Après la France, la République tchèque prend les rênes de l'UE

Publié le par Cohérence et Espoir 94

Dans un contexte de crise financière où menace la récession, la République tchèque prend pour six mois la présidence de l'Union européenne.

(Reuters)


 


Dans un contexte de crise financière où menace la récession, la République tchèque prend jeudi la présidence de l'Union européenne pour six mois, succédant à la France du volontariste Nicolas Sarkozy.



Au vu des défis économiques à relever, de l'enlisement du processus de simplification des prises de décision, des épineuses relations avec la Russie et des élections européennes de juin, les dirigeants de l'UE sont nombreux à penser qu'une présidence forte n'est plus un luxe mais une nécessité.



Mais à la différence de Paris, qui a lancé sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy, avec des résultats sans doute variables, une série d'initiatives sur des problèmes allant de la crise économique au changement climatique, Prague s'est tenu très en retrait des efforts d'intégration européens.



Ancien pays communiste de 10,4 millions d'habitants à présent dirigé par un gouvernement minoritaire et résolument pro-américain, la République tchèque n'a pas ratifié le traité de Lisbonne sur la réforme des institutions.



Elle se montre peu pressée d'adopter l'euro et voit d'un oeil méfiant tout transfert de souveraineté en direction de Bruxelles.



Pour compléter le tableau, le président tchèque Vaclav Klaus, grand pourfendeur de l'UE, refuse de hisser le drapeau européen au château de Prague.



Il en ressort une impression générale de scepticisme dont les experts craignent qu'il n'en résulte des problèmes au moment où l'UE en a le moins besoin.



"Le fait qu'il (Klaus) exprime des opinions de cette nature rend difficile l'exercice de la présidence", dit Robin Shepherd, spécialiste de l'Europe auprès du groupe de réflexion londonien Chatham House. "Klaus n'est pas le chef du gouvernement (...) mais il est le visage public de la République tchèque."



En politique intérieure, le rôle de Vaclav Klaus est avant tout honorifique. Il ne donne pas d'impulsion à la politique gouvernementale et ne devrait guère occuper le devant de la scène au cours de la présidence tchèque de l'Union.



RÔLE DE COORDINATION

On peut toutefois s'attendre à le voir fustiger ce qu'il interprétera comme des tentatives antidémocratiques pour donner naissance à un super-Etat européen. Il l'a fait la veille de Noël, dans un discours où il affirmait que les dirigeants comme Nicolas Sarkozy nuisaient à l'Europe en portant trop peu de respect à la souveraineté de chaque Etat membre.



"J'ose dire que ces personnes représentent le sommet de l'anti-européanisme. Elles n'ont absolument pas le droit de nous brandir l'Europe à la figure", a dit Klaus à la chaîne Z1.



Vaclav Klaus devrait avoir son "heure" en février lorsqu'il prendra la parole au Parlement européen, et il se peut qu'il apparaisse en figure de proue d'un sommet UE-Russie en mars.



Il entretient en effet de meilleures relations avec Moscou que le cabinet tchèque, qui a vivement irrité les dirigeants russes en projetant d'accueillir un radar sur son territoire dans le cadre du projet de bouclier antimissile américain.



Un autre écueil tient au fait que le Premier ministre de centre-droit Mirek Topolanek, principal artisan de la politique tchèque, est exposé au risque de motions de censure incessantes de la part d'une opposition hostile.



Des analystes estiment cependant qu'une des figures clés sera l'adjoint de Topolanek chargé des Affaires européennes, Alexandr Vondra, nettement plus soucieux d'unir les "trois grands" de l'UE - France, Allemagne et Grande-Bretagne - que d'engager de vastes initiatives comme s'y est employé Sarkozy.



"Notre force peut résider dans la médiation. Quand les trois grands ne sont pas à bord, c'est l'occasion de le faire", a déclaré Alexandr Vondra.



Pour Charles Grant, directeur du Centre for European Reform de Londres, "on sent une certaine appréhension, mais elle tourne surtout autour de Klaus (...) Du moment que c'est bien Vondra qui tient les rênes, les autres gouvernements ne devraient pas trop s'inquiéter de voir les Tchèques aux commandes".



Dans le domaine économique, les Tchèques - moins affectés que d'autres Européens par la crise mondiale - opteront pour la prudence, en s'abstenant d'approuver toute injection excessive de fonds publics dans le secteur privé.



"Les plans de relance sont importants, mais il faut que ce soient des plans à court terme", a affirmé Alexandr Vondra.


(Source Reuters)


Publié dans Europe

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