (-5,52%), le FN 3,04% (+0,06%) et le NC 1,55% (+0,86%).
La gauche connaît le même phénomène , moins accentué cependant,: en 2008, le PS obtenait 21,29%,le PC 13,07%, les DG 10,91%, l'extrême gauche 1,27% et les Verts 0,52%
En 2009, le PS recueille 19,56% (-1,73%), le PC 11,88% (- 1,19%), les DG 14,01% (+3,10%), l'extrême gauche 0,40% (-0,87%) et les verts 2,42% (+0,90%).
Enfin les "sans étiquettes récoltaient 0,37% en 3008 et 3,04% en 2009 (+2,67%).
`
Si nous regardons les résultats par nombre d'habitants, la baisse de la droite est à peu près uniforme (environ 2%), alors que la situation politique est très différente:
- dans les trois villes de 100.000 et plus (Aix en Provence, Perpignan et Saint-Paul de la Réunion, 2 UMP, 1 PCR) (soit en tout 225.310 habitants), la droite réalisait 55,46% en 2008, mais 53,04% en 2009, récupéré par la gauche.
- Dans les 5 villes entre 20.000 et 50.000 habitants (182.539 habitants), la gauche passe de 50,87% à 52,71% et la droite de 47,83% à 46,03% .
- Dans les 6 villes entre 10.000 et 20.000 habitants (76.872 habitants), la gauche recueille 55,64% en 2008 et 53,92% en 2009. Cette baisse est due à la commune de Rivière Salée où une liste "régionaliste" a emporté la municipalité face à la droite, ce qui entraîne une baisse extrêmement importante de la droite sur l'échantillon de 44,36% en 2008 à 34,76% en 2009.
- Enfin sur les 25 communes de moins de 10.000 habitants (113560 habitants), la droite menait avec 52,17% en 2008 et 50,19% en 2009, alors que la gauche était à 43,43% en 2008 et à 43,96% en 2009, les "divers" passant de 4,39% à 5,86%.
Rappelons que ne sont comptabilisées que les communes de plus de 3.500 habitants où est pratiqué un système mi-majoritaire, mi proportionnel.

Concernant les 13 communes où il y a eu deux tours aux deux élections en 2008 et 2009, qui correspond quand-même à une grande partie de l'échantillon total (578.279 habitants sur environ 770.000), nous pouvons faire les constations suivantes:

La participation aux élections de 2008 était de 68,57%, elle atteint en 2009 60,16% (-8,41%), ce qui correspond à une bonne participation sur des partielles.
La droite passe de 51,79% en 2008 à 47,98% en 2009, soit une baisse significative de 3,81%.
La gauche obtenait en 2008 48,21%, et en 2009 50,62%, soit une hausse de 2,41%
Les "divers" non-présents en 2008 atteignent 1,40%.

Là également la gauche est plus rassembleuse au second tour que la droite.

5°) Les élections législatives de 2009

Je reprendrai mon commentaire du mois dernier puisqu'il n'y en a pas eu d'autres.
Dans la 10ème circonscription législative des Yvelines l'élection législative visait à remplacer Christine Boutin. La circonscription était très à droite.
En 2007 , Christine Boutin obtenait au premier tour 49% et 58% au second tour.

Le 20 septembre 2009, au premier tour sur 101998 inscrits, seuls 23214 électeurs ont voté (22,8%) et 22744 se sont exprimés: 10565 (46,9%) se sont exprimés pour un candidat de gauche (PCF 4,7%, PS 12,4%, DG 9,6% et les Verts 20,2% (4583 voix). 11510 voix allant à droite avec 43,9% pour l'UMP et 7,1% pour le FN.
Au deuxième tour le 27 septembre 2009, le candidat UMP recueille 12804 voix (50,01%) et la candidate verte 12799 voix et 49,99%.

Sur la 12ème circoncription, l'élection intervenait pour remplacer Jacques Masdeu-Arus, député UMP déchu. Pour sauver ce siège de cette circonscription pourtant très à droite (66% au premier tout de 2007), l'UMP et Nicolas Sarkozy ont présenté David Douillet. celui-ci a bénéficié d'un appui médiatique total.

Le 11 octobre 2009, 21.616 électeurs se sont déplacé soit 30,13%
David Douillet a obtenu 44,19% (contre 41,91% pour le député sortant en 2007). Le reste de la droite obtenait des scores faibles et très en deçà de 2007, soit 7,75% (contre 12,63%) pour le Modem, 3,21% contre 3,81% pour le FN. Les candidats du MPF et de droite qui obtenaient 8;74% en 2007 ne se présentaient pas.
L'ensemble de la droite représentait au premier tour de 2009 59,40% contre 66,01% en 2007.

A gauche, le candidat socialiste réalisait 21,87% cette fois-ci contre 21,56% en 2007.
Le candidat des Verts, Alain Lipietz, 14,82% contre 3,45% en 2007 pour un autre candidat.
Le candidat du Front de gauche atteignait 4,87% contre 2,01% en 2007 pour le candidat communiste de l'époque.

La gauche disposait donc de 41,56% à l'issue du premier tour contre 27,02% en 2007.

Au second tour, la participation s'élève à 33,70%.

David Douillet obtient 52,10%, soit au dessous de l'exécrable score de 2007 de l'ancien député avec 52,32% et -7% sur le résultat de la droite du premier tour. Dans le même temps, le score du candidat de la gauche (PS) augmente de 41% à 47,90%

Au total et loin des concerts de louanges entendus sur les ondes, la droite qui cumulait sur les deux circonscriptions 56% en 2007, n'en a plus que 51,01% en 2009. La gauche inversement qui rassemblait 44% en 2007, atteint aujourd'hui 48,99%.

Mais incontestablement, il y a un progrès (léger) pour la gauche et notamment le PS, une baisse marquée de l'UMP et une stabilité des divers gauches et droites.

Publié dans Elections

Commenter cet article