Vives réactions après l'arrestation de M. de Philippis

Publié le par Cohérence et Espoir 94



Martine Aubry s'indigne notamment des «méthodes judiciaires inadmissibles dont a été victime» l'ex-directeur de la publication de «Libération».


La première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a demandé samedi à Nicolas Sarkozy une enquête "dans les plus brefs délais" sur l'interpellation de l'ex-directeur de la publication de Libération, Vittorio de Filippis, pour une simple affaire de diffamation.



Elle s'indigne des "méthodes judiciaires inadmissibles dont a été victime" M. de Filippis et apporte "tout son soutien" au journaliste et à sa famille "choqués par cette interpellation de toute évidence totalement injustifée".



Peu de temps avant, l'UMP, par la voix de l'un des ses porte-parole, Frédéric Lefebvre, a également demandé une enquête sur l'interpellation du journaliste.



"Le traitement subi par le responsable de Libération, arrêté dans le cadre d'une affaire de délit de presse non passible de prison, paraît surréaliste", s'indigne M. Lefebvre dans un communiqué.



"La méthode utilisée dans une simple affaire de diffamation semble tellement disproportionnée qu'elle nous parait devoir donner lieu à une enquête. Cette histoire est d'autant plus regrettable qu'elle intervient en pleins états généraux de la presse", ajoute le porte-parole du parti majoritaire.



"Il faut donc en profiter pour mettre à l'ordre du jour de ces états Généraux la question des procédures utilisées à l'encontre de la presse par les autorités judiciaires", propose le député des Hauts-de-Seine.



Le ministère de l'Intérieur a réagi, en fin de journée

"Dans une affaire comme celle-là, la police est à la disposition du juge d'instruction et c'est le juge d'instruction qui décide des modalités de l'interpellation, de l'heure...", a indiqué un porte-parole du ministère interrogé par l'AFP.



Aujourd'hui directeur du développement du journal, Vittorio de Filippis a été interpellé à son domicile vendredi vers 6h30 par des policiers qui l'ont conduit au commissariat du Raincy (Seine-Saint-Denis), la commune où il réside.



Il a été mis en examen au tribunal de Paris par la juge Muriel Josié, pour «diffamation publique» envers Xavier Niel, fondateur du fournisseur d'accès internet Free.



Sur le site du journal, Vittorio de Filippis affirme avoir été arrêté sans ménagement et insulté devant l'un de ses deux fils, âgés de 10 et 14 ans, lesquels sont restés seuls tandis qu'il était emmené au commissariat. Interrogé au commissariat, il sera acheminé menotté au dépôt du tribunal, où il sera enfermé et déshabillé à deux reprises avant d'être conduit devant la juge, selon ses dires.



Sur les conditions de l'interpellation de M. de Filippis, le porte-parole du ministère a ajouté: «Je ne sais pas quel comportement [Vittorio de Filippis] a adopté, mais sur le fait d'envoyer la police le chercher, c'est du ressort du juge d'instruction et nous n'avons pas de commentaires à faire là-dessus.»



Une source policière avait indiqué plus tôt samedi que M. de Filippis aurait «pris de haut» les policiers «irréprochables» venus l'interpeller sur ordre de la juge, après que celle-ci eut délivré un mandat d'amener, le dirigeant de Libération n'ayant pas répondu à une convocation.



 (Source AFP)

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Publié dans Droits de l'Homme

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