Elections allemande, portugaise et grecque

Publié le par Cohérence et Espoir 94

Elections allemande, portugaise et grecque

Les Allemands étaient appelés à élire le Bundestag le dimanche 27 septembre 2009 pour un mandat de 4 ans.

Il est utile de rappeler le système de vote, vu les faussetés répandues dans les mass-médias français.
Contrairement à ce qui est raconté ici, le système un peu complexe aboutit à une quasi-proportionnelle.
Chaque électeur dispose de deux voix: l'une ("erststimme") sert à élire la moitié des députés au scrutin majoritaire uninominal dans le cadre de circonscription à un tour.
La deuxième voix ("Zweitstimme") sert à déterminer le nombre de députés que chaque liste aura au Bundestag. La circonscription est celle du Land. Pour être représenté au Bundestag, un parti doit obtenir au moins 5% au niveau fédéral ou bien obtenir 3 mandats au scrutin majoritaire.

Un exemple simple peut bien faire comprendre: imaginons un Land qui aurait 20 députés à élire au "Bundestag". Dans toutes les circonscriptions, une liste obtiendrait partout 50%, un parti B 40% et un parti C 10%.
Pour les dix circonscriptions pourvues au scrutin majoritaire, les dix circonscriptions reviennent au parti A.
A la proportionnelle, le parti A avec 50% doit obtenir 10 députés sur 20. Il les a déjà. Il n'en aura donc aucun à la proportionnelle. Le Parti avec 40% a droit à 8 sièges sur 20. Il n'en aucun au scrutin majoritaire, il en aura donc 8 à la proportionelle. le Parti C a droit à 2 sièges à la proportionnelle puisqu'il n'a aucun siège au scrutin majoritaire.

La seule entorse à la proportionnelle est qu'un parti qui a plus de députés élus au scrutin majoritaire que ce qu'il a droit à la proportionnelle conserve ses députés élus au scrutin majoritaire ("überhangsmandate") ce qui porte sur un petit nombre de cas.

Pour le prochain Bundestag, les derniers sondages donnaient pour la CDU/CSU (Union Chrétienne) 35 à 36%, le SPD (Sociaux démocrates), 25 à 27%, Le FDP (Libéraux) de 13 à 15%, "die Linke" 11 à 12% (la Gauche ex-communistes et socialistes), "die Grünen" (Les Verts) 10 à 11%.
En 2004, le SPD et la CDU/CSU avaient fait jeu égal à 35%, le FDP  était à 9,8%, les Verts à 8,1% et die Linke  avait 8,7%.

En même temps se déroulaient deux élections dans des Länder (Schleswig-Holstein et Brandenbourg) des élections pour leur parlement régional dont le rôle est bien plus important encore qu'en France et qui sont élus selon le même système qu'au niveau national..

Les résultats furent les suivants: CDU-CSU 33,8%, SPD 23%, FDP: 14,6%, Die Linke 11,9%, Verts 10,7%. La droite avec 48,4% a donc une majorité incontestable face à la gauche qui rassemble 45,6%, mais on voit bien qu'il s'agit d'une majorité assez faible.

C'est donc  ce qui vient de se passer. Angela Merkel vient de former son gouvernement avec les libéraux du FDP. Ils promettent à la fois de baisser les impôts et de conserver les acquis sociaux ce qui semblent totalement irréalisable.

Mais en tout cas, la nouvelle situation va permettre une évolution de la vie politique allemande. A gauche, le SPD et die Linke vont se retrouver dans la critique de la nouvelle coalition au pouvoir. Les verts vont devoir choisir eux aussi.

Face à la baisse dramatique de son influence  électorale, le SPD aura à choisir sa stratégie. La grande coalition CDU-CSU/SPD appuyée par plus de 70% des électeurs en 2005, s'est retrouvée à 56% en 2009. Les deux partenaires ont été sanctionnés par leurs électeurs.

Une alliance entre le SPD, die Linke et les Verts, naturelle en France, se heurte à des décennies de rupture provoquées par la division de l'Allemagne.

Une évolution importante du SPD est en train de se produire où la question de l'alliance avec die Linke n'est plus taboue. En Allemagne de l'Est, les deux partis sont largement majoritaires. Par contre, en Allemagne de l'ouest, une majorité ne peut se faire qu'avec les Verts. Une éventuelle nouvelle majorité à Gauche en 2013 ne pourrait avoir lieu que si les positions du SPD et de die Linke se rapprochent ce qui sera un travail très complexe qui exige beaucoup d'évolutions tant au SPD qu'à die Linke.

Jusqu'à présent, sur les 17 Länder allemands, seul Berlin connait une majorité entre le SPD et die Linke. Or, à l'occasion des  
 des élections au Brandebourg qui se sont déroulées le 30 Août dernier, et d'un résultat important tant pour le SPD que pour die Linke, une nouvelle majorité disposant de près de 60% se met en place et ce Land va connaître un gouvernement SPD-die Linke.

Par contre en Thuringe, à la suite des élections du Land du 27 septembre (en même temps que les élections au Bundestag, la grande coalition va perdurer du fait de la décision du SPD local, pourtant très affaibli, de se remettre dans cette voie.

En Sarre, Les Verts avaient le choix entre une coalition avec la Droite ou avec le SPD et die Linke. Ils ont choisi l'alliance à droite, ce qui jette une lumière crue sur la nature des Verts en Allemagne qui tranche avec les alliances françaises.  

Au Portugal, la majorité absolue était détenue par le PS avec 121 députés et 45% des voix.
La droite avec le PSD (75 députés et 28%) et le CDS/PP (12 députés 7,26%) était la principale force d'opposition.
Le PCP et les écologistes (14 députés et 7,56%) et le Bloc de Gauche (extrême-gauche 8 députés et 6,36%), 4 députés de l'étranger complétaient l'Assemblée de la République (monocamérale)

Au Portugal, le PS reste la première force politique avec 36.56% et 96 députés, le  PSD atteint 29,08% et 78 sièges, le CDS/PP 10.46 et 21 sièges, le  Bloc de gauche réalise  9,85% et 16 députés  et la CDU (Communistes et écologistes) 7,88% et 15 députés.

José Socratès reste premier ministre. le gouvernement socialiste minoritaire devra lier des alliances avec la gauche ou négocier des compromis  avec la droite ce qui semble difficile. Mais c'est aussi le cas avec la gauche tant communiste que gauchiste.

Enfin en Grèce, lors des élections du 4 octobre 2009, le PASOK revient au pouvoir en obtenant 43,92% des voix contre 38,10% en 2004. Il obtient 160 sièges (+58). La Nouvelle Démocratie du premier ministre Konstantin Karamanlis  obtient 33,41%  et 91 sièges (contre 41,84% et 152 sièges). Les communistes du KKE ont 7,54% et 21 sièges (-1). La gauche radicale obtient 4,60% et 13 sièges (-1). Le LAOS (extrême-droite) avec 5,63% et 15 sièges (+5).
Les verts échouent à entrer au parlement malgré une progression (2,53%).

Georges Papandréou, leader du PS a été désigné Premier Ministre 

A la suite de ces élections, il semble bien que la voie d'un affrontement démocratique entre le PS et la droite soit la meilleure voie pour relever les partis socialistes et sociaux démocratiques.

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