Le PS en 2009 : pro-po-ser

Publié le par Cohérence et Espoir 94

 alps.1231427199.jpg



Les bonnes résolutions socialistes
en ce début d’année 2009 peuvent s’exprimer en un seul mot de trois syllabes ; proposer. Foin des querelles internes ; pour les  grands débats idéologiques (l’ouverture au centre, la nature du parti, le rapport au libéralisme) jugés trop nombrilistes par les Français, on verra plus tard. Pas question non plus de se laisser enfermer dans la seule critique du sarkozysme - même s’il y a de quoi faire. Pour effacer l’épouvantable fin d’année 2008 – celle du « massacre de Reims » - et retrouver du crédit auprès de l’opinion à moins de six mois d’élections européennes à haut risque, les socialistes sont tous d’accord sur la nécessité de proposer une alternative. Bref, il faut pro-po-ser.  



CONTRE PLAN
- Plutôt que de se caler sur l’agenda gouvernemental, la direction du PS dévoilera son « contre-plan » anticrise économique le 20 janvier devant le bureau national. La manœuvre n’est pas maladroite : les socialistes considèrent qu’en tout état de cause,  le plan d’action de Nicolas Sarkozy n’est pas à la hauteur des exigences et devra être suivi d’un autre à court terme.

   

Or, si le PS entend mettre en avant une logique différente –  accordant une part plus importante au soutien à la consommation, comme le font les plans des gouvernements allemand, espagnol et britannique – sa « boite à outil » n’a pas été renouvelée depuis belle lurette. La revalorisation du Smic et de la prime pour l’emploi ou encore la modulation de l’impôt sur les sociétés en fonction des bénéfices réinvestis existent depuis longtemps dans les programmes socialistes. 



    Aussi, parallèlement à la mise à contribution du secrétariat national, la nouvelle direction a décidé de prêter une oreille attentive aux partenaires sociaux auprès desquels les dispositions du contre-plan ont été “testées”.

Mercredi, pas moins de sept secrétaires nationaux ont reçu des délégations syndicales et patronales.


     Reste, maintenant, à arbitrer entre les avis divergents au sein de la majorité socialiste. Notamment au sujet de la politique salariale, du rapport entre politique contractuelle et décisions gouvernementales ou à propos de la réglementation des licenciements.

 fafaf.1231427060.jpg



FABIUS ”POSITIVE” -
  Au sein du PS, aussi, on veut mettre en exergue des propositions. Après avoir navigué entre « opposition frontale » et « opposition constructive », Laurent Fabius coupe la poire en deux. Il vient de créer un  nouveau blog intitulé "50-50". Ce blog « comportera au total au moins 50% de positif pour 50% d’éventuels sujets critiques » explique Laurent Fabius. « Un responsable d’Etat, une force de gouvernement doit savoir proposer autant que contester. Cette fonction là est plus difficile à exercer que celle-ci. Raison de plus pour que j’y apporte ma pierre » explique-t-il.



L’AXE ROCARD-DSK -
Par ailleurs, un cercle de réflexion baptisé « Inventer à gauche », vient de voir le jour à l’initiative de strauss-kahniens issus du rocardisme. Le député et maire de Grenoble Michel Destot est la cheville ouvrière de ce groupe qui se donne pour vocation « de provoquer la réflexion et de proposer des solutions pour les socialistes et la gauche dans son ensemble ». « C’est totalement constructif, ce n’est pas une écurie de plus, un courant de plus, une sensibilité de plus » jure le président du Conseil national du PS qu’accompagnent dans sa démarche l’ancien ambassadeur Dominique de Nayves ainsi que les ex-ministres Catherine Tasca et Alain Richard ou encore l’historien Alain Bergounioux, conseiller de Martine Aubry.


mignard.1231425105.jpg

LES “MINORITAIRES” SE PREPARENT. Autour de Ségolène Royal, les « minoritaires » entendent eux-aussi peaufiner leur capacité à formuler des contre-propositions. Outre qu’à l’intérieur de l’équipe de Ségolène Roya, on s’est réparti les grands sujets d’intervention, l’association Désirs d’Avenir compte notamment sur son projet « d’université de la connaissance » pour porter de nouvelles propositions. Dans l’entourage de la présidente de la région Poitou-Charentes, on se dit conscient que Ségolène Royal doit privilégier l’énoncé de propositions. Ne serait-ce que pour combler le manque de crédibilité dont elle souffre parmi les cadres et les diplômés et que soulignent cruellement les études d’opinion. « Le projet de société de Ségolène Royal ? C’est : construire l’unité nationale à partir de la gauche » estime Jean-Pierre Mignard, qui préside l’association Désirs d’Avenir 

Jean-Michel Normand

Publié dans Parti Socialiste

Commenter cet article