Débat sur l'audio-visuel: le gouvernement dans l'impasse!

Publié le par Cohérence et Espoir 94


Dans la dernière ligne droite de la réforme sur l'audiovisuel, chacun reste déterminé. Mercredi 10 décembre, le gouvernement s'est dit résolu à faire adopter sa réforme pour la suppression de la publicité, au besoin par décret, l'opposition promettant de reprendre "la bataille" dès jeudi.



"Je ne veux évidemment pas mettre la télévision à ma botte", a lancé Nicolas Sarkozy en recevant à l'Elysée les députés UMP, pas tous convaincus de l'intérêt de la réforme. "Martin Bouygues est mon ami depuis trente ans, mais croyez-vous vraiment que c'est lui qui fait le journal télévisé de TF1 ?", a-t-il demandé aux députés, alors que la gauche l'accuse de vouloir faire des cadeaux au "club des amis du Fouquet's". Le chef de l'Etat a été interpellé par le député chiraquien François Baroin. Cet ancien journaliste a prévenu le chef de l'Etat qu'il s'abstiendrait sur cette réforme, "qui te reviendra comme un boomerang" et dont "tu n'avais pas besoin". "C'est un procès d'intention que tu me fais sur la liberté de la presse, lui a répondu le président, tu y as été très fort, François. Je ne veux évidemment pas contrôler la presse, mais personne après moi ne reviendra sur la suppression de la publicité et sur la société unique."



"LE GOUVERNEMENT EST DANS UNE IMPASSE"

Après deux semaines et cinquante heures de débats, seuls dix-sept articles de la loi, sur cinquante-six, ont été adoptés. Rappels au règlement, suspensions de séance, amendements multiples : le PS, le PCF et les Verts font tout pour faire durer les débats afin, disent-ils, de gagner la bataille de l'opinion. Devant cette lenteur, le gouvernement a confirmé qu'il envisageait un décret pour supprimer la publicité le soir sur France Télévisions comme prévu à compter du 5 janvier."La réforme sera appliquée dès janvier, la publicité étant supprimée par décret (...)", a affirmé Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP. "Le gouvernement ne compte pas prendre de décision avant la fin des débats, qui sont inscrits jusqu'au jeudi 18 décembre inclus", a nuancé le ministère de la culture.




Une annonce à laquelle l'opposition a aussitôt réagi."Le gouvernement est dans une impasse. Il a perdu la bataille parlementaire. Prendre des mesures de cette nature par décret est assez illégitime", a estimé le député Didier Mathus, l'un des socialistes en pointe contre la réforme de l'audiovisuel. Selon lui, si la publicité est supprimée par décret, "la loi n'avait pas d'autre objet que d'installer la dépendance des groupes de l'audiovisuel public à l'égard du pouvoir politique". L'ancien ministre socialiste de la culture Jack Lang a aussi estimé que le gouvernement aurait "politiquement tort" de supprimer la publicité sur la télé publique par décret. L'hebdomadaire le Nouvel Observateur a publié, dans son édition de mercredi, un "appel des 500" demandant au président Nicolas Sarkozy de retirer le projet de loi sur l'audiovisuel ou, au moins, de "l'amender profondément". Les débats reprennent jeudi.

Publié dans Politique Générale

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