Gaza: Israël masse des chars à la frontière et continue les raids aériens

Publié le par Cohérence et Espoir 94


 

Au lendemain d'attaqueds massives sur les installations du Hamas dans la bande de Gaza, Israël menait encore, dimanche 27 décembre, des raids sur plusieurs localités du territoire. En deux jours, l'offensive israélienne a fait 287 morts, en majorité des policiers du Hamas, et 620 blessés, selon le bilan établi par les services d'urgence palestiniens.


L'opération "plomb durci", l'une des plus violentes jamais menée contre des objectifs palestiniens, vise, selon Israël, à mettre fin aux tirs de roquettes sur les localités du sud du pays. Depuis l'expiration d'une trêve de six mois, le 19 décembre, le Hamas et ses alliés ont tiré plus de 200 roquettes et obus de mortier sur Israël.


L'aviation israélienne a mené, samedi 27 décembre, un raid massif visant les installations du Hamas dans la bande Gaza. L'opération a débuté à 9 h 30, heure locale (10 h 30 à Paris).

Dimanche, des raids israéliens ont été signalés dès 7 heures du matin, heure locale, dans la ville de Gaza, dans le camp de Jabaliya, dans le nord du territoire, ainsi que dans le sud, à Khan Younès et Rafah,. Dans l'une de ces attaques, à Gaza-ville, une dizaine de policiers du Hamas qui se trouvaient dans un poste de police ont été blessés.


Une autre a visé un bâtiment du "Conseil des ministres" du Hamas à Gaza. Les rues de la ville de Gaza étaient quasi désertes tandis que des files se formaient devant les boulangeries. En Cisjordanie, dans le bourg de Nilin, un Palestinien a été tué dimanche par des tirs israéliens lors d'une manifestation de solidarité.



UNE OPÉRATION TERRESTRE EST POSSIBLE

Israël semble déterminé à ne pas s'en tenir aux raids aériens. D'autant que les tirs de roquettes, qui ont tué un civil israélien et blessé plusieurs autres, samedi à Netivot (sud), se poursuivaient de façon sporadique. L'une d'elles, de type "Grad", a atteint pour la première fois  Gan Yavné, près du port d'Ashdod, à plus de trente kilomètres de Gaza.



Laissant planer la menace d'une intervention terrestre, Tsahal a décidé de mobiliser 6 500 réservistes. "Cette mobilisation englobe des unités de combat et des unités de la défense passive", a indiqué un haut responsable militaire. Des mouvements de chars étaient également signalés à la frontière entre Israël et le territoire palestinien. A la frontière nord, près du point de passage d'Erez, au moins seize blindés ont été positionnés. Des tentes de l'armée israélienne ont été montées. Le ministre de la défense israélien, Ehoud Barak , cité par son porte-parole a confirmé, dimanche, qu'une opération terrestre contre le Hamas était possible. "Nous sommes prêts à toute éventualité. S'il est nécessaire de déployer des troupes pour défendre nos citoyens, nous le ferons."



DÉCLARATION NON CONTRAIGNANTE DE L'ONU

Selon un haut responsable militaire israélien, l'armée de l'air a attaqué uniquement des "objectifs militaires" et réussi à porter un coup sévère en surprenant le Hamas. Mais il s'agit uniquement du premier acte d'une campagne de "longue haleine" pour forcer le Hamas à stopper les tirs.  Le premier ministre du gouvernement de transition, Ehoud Olmert, a affirmé qu'Israël ne "combattait pas le peuple palestinien" mais le Hamas, et s'est engagé à éviter une "crise humanitaire" à Gaza. Israël a d'ailleurs décidé d'autoriser, dimanche, le passage d'un convoi d'aide humanitaire à destination du territoire.



Le chef du gouvernement du Hamas Ismail Haniyeh a répliqué que les attaques israéliennes ne feraient pas plier son mouvement. Son chef en exil, Khaled mechaal, a appelé à déclencher une nouvelle intifada contre Israël et a évoqué une reprise des attentats suicide. Le président palestinien Mahmoud Abbas a qualifié l'offensive israélienne "d'agression lâche" et dénoncé les "massacres dans la bande de Gaza". Dimanche, le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, a accusé Israël de "commettre un holocauste au vu et au su du monde entier, qui n'a pas bougé le petit doigt". Il a affirmé que "la résistance palestinienne se réserve le droit de riposter à cette agression par des opérations de martyre", c'est-à-dire des opérations suicide.



A l'ONU, une déclaration non contraignante des quinze membres du Conseil de sécurité a appelé "à l'arrêt immédiat" de toutes les violences. Elle ne mentionne nommément ni Israël ni le Hamas. La Maison Blanche a estimé que le Hamas avait les cartes en main, faisant valoir que le mouvement pouvait mettre un terme aux frappes israéliennes en cessant ses propres tirs de roquettes sur l'Etat hébreu. Le président élu américain Barack Obama  "surveille" la situation, a déclaré une porte-parole depuis Hawaï, où il passe les fêtes.

Commenter cet article