Le groupe socialiste à l'assemblée

Publié le par Cohérence et Espoir 94

François-Xavier Bourmaud
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«La cohésion se construit sur la durée», explique Jean-Marc Ayrault, ici à l'Assemblée, mercredi dernier.
«La cohésion se construit sur la durée», explique Jean-Marc Ayrault, ici à l'Assemblée, mercredi dernier. Crédits photo : AFP

Le député maire de Nantes, qui préside depuis onze ans le groupe PS à l'Assemblée, devrait remettre son mandat en jeu en septembre prochain.



Remonté à bloc, le groupe socialiste à l'Assemblée nationale ? Depuis l'élection de Martine Aubry à la tête du PS, les députés de gauche ont mené la vie dure au gouvernement, s'opposant franchement à la majorité lors des débats sur la réforme de l'audiovisuel public et le travail dominical. Et pour une fois, sans qu'aucune voix discordante ne se fasse entendre, comme ce fut le cas lors de la réforme de la Constitution ou de l'adoption du traité de Lisbonne.



Membre de la garde rapprochée de la première secrétaire, Claude Bartolone veut y voir un effet direct de la nouvelle donne au PS. «L'année dernière, il n'y avait pas de position stabilisée au sein du parti. Dominique Strauss-Kahn était au FMI, Laurent Fabius jouait son rôle de sage actif et François Hollande faisait ses cartons. Le groupe était le reflet de tout cela : pas de chef, pas de ligne, pas de cohérence. Aujourd'hui, il y a un chef et une tonalité», veut croire le secrétaire national du parti aux relations extérieures.



Le groupe socialiste revigoré par l'arrivée de Martine Aubry ? À l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault nuance le diagnostic. «Le groupe était organisé depuis longtemps pour réussir des opérations comme celles de ces derniers jours. Ce qui arrive aujourd'hui n'est pas un hasard, mais le résultat du travail que nous avons réalisé et qui porte enfin ses fruits», assure le président du groupe socialiste. Il en veut pour preuve la visite de Martine Aubry aux députés et l'hommage qu'elle leur a rendu en affirmant que «depuis dix-huit mois, ils avaient contribué à sauver l'honneur des socialistes».

 

Contre-programme de relance

Largement réélu en juin face à Arnaud Montebourg, Jean-Marc Ayrault souhaite conserver un poste qu'il occupe depuis onze ans. Une telle longévité pourrait apparaître en contradiction avec l'engagement de renouvellement pris par Martine Aubry lors de son accession à la tête du PS. Remplacer Ayrault à la tête des députés ? «La question ne se pose pas aujourd'hui», estime Bartolone. C'est l'année prochaine, vraisemblablement en septembre, qu'il remettra son mandat en jeu.



Et, de toute façon, «le groupe ne se dirige pas de l'extérieur mais de l'intérieur. La cohésion est quelque chose qui se construit sur la durée», avance Jean-Marc Ayrault. Sans compter que la question du choix d'un remplaçant éventuel risque de provoquer de nouvelles fractures au PS. Les plaie de Reims ne sont pas cicatrisées, loin s'en faut. Entre royalistes, aubrystes, strauss-kahniens, fabiusiens et les autres, difficile d'imaginer un accord sur un candidat de consensus.



D'ici à ce que la question du renouvellement de Jean-Marc Ayrault se pose, les socialistes ont encore beaucoup de combats à mener contre la majorité. Dès la rentrée de janvier, lors de l'examen du plan de relance de Nicolas Sarkozy, les députés socialistes défendront leurs propositions pour lutter contre la crise. Ce sera un avant-goût du contre-programme de relance que le PS présentera à la fin du mois. Puis ils enchaîneront sur le travail dominical. Une autre occasion pour eux d'attaquer de front la politique de la majorité.

Publié dans Parti Socialiste

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