La barre des 2 millions de chômeurs atteinte

Publié le par Cohérence et Espoir 94


 


Le ministère de l'emploi a indiqué jeudi 27 novembre que le nombre de chômeurs inscrits à l'ANPE en catégorie 1, qui sert de baromètre de référence, a augmenté de 2,4 % en octobre par rapport à septembre et de 4, 4% sur un an.

Cela représente une augmentation de 46 900 personnes.



Néanmoins, le nombre de demandeurs d'emploi ne devrait pas exploser, en raison de deux amortisseurs : la moindre progression de la population active, due au papy-boom. Au tout début des années 2000, la différence entre le nombre de jeunes qui entraient sur le marché du travail et les seniors qui le quittaient, était, en moyenne, de 200 000 personnes. Un chiffre qui tombe actuellement à 40 000. Deuxième amortisseur : la création par le gouvernement de 100 000 contrats aidés va permettre aux plus fragilisés d'entrer dans un dispositif qui leur permettra de se former, de percevoir une rémunération, de se loger, de consommer. Leurs bénéficiaires ne sont pas pris en compte dans les statistiques du chômage.



In fine, en dépit de la dégradation de l'activité, le taux de chômage devrait atteindre, seulement, 8,1% à fin 2009.

Beaucoup d'entreprises mettent au chômage partiel leurs salariés. C'est une mesure d'urgence…



Le chômage partiel est une mesure traditionnellement utilisée lors d'une chute d'activité. Cela n'a rien de nouveau. Face à un ralentissement, les entreprises réagissent généralement en trois temps. D'abord, elles réduisent le nombre d'heures supplémentaires et organisent du chômage partiel. Si cela ne suffit pas, elles renoncent à leurs intérimaires et ne renouvellent pas les salariés en contrat à durée déterminée (CDD). Et enfin, elles procèdent à des licenciements économiques.



Les statistiques montrent qu'en France, en moyenne annuelle, lors d'un ralentissement, on place 300 000 personnes en chômage partiel. Actuellement, le rythme est plutôt de 80 000 à 100 000. Pourquoi ?

Il faut voir là un effet bénéfique des 35 heures, qui a permis à nombre d'entreprises d'annualiser le temps de travail et donc d'améliorer leur flexibilité. Les 35 heures limitent donc le recours au chômage partiel car les directions des ressources humaines demandent plutôt aux gens de prendre des RTT…



Le gouvernement appelle aujourd'hui les entreprises à recourir au chômage partiel, mais en même temps, incite à "travailler plus pour gagner plus", souhaitant le développement des heures supplémentaires. N'est-ce pas paradoxal ?

Si, tout à fait. Et cette contradiction nuit dans certains cas aux intérimaires.



D'autres mesures prises par les pouvoirs publics sont-elles contreproductives ?

C'est typiquement le cas du renforcement du contrôle des chômeurs. Cette mesure peut avoir des effets bénéfiques quand la conjoncture est bonne, que les entreprises recrutent et que le chômage est à la baisse. Mais quand les recrutements sont gelés, les demandeurs d'emploi, notamment les plus fragiles, n'ont aucune chance de retrouver un poste, qu'ils soient contrôlés ou non…



Propos recueillis par Marie-Béatrice Baudet

Publié dans Politique Economique

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