Grève générale en Grèce après les émeutes

Publié le par Cohérence et Espoir 94

Place Syntagma, à Athènes, mardi soir 9 décembre 2008.
AP/LEFTERIS PITARAKIS
Les dirigeants syndicaux ont tenu à organiser ce rassemblement malgré une demande d'annulation adressée par M. Caramanlis. Les syndicalistes ont lancé un appel au calme pour que la manifestation se déroule sans incidents.

Des affrontements limités ont opposé jeunes et policiers, dans la nuit du mardi 9 au mercredi 10 décembre, à Athènes et Salonique, quelques heures avant une grève générale de vingt-quatre heures contre l'austérité lancée à l'appel des grandes centrales syndicales. Cette grève, prévue de longue date et qui doit fortement perturber les transports, accroît la pression sur le gouvernement du premier ministre grec conservateur, Costas caramanlis, fragilisé par une flambée de violence jamais vue en Grèce qui a suivi la mort d'Andreas Grigoropoulos, 15 ans, abattu samedi par un policier.



La Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE, 600 000 adhérents) et la Fédération des fonctionnaires (Adedy, 200 000 membres) ont prévu d'organiser dans le centre d'Athènes un grand rassemblement en milieu de matinée, point d'orgue d'une grève générale de vingt-quatre heures prévue de longue date contre l'austérité et la cherté de la vie. Les dirigeants syndicaux ont tenu à organiser ce rassemblement malgré une demande d'annulation adressée par M. Caramanlis. Les syndicalistes ont lancé un appel au calme pour que la manifestation se déroule sans incidents.



Des heurts ont éclaté mardi après-midi dès la fin des obsèques de l'adolescent, dans une banlieue d'Athènes. Ils se sont poursuivis jusqu'à 3 heures du matin (2 heures à Paris) entre les policiers et plus d'une centaine de jeunes qui effectuaient des sorties des écoles polytechnique et de droit, occupées depuis dimanche. Des dégâts ont affecté un bureau de poste, une banque et une agence de tourisme dans le centre de la capitale. La police d'Athènes a annoncé avoir procédé au cours de la journée de mardi à 55 interpellations. Quatre personnes ont été arrêtées pour violences et douze autres pour vols. Elle a par ailleurs arrêté 25 étrangers pour des vols commis dans la nuit de lundi à mardi dans des magasins sinistrés du centre d'Athènes. Le maire de la capitale, Nikatas Kaklamanis, a indiqué mardi soir qu'il estimait que plus de 360 magasins ont été "partiellement ou totalement endommagés" depuis samedi dernier.



A Salonique, des échauffourées se sont produites pendant la nuit entre les forces de l'ordre et une cinquantaine de jeunes retranchés dans la faculté de philosophie. A Patras, dans l'ouest du Péloponnèse, les bagarres qui avaient commencé en début de soirée ont cessé au milieu de la nuit. Des escarmouches se sont par ailleurs produites dans la nuit à Larissa et à Volos, où le palais de justice a été endommagé, à Kalamata où une école a brûlé, à Ioannina et à Zante sur l'île du même nom en mer Ionienne, selon des sources policières. La situation était redevenue calme mercredi matin dans toutes ces villes.


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