Les ASSEDIC débordées par le chômage

Publié le par Cohérence et Espoir 94

Un demandeur d'emploi dans une antenne Assedic, à Marseille, le 2 décembre 2008.
REUTERS/JEAN-PAUL PELISSIER
Selon une représentante de Force ouvrière, "3 000 à 10 000 dossiers sont en retard selon les régions".



La crise et la hausse du chômage ont provoqué un engorgement aux Assedic, où, à l'approche des fêtes, plusieurs dizaines de milliers de dossiers d'indemnisation sont actuellement en souffrance, selon une enquête de l'AFP auprès des syndicats et de la direction du régime d'assurance-chômage. "Avec près de 100 000 dossiers d'entrée en indemnisation non traités, il y a environ 25 000 dossiers en attente de traitement de plus qu'en septembre-octobre 2007", reconnaît un porte-parole de l'Unedic. "Des heures supplémentaires ou des CDD en plus ont été décidés pour qu'il en reste le moins possible fin décembre et pour être en ordre de marche pour la fusion des Assedic avec l'ANPE", ajoute-t-il. Les causes de cet engorgement : "Un effet saisonnier marqué par un nombre accru d'inscriptions en fin d'année" et "la situation économique, qui pèse aussi".



Le nombre de chômeurs inscrits à l'ANPE (catégorie 1) a affiché en octobre sa 6e hausse mensuelle consécutive, avec un bond de 46 900 portant leur total à plus de 2 millions. Résultat, "des milliers de dossiers traînent dans chaque région et nous ne sommes pas en mesure de verser les allocations des personnes dont les dossiers d'indemnisation n'ont pas été étudiés", explique Stéphane Guillou (CGT Assedic).



D'autant que les syndicats ajoutent un autre motif aux retards : la fusion programmée en janvier de l'ANPE et des Assedic, "mise en œuvre à la hussarde" selon Françoise Kermongant (FO Unedic). Selon elle, "3 000 à 10 000 dossiers sont en retard selon les régions", et "les directions des Assedic ont demandé des volontaires pour faire des heures supplémentaires les vendredis soir ou les samedis". "Il faut qu'il n'y ait pas trop de chômeurs sans ressources trop longtemps, surtout avant les fêtes", ajoute Mme Kermongant. "On craint des tensions si ça continue", prévient Bernadette Crisinel (CFDT Unedic), qui comptabilise "entre 20 % et 42 % de dossiers en attente de traitement, conséquence de la crise et des préparatifs de la fusion". Le secrétaire d'Etat à l'emploi, Laurent Wauquiez, a souligné jeudi à Belfort qu'il voulait que la fusion soit bouclée "pour la fin du deuxième trimestre 2009".



"Un dossier traité en retard, c'est un chômeur indemnisé en retard", a déclaré à l'AFP Jean-Marc Cavagnara (CFDT). "On est dans un contexte de crise sans précédent : les dossiers s'accumulent et on ne répond qu'à un appel sur dix", a renchéri Stéphane Vinclair (SUD). Pierre Peladan, directeur adjoint des Assedic Alpes-Provence, confirme l'existence d'"environ 6 000 dossiers en retard". "Notre priorité est qu'avant Noël l'ensemble des dossiers payables soient payés en temps et en heure", explique-t-il. "Pour cela, nous avons un renfort de 42 CDD" et l'accueil sera "fermé le 16 décembre pour permettre de faire du traitement de dossiers". Selon lui, 200 CDD ont été recrutés au plan national pour gérer cette "situation exceptionnelle".



Les syndicats nationaux de l'ANPE et des Assedic doivent discuter, lundi, d'une action éventuelle commune, une semaine après une grève qui a mobilisé près d'un agent de l'ANPE sur deux. Samedi, quelque 2 000 demandeurs d'emploi ont défilé à Paris et réclamé "des indemnités pour tous". Ils se sont dits inquiets que la négociation en cours sur l'assurance-chômage "n'exclue un plus grand nombre de chômeurs".

Ra

Publié dans Politique Sociale

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