Réunion du PSE à Madrid avec Martine Aubry

Publié le par Cohérence et Espoir 94



 

MADRID CORRESPONDANT


Un hôtel anonyme au bout de la banlieue madrilène, entre l'autoroute et les pistes de l'aéroport. C'était pourtant l'endroit rêvé pour la première sortie officielle de Martine Aubry, lundi 1er décembre, à l'occasion du conseil du Parti socialiste européen (PSE).



N'est-il pas réconfortant de se retrouver entre socialistes que rien ne semble diviser? Les quelque deux cents délégués du PSE, qui rassemble les partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes des vingt-sept pays de l'Union européenne, ont adopté dans une unanimité sans faille le "Manifesto" (Le Monde du 2décembre), un texte qui doit servir de plate-forme commune pour la campagne des élections européennes de juin 2009.



Quelle satisfaction également, à titre personnel, de constater qu'au niveau international sa légitimité ne fait pas débat. La nouvelle première secrétaire du Parti socialiste français a été accueillie avec chaleur dans la famille. Plusieurs orateurs ont fait acclamer "la dernière arrivée parmi les leaders socialistes européens". Tant le président du PSE, Poul Nyrup Rasmussen, que le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, ont réservé dans leurs discours un message personnalisé de bienvenue à "Martine". Peu importe qu'on ne l'appelle pas la "Zapatera", Mme Aubry était chez elle à Madrid, au point de soigner sa popularité par quelques mots de castillan en conclusion de son intervention.



"SOULAGEMENT"

Selon la patronne du PS, la crise du parti français n'aurait pas monopolisé les conversations lors du dîner offert par le président espagnol. "Tous les leaders m'ont dit qu'ils avaient les mêmes problèmes chez eux, ça m'a rassurée", s'amuse Martine Aubry. Dans son entourage, on a noté "le soulagement" des responsables socialistes européens de voir la crise française enfin refermée. "Ils sont contents de nous retrouver en ordre de marche et combatifs à leurs côtés", a résumé la première secrétaire.



Loin de la Rue de Solférino, elle n'a toutefois pas pu éluder toutes les questions relatives à l'avenir proche du PS : "Nous allons présenter un projet politique au conseil national, a-t-elle rappelé. Tous ceux qui souhaitent venir travailler avec nous sur cette ligne sont les bienvenus." Les élections européennes de 2009 sont "un rendez-vous que nous n'avons pas le droit de manquer", a ajouté Mme Aubry. Or, "la gauche ne peut l'emporter dans les pays que si elle a un projet pour l'ensemble de l'Europe".



Dans le manifeste adopté à Madrid, elle retrouve "le volontarisme et l'enthousiasme des pères de l'Europe". Au cours d'une table ronde, la socialiste française a approuvé tous les aspects d'un texte qui "ne se contente pas de quelques mesures de régulation face à la crise" mais "propose aux Européens l'espoir d'un nouveau modèle dans lequel l'économique prend le pas sur le financier".



Identifiée par la plupart des socialistes européens pour son action dans le gouvernement de Lionel Jospin, l'ancienne ministre s'est trouvée en phase avec la tonalité générale d'une assemblée qui a stigmatisé "l'échec social, moral et économique du néolibéralisme". Rappelant son "attachement personnel à la question sociale", elle s'est réjouie de trouver dans le "Manifesto" de "nombreuses solutions concrètes en faveur de l'Europe sociale". A l'applaudimètre, c'est à cet instant que Martine Aubry a connu son meilleur succès.



Jean-Jacques Bozonnet
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