Le PS dénonce les attaques aux libertés

Publié le par Cohérence et Espoir 94

PARIS (AFP) — Le Parti socialiste a lancé mercredi une campagne, appuyée sur "un livre noir", pour dénoncer "les atteintes aux libertés publiques" par Nicolas Sarkozy accusé d'écorner les "principes" mêmes de la République, déclenchant un tollé à droite.


Sous le titre "La France en liberté surveillée, la République en danger", l'ouvrage de 170 pages décline sous forme d'abécédaire en 89 mots-clés, les "atteintes aux libertés publiques" depuis l'élection de Nicolas Sarkozy.



"Pour limiter les libertés dans notre pays, les lois s'enchaînent", a dénoncé la première secrétaire Martine Aubry, en présentant l'ouvrage à la presse. "C'est une analyse malheureusement froide des faits".



"Refuser l'entreprise de déconstruction des libertés publiques actuellement à l'oeuvre est un devoir", écrit-elle en avant-propos du livre où elle "dénonce un pouvoir omniscient qui s'acharne à écorner les principes qui fondent le coeur de notre pacte républicain".



Anticipant la réaction de la droite, elle assure qu'elle ne veut "pas de polémique", mais entend "dire l'état des libertés dans notre pays". "Ce n'est pas un tract", ajoute-t-elle en réponse à l'accusation de Jean-François Copé, patron des députés UMP.



Nicolas Sarkozy serait-il "un dictateur, mettant en danger la République?", lui demande-t-on. Il ne faut "pas être caricatural", répond-elle. Nicolas Sarkozy ne veut certes "pas supprimer le suffrage universel", mais "ce sont les valeurs de la République qui sont en danger". "Où est la France des Droits de l'Homme?", s'insurge Mme Aubry.



"Nous ne sommes pas laxistes, nous sommes pour une société d'ordre, mais il n'y a pas d'ordre sans justice", ajoute la maire de Lille.



Pour le PS, la politique du gouvernement est un "triptyque ravageur" : "traitement répressif de la précarité", "étouffement généralisé des contre-pouvoirs", instauration d'une "société surveillée". "Restreindre les libertés, comme si c'était une solution à la crise", commente Mme Aubry.



Protester contre le "recensement exhaustif" de l'ouvrage, basé sur "des faits, des sources, des citations", sera "difficile", estime la secrétaire nationale PS aux Libertés publiques, Marie-Pierre de la Gontrie, coordinateur de l'ouvrage.



Débutant par les tests "ADN", terminant par les "zones d'attente", l'abécédaire égrène mesures antiterroristes, centres de rétention administrative, "chasse aux sans-papiers", "concentration de la presse et des médias", contrôles d'identité, dépénalisation de la diffamation, droit d'amendement, nomination des magistrats, peines planchers, "rafles", fichier Edvige, Taser...



Le PS entend poursuivre cette campagne avec un grand rassemblement au Zénith le 22 mars, sur le thème "le printemps des libertés".



L'initiative socialiste suscite l'ire de la droite qui crie "au mensonge". Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a dénoncé "les attaques graves et irresponsables" du PS, énumérant ce qui constitue, à ses yeux, des "avancées" en matière de libertés: "le renforcement du poids du parlement, le statut de l'opposition, la possibilité pour les citoyens de saisir le Conseil constitutionnel"...



Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, a accusé le PS de conduire une "opération d'agitation, de confusion et de manipulation". "C'est du mensonge organisé".



Pour le porte-parole du parti majoritaire, Frédéric Lefebvre, "c'est le degré zéro de la politique : malveillance, mensonge, procès d'intention".

Publié dans Droits de l'Homme

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