Elections partielles de mars 2009

Publié le par Cohérence et Espoir 94


Au mois de mars 2009, il y a eu 5 élections cantonales: celles de Saint Philippe (La Réunion) et de Pont-sur-Yonne (Yonne) les 1er et 8 mars, celle de Colombes Nord/Ouest (Hauts de Seine) les 8 et 15 Mars, enfin celles de Sainte-Suzanne (la Réunion) le 22 mars  et de Privas (Ardèche) les 22 et 29 mars.


En terme de sièges, la gauche en détenait 4 et la Droite 1. A l'issue de ces élections, la gauche acquiert tous les sièges. Comme aux élections générales précédentes, il y a eu 4 deuxièmes tours et une élection au premier tour, celle de Sainte-Suzanne (97.4) détenu par le Parti Communiste Réunionnais. 


Le siège perdu par la droite (Divers-droite) est celui de Saint-Philippe (97.4), où le PS gagne le siège alors qu'en 2004, il n'avait même pas figuré au second tour.
Le PS conserve ses deux sièges à Colombes Nord-Ouest et Privas. Il en "perd" un à Pont-sur-Yonne, où un Divers-Gauche succède au socialiste décédé (le PS ne présentait pas de candidat).


Depuis le début de l'année 2009, sur les 13 élections cantonales partielles, la gauche qui détenait 7 sièges, en possède 9 maintenant (PC 2, PS 4, Divers gauche 3), la droite en conserve 4 (3 UMP, 1 Divers Droite) et en perd 2 (1 UMP et 1 Divers Droite au profit de 2 PS).


Si nous regardons maintenant les chiffres en voix et en pourcentage, les constations vont dans le même sens.


A remarquer tout d'abord que la participation électorale dans les deux cantons de la Réunion est très nettement plus forte qu'en métropole dépassant les 50% à Sainte-Suzanne et atteignant 75% au deuxième tour à Saint-Philippe. Les conflits sociaux en outre-mer ont certainement joué leur rôle. Par contre, en métropole, la participation continue d'être très faible (21% à Colombes N-O, 30% à Pont-sur-Yonne, à peine 40% à Privas. Elle monte d'un seul point au deuxième tour. Le poids des deux cantons réunionnais s'en trouve donc renforcé.


La gauche déjà majoritaire à 56,52% lors des élections précédentes sur les cinq cantons se retrouve à  60,57%, soit 4,05% de plus, tandis que la droite chute de 39,62% à 36,32%, soit -3,60%, les divers et centre perdant  0,76% à 3,10%.


Dans le camp de la gauche, le parti communiste avait 24,39% aux élections précédentes, il en recueille 22,87% cette fois-ci. Ce poids est lié bien sûr au canton de Sainte-Suzanne, la baisse légère de son influence également, puisqu'il devait affronter deux candidats de gauche (PS et Divers-gauche) dans ce canton. Le résultat du PS doit être considéré avec le Divers gauche de Pont-sur-Yonne. Le PS et Divers gauche recueillaient 28,34% auparavant en récolte maintenant 32,77%. L'extrême-gauche perd 1,24% à 1,54%, les Verts présents pour la première fois dans deux cantons, arrivent à 3,39%.


La droite connait une profonde redistribution puisque le FN passe de 8,57% à 0,99%! L'UMP se retrouve à 24,73% (+ 4,24%) et les Divers Droite à 10,51% (+0,80%), ce qui confirme d'une part le phénomène de "siphonage" de l'électorat d'extrême-droite, mais aussi la résistance de la droite.



Quant aux 4 cantons soumis au second tour, celui-ci donne une même tendance renforcée, soit la gauche qui monte de 52,29% à 58,76% (+6,47%) et la droite qui chute lourdement de 47,71% à 41,24%.

La montée de la gauche se fait au profit de 3 PS et un Divers-gauche, face à deux UMP et deux Divers-Droite.
Cependant, il est à observer qu'entre les deux tours, la capacité de la gauche comme de la droite à mobiliser semble égale, voire un peu plus grande à droite, les deux camps gagnant quelques dizaines ou centaines de voix.


Si nous regardons les résultats depuis le début de l'année (13 élections), la gauche passe de 50,34% à 53,04%, la droite chute de 47,71% à 43,37%, ce qui correspond à la perte observée des deux sièges au détriment de la droite. Le PC monte de 2,68% à 17,20%, le PS/Divers Gauche gagne 1,88% à 31,41, les Verts restent à peu près au même résultat 3,57% (-0,11%) et l'extrême-gauche perd 1,55% à 0,86% (mais n'est présente que dans deux cantons seulement).


A droite, le même phénomène d'écroulement de l'extrême-droite se reproduit: de 7,64% à 1,64%. L'UMP et un Nouveau Centre passe de  27,76% à 28,83% et les Divers droite de 12,32% à 12,91%. Quant aux autres MoDem et Divers, ils passent de 1,91% à 3,59%.


Quant aux 9 (sur 13 élections) deuxièmes tours, la gauche passe de 50,08% à 54,99% (4,01%), la droite passant de 49,92% à 45,01%, ce qui est assez éloquent. On remarquera qu'aussi à gauche que surtout à droite, le poids pris par les divers-gauche et les divers droite.


Comme nous le disions le mois dernier, les mobilisations syndicales des 29 janvier et 19 mars 2009 ont manifestement joué un rôle comme les conflits dans l'outre-mer. Il sera bien sûr objecté que la faible participation entache l'analyse ce qui est certain, mais la tendance lourde de ces élections partielles est bien réelle et traduit un climat de défiance à l'égard du pouvoir.


Les élections partielles d'avril et de mai le confirmeront peut-être, ainsi bien sûr que les élections européennes.

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