Guadeloupe: le collectif LKP rejette la proposition des élus

Publié le par Cohérence et Espoir 94

15/02/2009 à 10h34

Le «collectif contre l'exploitation» (LKP) refuse la proposition de sortie de crise des présidents de gauche de la région et du département. «Le mouvement ne s'essouffle pas, il s'amplifie», a assuré le leader du LKP après une manifestation.

 


Des élus des Antilles françaises, paralysées par des grèves, ont appelé samedi à "assouplir" ces mouvements en raison de leur impact sur l'économie et la vie quotidienne, tandis que des milliers de manifestants ont défilé en Guadeloupe pour maintenir la pression.



A Pointe-à-Pitre, où le "collectif contre l'exploitation" (LKP) a lancé le mouvement il y a près d'un mois, Victorin Lurel, président PS du conseil régional, et Jacques Gillot, président (app-PS) du conseil général, ont demandé un "assouplissement de la grève générale pour que le pays vive plus normalement". Ils ont également souhaité être reçus par le président Nicolas Sarkozy.



Alors que les établissements scolaires restent fermés et que les manifestants contraignent régulièrement les commerces à fermer, les deux élus ont proposé l'octroi pendant quelques mois d'une "prime salariale" de 100 euros mensuels aux salariés touchant moins de 1,4 fois le SMIC. Selon eux, une telle mesure pourrait permette de relancer les discussions entre grévistes et patronat.



Mais le leader du LKP Elie Domota a récusé cette proposition, appelant l'Etat et le patronat à "tenir leurs engagements" en paraphant l'accord signé la semaine dernière qui prévoit une augmentation de 200 euros pour les bas salaires via des exonérations de charges.



"Le mouvement ne s'essouffle pas, il s'amplifie", a-t-il prévenu, prenant pour preuve les milliers de guadeloupéens qui ont défilé au Moule samedi après-midi, une ville côtière où il y a 57 ans des ouvriers furent tués par les forces de l'ordre dans ce qui a été baptisé "le massacre de la Saint-Valentin".



Elie Domota a durci le ton en accusant l'Etat de vouloir "tuer les Guadeloupéens" en envoyant des renforts de gendarmes. Selon plusieurs sources, il y a eu une relève mais pas d'envoi de forces supplémentaires.



La députée PRG de Guyane Christiane Taubira, qui participait à la manifestation, a condamné la "consolidation des pouvoirs de castes" et notamment celle des békés, descendants d'anciens colons.



De longues files d'attente se sont formées samedi matin devant les stations-services réquisitionnées dans la banlieue de Pointe-à-Pitre, où un hypermarché a rouvert en présence d'un important dispositif de sécurité. Des dizaines d'acheteurs en sont sortis les chariots remplis à ras bord. Aucun incident n'a été relevé, mais devant l'établissement un gendarme a déclaré craindre un "durcissement".



En Martinique, paralysée depuis 10 jours, plusieurs parlementaires - dont Alfred Almont (UMP), Louis-Joseph Manscour (PS) et Alfred Marie-Jeanne (MIM, indépendantiste) - avaient invité vendredi à "desserrer l'étau" de la grève. 



Le collectif menant le mouvement a quitté les négociations samedi après-midi, après un différend avec la grande distribution. Un accord prévoyait une baisse de 20%, mais les distributeurs veulent l'appliquer à des articles spécifiques, les grévistes à des gammes de produits 



Rentré la veille des Antilles, le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo a entamé samedi des consultations avec le Haut Commissaire aux solidarités, Martin Hirsch, pour accélérer la mise en place du RSA dans les DOM.



Samedi, le mouvement a fait tâche d'huile à La Réunion. Une centaine de manifestants ont fait irruption dans un hypermarché de Saint-Denis, distribuant des tracts contre la vie chère.



Selon un sondage Ifop pour Sud-Ouest dimanche, 63% de Français n'excluent pas une extension en métropole.

Publié dans Politique Economique

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