Le chômage au plus haut aux Etats-Unis

Publié le par Cohérence et Espoir 94

L'économie américaine a perdu 533 000 emplois en novembre et le taux de chômage du pays a atteint 6,7 %, le niveau le plus haut depuis quinze ans, a annoncé vendredi 5 décembre le département du travail américain, en se basant sur les chiffres corrigés des variations saisonnières. La destruction mensuelle de 533 000 emplois, deux fois plus qu'attendu, est la plus importante depuis plus de trente ans. Ces chiffres sont d'autant plus mauvais pour l'économie que le gouvernement avait déjà revu en forte hausse le nombre d'emplois détruits au cours des deux mois précédents : 320 000 en octobre, alors que 240 000 étaient prévus, et 403 000 en septembre contre 284 000 prév



Ces chiffres catastrophiques ont aussitôt fait réagir la classe politique américaine, notamment Barack Obama. Le prochain président américain, qui entrera en fonctions le 20 janvier, a appelé à prendre des mesures "urgentes" pour aider les Américains à retrouver un emploi et stimuler l'économie. Il avait déjà détaillé son plan de relance économique, dont le but affiché est de créer 2,5 millions d'emplois en deux ans et qui pourrait coûter 500 milliards d'euros. La Maison Blanche s'est, quant à elle, dit "très inquiète" de ces données et s'est engagée à poursuivre ses efforts pour y remédier.



10 MILLIONS DE CHÔMEURS

Les conclusions du département du travail rapportent que le taux de chômage a augmenté de 0,2 point par rapport au mois d'octobre. Depuis l'entrée en récession des Etats-Unis, en décembre 2007 selon le Bureau national de la recherche économique, le taux de chômage est monté de 1,7 point, ce qui représente plus de 2 millions de chômeurs supplémentaires. Le nombre de chômeurs dépasse ainsi la barre symbolique des 10 millions de personnes et les personnes touchées par le chômage de longue durée sont désormais 2,2 millions, une hausse de près de 65 % depuis le début de l'année.



Pour l'actuel président George W. Bush, les chiffres publiés vendredi "reflètent le fait que [l'économie américaine] est en récession". Officiellement, l'économie américaine est entrée dans ce stade depuis douze mois, et se rapproche des récessions des années 1970 et 1980. La destruction d'emplois a été ressentie dans tous les secteurs de l'économie, mais plus particulièrement dans l'industrie, qui a perdu 163 000 emplois, et dans les services, qui ont supprimé 370 000 emplois. Ce dernier secteur représente 80 % des emplois aux Etats-Unis et concentre "environ deux tiers des suppressions d'emplois récentes", note le département du travail.



LE SECTEUR AUTOMOBILE DOS AU MUR
Au niveau des entreprises, la perte d'emplois a été concrétisée ces derniers jours par les annonces de plans sociaux chez le leader des télécommunications AT&T, qui va supprimer 12 000 postes, ou encore chez JP Morgan Chase.


Les seuls secteurs qui ont créé des emplois en novembre ont été ceux du gouvernement, de l'éducation et des services à la santé. L'annonce vient confirmer la mauvaise santé de l'économie américaine, qui devrait encore s'aggraver dans les prochains mois. Selon une étude du cabinet de conseil spécialisé Challenger, Gray & Christmas, les prévisions de licenciements ont atteint leur plus haut niveau depuis sept ans en novembre : 181 671 suppressions sont envisagées, soit une hausse de 61 % par rapport à octobre et de 148 % en un an.



Ces mauvaises nouvelles interviennent également alors que les dirigeants de General Motors, Ford et Chrysler étaient auditionnés par la commission des services financiers de la Chambre des représentants. Les trois entreprises étaient à la recherche d'une enveloppe de 34 milliards de dollars, jugée vitale pour relancer leur activité.


L'élu démocrate Barney Frank, qui préside la commission, a prévenu qu'au vu des nouvelles données du chômage, une aide financière devenait urgente pour éviter des faillites catastrophiques. Une idée partagée par George W. Bush, qui a cependant pris ses distances avec l'hypothèse d'un financement public qui ferait partie du plan Paulson de 700 milliards de dollars.



M. Bush a au contraire plaidé pour que 25 milliards de dollars de prêts du département de l'énergie, destinés à l'origine à aider les constructeurs à développer des voitures propres, soient utilisés pour empêcher les faillites de ces derniers. Cette aide financière serait accompagnée de contreparties. "Ces compagnies [doivent faire] les choix difficiles dans tous leurs secteurs d'activité et [prouver] que non seulement elles peuvent survivre, mais prospérer", a-t-il estimé, demandant au Congrès de "prendre une décision la semaine prochaine".

 



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