Les vœux sur mesure de Sarkozy

Publié le par Cohérence et Espoir 94


Le Président veut dynamiser le rendez-vous traditionnel avec les Français. Pas de concept de «politique de civilisation», comme l'an dernier, mais un discours plus terre à terre.


 


LAURE ÉQUY

Ici en octobre 2008.

Ici en octobre 2008. (AFP)



Un générique tout paillettes et symboles pour enrober les très institutionnels vœux du chef de l’Etat, diffusés mercredi à 20 heures. Démarrage en travelling sur une tour Eiffel scintillant en bleu pour marquer la fin de la présidence française de l’UE. «On va être dans les étoiles», s’enflamme-t-on à l’Elysée. On enchaîne sur le drapeau tricolore, l’allocution dans la bibliothèque du Château, et on termine sur le sapin illuminé de la cour d’honneur.



Quelques grammes de fête avant d’entamer une année maigre en réjouissances. Frank Louvrier, conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, a beau promettre un «message positif, lucide, précis», les yeux dans les yeux de quelque 12 millions de téléspectateurs, la prestation présidentielle, sur fond de prévisions catastrophiques pour 2009, risque de tourner au numéro de funambule avec sourire de façade.



Bibliothèque. Sur la forme, la cellule communication de l’Elysée a concocté une nouvelle nouvelle formule, réalisée par Yves Barbara, aux manettes notamment de certains Thalassa. Et ce alors que le cru 2007, annoncé comme un profond lifting de l’exercice rituel, n’a pas franchement été à la hauteur. Le choix du direct, contrairement à ses prédécesseurs qui prenaient la précaution d’un léger différé, n’a pas créé l’effet escompté, Sarkozy étant obligé de cavaler après son prompteur. Du coup, retour à l’allocution enregistrée une heure à l’avance, «dans les conditions du direct». L’incrustation d’un sous-titrage pour sourds et malentendants «exige un délai, invoque l’Elysée, le Président improvise souvent». Celui-ci n’interviendra pas assis mais debout. Non pas de son bureau mais de la bibliothèque, pièce des portraits officiels, mitoyenne du bureau de son épouse. Un «lieu plus intime», adapté au format 16/9e.



Après le grandiloquent concept de «politique de civilisation», l’an dernier, Sarkozy devrait revenir à un discours plus terre à terre et évoquer les réformes au menu de 2009 : celles de l’hôpital, de la formation professionnelle, des collectivités territoriales, du lycée, la loi pénitentiaire, la mise en œuvre du RSA, etc. Pour le volet international, il pourrait s’exprimer sur la situation au Proche-Orient. Impossible de faire l’impasse sur la crise économique, alors que l’Insee prédit un basculement dans la récession et une hausse du chômage : volontariste en diable, le Président devrait marteler que le pays «doit sortir plus fort de la situation difficile» qu’il traverse.



Marathon. Après avoir reçu jeudi des personnes «ayant travaillé la nuit de la Saint-Sylvestre» (personnels soignants, policiers, pompiers), Sarkozy doit poursuivre son marathon des vœux, déjà resserrés en 2008. Le 6, au Liban-Sud, devant les soldats français, le 7 aux parlementaires et conseillers de Paris à l’Elysée, et le 16, au corps diplomatique. Les journalistes fermeront le bal, le 23, Sarkozy comptant leur dévoiler la conclusion des états généraux de la presse. Dernière nouveauté : six déplacements sont prévus pour des vœux thématiques (éducation, sport, culture, sécurité, économie, santé). Histoire, après six mois de présidence de l’UE, de remettre les pieds sur le terrain et le nez dans les dossiers de ses ministres.


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