Les adhérents trancheront!

Publié le par Cohérence et Espoir 94

LE RECIT DE LA JOURNEE DE DIMANCHE

Fin du congrès de la discorde. Seul ténor à renoncer au poste de premier secrétaire, Bertrand Delanoë ne donne pas de consigne pour le vote militant de jeudi.

FRANÇOIS VIGNAL, envoyé spécial à Reims

A Reims, jeudi.

A Reims, jeudi. (REUTERS)


14h00 Fin officielle du congrès de Reims. Pas encore de nouveau premier secrétaire pour le PS. Ce sont les militants, jeudi 20 novembre, qui par leur vote décideront du nouveau premier secrétaire. Mais si aucun candidat n'obtient la majorité, ce qui est très probable, un deuxième tour est prévu le lendemain pour départager les finalistes...


13h55 Des cris se font entendre du côté de la salle de restaurant. Ségolène vient-elle saluer une dernière fois les militants? Pas du tout. C'est Eric, le responsable de la sécurité du PS, qui se fait ovationner par ses hommes. Pendant ces trois jours, ils ont parfois mené la vie dure aux journalistes.


13h00 Point presse de Ségolène Royal. «Ce qui se passe ici n'est pas forcement bien compris des Français», dit-elle... «J'ai parfaitement conscience du décalage entre ce qui se passe dans ce congrès et leurs attentes. Mais c'est un passage obligé. Nous avons tout fait pour rassembler les dirigeants socialistes, mais cela n'a pas été possible.»


«Les militants ne veulent plus que le parti ressemble à un champ clos de luttes fratricides», avertit-elle. «Maintenant, la paroles est aux militants. Je les appelle à venir voter massivement. Beaucoup ne sont pas venus voter (le 6 novembre, ndlr). Je pense qu'ils seront beaucoup plus nombreux cette fois. Ils faut qu'ils soient plus sages que certains de nos dirigeants». Question gouvernance justement, elle assure «qu'il n'y aura pas de direction monocéphale».


12h10 Point presse de Martine Aubry, qui répète globalement ce qu'elle a dit à la tribune. «Je continue à dire ce que je peux faire et faire ce que j'ai dit», paraphrasant Lionel Jospin. «Ce congrès est un vrai congrès politique», ajoute la maire de Lille.


11h35 Ségolène Royal est la dernière à monter à la tribune. «La parole est aux militants», commence-t-elle directement. «Tout le monde devra se ranger derrière celui ou celle qui sera désigné par le vote souverain des militants».


«Si je suis élue, l'effort de rassemblement continuera. Nous aurons besoin de toi, Bertrand, et de tes amis», lance-t-elle, alors que la motion du maire de Paris ne présente pas de candidat. «Nous aurons besoin de toi François», dit-elle aussi à destination de son ancien compagnon, François Hollande.


Un peu comme Martine Aubry, elle insiste sur la nécessité d'un PS plus proche des mouvements sociaux: «N'oubliez pas que le jour du vote des militants, le 20 novembre, aura lieu un mouvement de grève dans le service public et l'éducation. Et nous serons à leurs côtés». Continuant d'entonner la petite musique de gauche, elle attaque «la secte des intégristes du marché. Aujourd'hui, ils appellent l'Etat au secours, comme on appelle un domestique pour qu'il éponge les dégâts d'une fête trop arrosée!»


Pensant «à tous les jeunes de toutes les origines qui nous ont rejoints lors de la présidentielle», elle affirme, sous de vifs applaudissements, que «la France a besoin d'eux, le PS a besoin d'eux». Et Royal de terminer: «Rassemblons nous! Socialistes, levons nous!»


11h15 «J'ai tué l'araignée», lance Benoît Hamon, avant de commencer son discours. «C'est regrettable qu'il n'y ait pas de majorité. Mais ce n'est pas grave», dit-il. «Les militants ont montré leur volonté d'un parti clairement ancré à gauche et renouvelé». «Nous devons reconnaître que le PS traverse une crise politique sérieuse. Il hésite sur le projet, l'identité et ses stratégies d'alliance», lance Hamon, qui lie cette crise à celle que traverse «la social-démocratie européenne».


Le moment est donc charnière, selon Hamon, évoquant un «intervalle», «un clair-obscur. Nous ne savons pas où nous allons». «Que le vote des militants jeudi prochain nous apporte des réponses concrètes!»


Revenant à la charge sur la question du Modem, il met les socialistes en garde: «L'alliance avec le Modem est dangereuse. Il veut interdire les déficits publics, c'est-à-dire interdire toute forme de relance. (…) Nous ne pouvons pas gouverner avec un premier ministre libéral!»


Autre point sur lequel Hamon insiste: la diversité et le renouvellement. «Si Obama avait été Français, il aurait dû vieillir de 15 ans» avant de pouvoir être candidat. «Il faut montrer patte blanche dans le paysage politique français, au sens propre comme au figuré!» «Le mécanisme de sélection des élites n'a plus grand chose à voir avec l'idéal républicain.»


Se définissant comme «persévérant», avec de la «constance» et ayant le goût de «l'effort», Benoît Hamon finit par s'adresser aux militants: «Dans ce débat, j'ai l'honneur de vous demander d'être en première ligne».


11h00 Les trois candidats au poste de premier secrétaire prennent la parole 15 minutes chacun. Aubry ouvre le bal. Et surprend quand, dès le début, elle dit «nous ne sommes pas ici dans un congrès d'opposition de personnes». Car pour elle, «la grandeur de la politique, c'est d'aller jusqu'au bout pour défendre ce qu'on croit bien pour le parti». Elle fait confiance aux militants «qui nous ont dit vouloir un parti ancré à gauche».


Quand Martine Aubry s'adresse «à Ségolène», elle s'interrompt: «ah, une petite araignée...je ne sais pas si c'est un signe de bonheur ou de malheur !», rigole-t-elle.


Après avoir rappelé pourquoi elle a refusé l'offre de rassemblement de la motion Royal, elle explique que sa motion et celles de Delanoë et Hamon se sont mis d'accord sur un texe commun la nuit dernière... mais pas sur la personne pour le représenter. Encore ce fameux «dispositif humain», selon les mots du maire de Paris.


Pour Aubry, une obligation s'impose : «Que notre parti soit uni après le vote des militants», et qu'il soutienne «le mouvement ouvrier, les syndicats, les associations!» Salle debout, qui scande «Martine! Martine!».


10h56 Vote sur le rapport de la commission des résolutions. Les délégués lèvent leur carte. «Il faut simplement acter, il n'y a pas de vote contre. Ça fait partie de la liturgie socialiste», précise Malek Boutih.


10h35 Bertrand Delanoë a expliqué qu'en ne briguant pas le poste de premier secrétaire, sa motion (A) avait voulu ne pas «rajouter à ce qui est appelé par la presse "la guerre des chefs"».


Le maire de Paris, qui s'est dit «triste et déçu», a affirmé: «En conscience, en responsabilité, avec toujours cette gravité qui ne nous quitte pas, nous n'aurons pas de candidat au poste de premier secrétaire, parce que ce n'est pas une question de personnes, mais nous voulons une orientation politique dont on déduit le leader du parti».


10h22 Trois candidatures, celles de Martine Aubry, Benoît Hamon et Ségolène Royal, ont été enregistrées à l'heure-limite du dépôt dimanche, auprès du bureau du Congrès PS de Reims, a indiqué l'attachée de presse de François Hollande.


09h43 La maire de Lille Martine Aubry a déposé dimanche matin sa candidature au poste de Premier secrétaire du PS, a-t-on appris dimanche d'un de ses proches.


09h38 La motion Delanoë ne présentera pas de candidat et ne donnera pas de consigne pour le vote militant qui doit désigner jeudi un Premier secrétaire du PS, après l'échec des négociations au Congrès de Reims, a-t-on appris auprès de plusieurs de ses membres.


La motion dirigée par le maire de Paris a décidé de "ne pas présenter de candidat et de respecter la liberté de conscience de chaque militant", a déclaré à l'AFP Kader Arif, secrétaire national PS aux fédérations. "Il ne faut pas ajouter de la division à la division", a renchéri un proche du maire.


03h30 François Hollande assure que «le Parti socialiste aura une majorité après le vote (des militants ) sur le Premier secrétaire». «J'ai pris acte qu'il n'y avait aujourd'hui pas de majorité au Parti socialiste», a-t-il jugé. «La motion de Ségolène Royal a cherché tout au long de la soirée à trouver cette majorité. Elle n'est pas venue. Les trois autres motions ont tenté de faire un rassemblement. Il n'a pas été possible pour des raisons politiques mais aussi pour des raisons humaines - il fallait trouver un candidat commun», a-t-il expliqué. «C'est le corps électoral - les militants du Parti socialiste - qui vont jeudi prochain choisir le prochain ou la prochaine Premier secrétaire», a-t-il poursuivi.


Publié dans Parti Socialiste

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