Des grands de Hollywood touchés par le scandale Madoff

Publié le par Cohérence et Espoir 94





LOS ANGELES. CORRESPONDANCE.



La fin d'année est rude pour Hollywood, où la menace d'une grève des acteurs s'ajoute au climat financier déprimé.



La crise économique atteint jusqu'àSteven Spielberg, réalisateur de gros films (Les Dents de la mer, E.T.) et producteur de franchises à succès ( Indiana Jones), dont la fortune personnelle est estimée à 3,1 milliards de dollars (2,2 milliards d'euros) par le magazine Forbes. Aujourd'hui, les capacités de production de sa société DreamWorks sont menacées.



Le syndicat des acteurs du cinéma et de la télévision, Screen Actors Guild (SAG), menace de se mettre en grève, début février 2009, faute d'un renouvellement des accords contractuels avec les studios hollywoodiens, parvenus à terme en juin. Mais, un an après la grève des scénaristes, certains doutent de l'opportunité d'un nouveau débrayage dans le contexte de récession économique, où les studios seront moins disposés que jamais à céder.



Des acteurs, qui sont appelés à voter sur leur grève à partir du 2 janvier, semblent résister à ce conflit social. Melissa Gilbert, ex-présidente de SAG, et qui interprétait Laura Ingalls dans la série télévisée La Petite Maison dans la prairie, a qualifié la grève de "geste fou qui met en danger non seulement notre syndicat, mais toute l'industrie du divertissement". Robert Redford, George Clooney, Matt Damon ou Morgan Freeman ont signé, avec 130 autres acteurs, une pétition contre l'arrêt de travail. Le texte affirme que le temps est au compromis, pour éviter une paralysie du secteur.



Avec Jeffrey Katzenberg, son ex-partenaire en affaires et PDG du studio DreamùWoks Animation (Shrek, Madagascar), Spielberg est l'une des nombreuses personnalités d'Hollywood victimes de la fraude du financier de  Wallstreet, Bernard Madoff. Ni Spielberg ni Katzenberg ne connaissaient l'investisseur actuellement incarcéré, mais leur homme d'affaires attitré, Gerard Breslauer plaçait des fonds chez lui.


 


Spielberg, et plus encore Katzenberg, auraient investi à titre privé chez Madoff, mais aucun montant n'a été donné. De plus, leur fondation caritative, Wunderkinder, qui agit dans le domaine éducatif, artistique et médical, reconnaît avoir perdu "une certaine somme" après avoir investi une "portion importante" de ses actifs chez Madoff. Selon les déclarations fiscales de 2006, 70 % des revenus de la fondation provenaient de placements dans ces fonds douteux.



Steven Spielberg a d'autres ennuis d'argent en tant que producteur. Qui ne sont pas liés à Madoff, mais à la chute de la Bourse. En août, il s'était séparé des studios Paramount, propriétaires de DreamWorks depuis 2005. Il a annoncé, en octobre, qu'il redémarrait un studio indépendant, toujours appelé DreamWorks, mais cette fois avec le financement du groupe indien Reliance Big Entertainment.


Ces investisseurs indiens apportaient 500 millions de dollars, à la condition que Spielberg lève 750 millions supplémentaires, le tout permettant de produire une vingtaine de films en sept ans. Mais le financement de Spielberg provenait en partie de l'assureur américain AIG, en faillite.



Même un cinéaste dont les films sont aussi rentables et ses banquiers de JP Morgan sont donc confrontés au resserrement général du crédit au point d'être incapables de lever les fonds nécessaires à la production des films DreamWorks. Le seul film de Spielberg en préproduction est la version animée en 3D de Tintin, pour un coût de 130 millions de dollars.



Selon l'accord de séparation, Spielberg doit régler environ 25 millions de dollars à Paramount à la mi-janvier pour racheter des droits de films. Parmi ces projets : Hereafter, un thriller que pourrait réaliser  Clint Esatswood, et un remake du Dîner de cons, de Francis Weber, en comédie juive.



La situation est si grave que l'hebdomadaire spécialisé Variety demande : "S'ils devaient recommencer, est-ce que le cofondateur de DreamWorks, Steven Spielberg, et sa partenaire, Stacey Snider, quitteraient une situation rentable chez Paramount Pictures ?"



Spielberg, qui a toujours répugné à investir son argent dans ses films et qui, malgré des pertes affectant ses actifs personnels et ses activités philanthropiques, n'est pas ruiné, va-t-il être amené à payer de sa poche ? Il devra en tout cas s'adapter au cinéma en temps de crise, avec moins de films, et des budgets plus serrés.



"LE PLUS GROS COUILLON..."

Spielberg n'est pas seul à avoir des ennuis. On en revient à Madoff, dont la liste des victimes s'allonge. Eric Roth, le scénariste de Forrest Gump, vient d'apprendre qu'il était sélectionné aux Golden Globes pour son scénario de L'Etrange Histoire de Benjamin Button, réalisé par  David Fincher, avec Brad Pitt et  Cate Blanchett, qui doit sortir en France le 4 février 2009. Mais il a en même temps découvert qu'il avait perdu l'intégralité de ses placements dans un fonds de retraite. "J'ai l'impression d'être le plus gros couillon de la Terre !", a déclaré le scénariste au Los Angeles Times, refusant, comme ses collègues, de préciser le montant de ses pertes.


 


Les associations caritatives de la communauté juive, impliquées dans la culture et le cinéma, sont très touchées par ce scandale. La Jewish Federation de Los Angeles a perdu 6,4 millions de dollars, soit environ 11 % de sa dotation, la Jewish Community Foundation estime ses pertes à 18 millions, et l'American Jewish Congress envisage la fermeture de son bureau de Los Angeles.


 


"C'est un événement catastrophique pour la communauté juive", commente Rob Eshman, rédacteur en chef de l'hebdomadaire Jewish Journal, publié à Los Angeles, qui exprime sa colère envers Madoff "qui a détruit des vies".



Claudine Mulard
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