Le vote-sanction des profs contre Darcos

Publié le par Cohérence et Espoir 94


Les élections professionnelles du 2 décembre ont été marquées par une hausse de deux points de la participation qui a atteint 62,6 %.

VÉRONIQUE SOULÉ


Xavier Darcos.

Xavier Darcos. (Vincent Kessler / Reuters)


D’après Xavier Darcos, les syndicats enseignants sont un vestige du passé, coupés de la base, tout juste bons à faire grève et à bloquer les réformes. Mais le ministre de l’Education est allé un peu vite en besogne. Les élections professionnelles du 2 décembre ont en effet été marquées par une hausse de deux points de la participation qui a atteint 62,6 %, preuve que les enseignants se sentent toujours représentés par leurs syndicats.



Perdants. Selon les résultats publiés samedi, les grands équilibres ne bougent guère. Avec 46,73 % des suffrages - un score stable par rapport à 2005 -, la FSU demeure, et de loin, la première fédération de l’éducation. Elle est suivie par l’Unsa (14,70 %) et par la CFDT (8,89 %), qui perd un demi-point par rapport au scrutin de 2005. On trouve derrière au coude à coude FO (6,78%) et SUD (6%), qui gagne un demi-point.



L’autre leçon du scrutin est que la contestation contre «les réformes Darcos» a - logiquement - profité aux plus revendicatifs. Dans le primaire, où la mobilisation est la plus forte, les deux syndicats réformistes sont ainsi les grands perdants. Le SE-Unsa arrive toujours second, mais en recul d’un point et demi (22,95 %). «Le contexte d’exacerbation voulu sciemment par le ministre» et «la part très réduite laissée au dialogue social ne pouvaient que créer un terrain électoral difficile [pour nous]», écrit le secrétaire général du SE-Unsa, Luc Bérille. Le Sgen-CFDT (7,42 %), quatrième, perd de justesse son siège à la commission nationale. Par contre, le Snuipp-FSU progresse de deux points et atteint les 47 %. Tandis que SUD Education (6,39 %) gagne pratiquement un point.



Déclin. Dans le secondaire, où le mécontentement est moindre, c’est la stabilité qui domine. Le Snes-FSU (37,93 %) reste largement en tête, mais il se tasse légèrement par rapport à 2005. Il est suivi par le Sgen-CFDT (10,07 %), le SE-Unsa (8,08 %) et le Snalc-CSEN (7,95 %), un syndicat classé plutôt à droite qui combat le déclin de l’école. Le Snes conforte par ailleurs ses positions chez les agrégés et les professeurs dans le supérieur.



La CGT tire aussi son épingle du jeu. Elle progresse légèrement un peu partout, notamment parmi les professeurs certifiés et ceux en lycée professionnel.

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