Barack prêt à entrer dans l'Histoire

Publié le par Cohérence et Espoir 94

Barack Obama prêt à écrire l'Histoire

Inconnu de ses compatriotes il y a quatre ans, et du reste du monde il y a encore un an, Barack Obama est en passe, à 47 ans, d'entrer dans l'Histoire en devenant le premier président métis des Etats-Unis. /Photo prise le 2 novembre 2008/REUTERS/Jason Reed


Inconnu de ses compatriotes il y a quatre ans, et du reste du monde il y a encore un an, Barack Obama est en passe, à 47 ans, d'entrer dans l'Histoire en devenant le premier président métis des Etats-Unis.


"Jamais mon histoire n'aurait été possible dans un autre pays de la planète", soulignait-il lors de la convention démocrate de 2004, dans un mémorable discours qui en fit instantanément l'étoile montante de la politique américaine.


Né d'un père noir kényan et d'une mère blanche originaire du Kansas, Barack Obama est métis, mais pour les Américains ce serait un Noir qui accéderait, s'il était élu, à la Maison blanche, une révolution pour ce pays comme pour le reste du monde.


Pourtant, ce pragmatique en politique, qui a mieux su tirer parti que son rival républicain John McCain de l'irruption de la tempête financière dans la campagne électorale, souhaite être avant tout le premier candidat "post-racial".


"Il n'y a pas une Amérique noire et une Amérique blanche, une Amérique latino-américaine et une Amérique asiatique, il y a les Etats-Unis d'Amérique", disait-il déjà il y a quatre ans.


On retrouve ce refus des étiquettes et son goût du pragmatisme lorsque l'homme évoque ses choix politiques. "Il n'y a pas une Amérique de gauche et une Amérique conservatrice, il y a les Etats-Unis d'Amérique", martèle-t-il, quitte à entretenir l'ambiguïté.


Son éloquence, fortement marquée de lyrisme, suscite bien sûr chez ses partisans les comparaisons avec John Kennedy, premier président catholique, et Robert Kennedy, le frère cadet assassiné en 1968 en pleine campagne électorale pour la présidence.


Mais, pour ses adversaires, Barack Obama est surtout une fabrication médiatique avec un C.V. plutôt mince - sénateur de l'Illinois depuis quatre ans -, une facilité d'expression qui cache de la naïveté en politique étrangère et des options "socialistes" en matière d'économie.


ÉLOQUENCE ET EXALTATION


Pourtant, si les électeurs confirment dans le secret de l'isoloir l'avance qu'accordent les sondages au candidat démocrate depuis maintenant plusieurs semaines, John McCain ne sera que la dernière personnalité politique en date à avoir sous-estimé le jeune sénateur.


Avant lui, Hillary Clinton, soutenue pourtant par son mari Bill et une machine électorale préparée de longue date, avait dû subir la loi de son adversaire à l'issue du marathon des primaires démocrates.


Face à un adversaire âgé de 72 ans, vétéran du Viêtnam et rompu aux mécanismes de Washington, Obama a présenté sa jeunesse comme un atout en brandissant la pureté de ses espoirs et de ses idéaux.


Son ton différent, son éloquence et son exaltation du rêve américain attirent de larges foules et séduisent les jeunes, admiratifs de ce jeune sénateur, charismatique et séduisant, et joueur de longue date de basket.


Obama, chrétien protestant (Eglise unie du Christ), aime à répéter qu'il incarne les origines diverses de la population américaine avec un père noir musulman et une mère blanche chrétienne.


L'une de ses phrases favorites - "Quand vous êtes un homme noir avec pour patronyme Barack Obama et que vous êtes candidat à l'élection présidentielle, il vaut mieux avoir de l'espoir" - a fait mouche à chaque fois dans les meetings.


De ses réflexions sur son héritage culturel, Obama a tiré deux livres, devenus deux best-sellers: "Rêves de mon père: une histoire de race et d'héritage", livre autobiographique centré sur son enfance, et "L'Audace d'espérer", publié en octobre 2006.


UN "TABLEAU BLANC"


Tout en captant largement les voix de l'électorat afro-américain, Obama a cependant tout fait pour éviter d'être présenté comme le candidat d'une minorité et s'est décrit comme "un tableau blanc" sur lequel n'importe quel Américain pouvait projeter ses aspirations.


Depuis le début de son ascension, tous les faits et gestes du sénateur ont été scrutés à la loupe. Ses propos malheureux sur les habitants "amers" des petites villes qui se raccrochent aux armes et à la religion a soulevé un tollé.


De même, il a dû se désolidariser publiquement de son directeur de conscience, le pasteur noir Jeremiah Whright, qui avait accusé la politique des Etats-Unis d'être partiellement responsable des attentats du 11 septembre.


Ce diplômé de Harvard s'est aussi efforcé de prouver qu'il n'était pas le candidat élitiste détaché des réalités du quotidien des Américains décrit naguère par le camp Clinton, et désormais par celui de John McCain.


HAWAII, INDONÉSIE, HAWAII


Né le 4 août 1961 à Honolulu, à Hawaii, Obama a été très vite élevé par sa mère seule, ses parents ayant divorcé quand il avait deux ans. Son père, musulman, revient au Kenya où il est un temps membre du gouvernement du premier président du pays, Jomo Kenyatta. Barack Obama Sr meurt en 1982 dans un accident de voiture.


De l'âge de six à dix ans, Obama suit sa mère en Indonésie. En 1971, il regagne Honolulu. Suivent des études universitaires en Californie, puis à l'université de Columbia à New York. Il commence alors une carrière d'analyste financier, puis devient travailleur social à Chicago.


Obama reprend des études et sort en 1991 diplômé de droit de Harvard. Il devient le premier Afro-Américain à diriger la Harvard Law Review. Cinq ans plus tard, en 1996, il se fait élire pour la première fois au Sénat de l'Illinois. En 2004, il fait son entrée au Congrès des Etats- Unis en tant que sénateur de cet Etat. Marié depuis 1992, il a deux filles.


Version française Eric Faye, Gwénaelle Barzic et Pascal Liétout

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