DAL (Droit au Logement) à la rue de la Banque

Publié le par Cohérence et Espoir 94







 

Marwan et Rayan essaient de tuer le temps en jouant dans les couloirs de l'association Droit au logement (DAL). Comme plusieurs dizaines de familles, ils ont dormi rue de la Banque, à Paris, dimanche soir. Aux côtés de leur mère, Malika, ils ont retrouvé le campement de fortune où ils s'étaient installés il y un an, pour réclamer l'attribution d'un logement décent.



Une soixantaine de personnes, en majorité des femmes et des enfants, se sont installées, le 14 décembre, rue de la Banque, dans le 2e arrondissement de Paris, pour "obtenir des logements".

Comme chaque lundi, les mal-logés se pressent à la permanence de l'association. Mais, lundi 15 décembre, la bâche bleue a été réinstallée sur le trottoir. Et les familles reviennent. Pour elles, la ministre du logement n'a pas tenu sa promesse.



Mère célibataire de quatre enfants, Malika vit dans des hôtels depuis huit ans. Elle a quitté son mari alors qu'elle était enceinte de deux mois. Hébergée au départ par une cousine, elle n'a jamais trouvé de logement, et a vécu dans des chambres d'hôtel, souvent insalubres, toujours trop petites. Elles coûtent pourtant 3 000 à 4 000 euros par mois. Quand Malika travaillait, elle en payait une partie. Aujourd'hui, c'est le SAMU social qui règle l'intégralité de la note. Elle ne comprend pas ce système "injuste".



Elle espérait bénéficier du droit au logement opposable, mais sa demande a été déboutée : "dossier incomplet". Si elle perd parfois espoir, elle continue de penser qu'un jour elle pourra offrir un véritable foyer à sa famille. Les deux plus jeunes ne vont plus à l'école depuis quelques semaines. Pas facile de rester scolarisé quand on change tout le temps de quartier. "On restera un mois, ou un an, s'il le faut !", conclut Malika.

Karine Lambin

Publié dans Droits de l'Homme

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