Bertrand Delanoë : « Il faut un choix net des militants »

Publié le par Cohérence et Espoir 94

dimanche 02.11.2008, 13:19 - La Voix du Nord

 «À Reims, ce sera un congrès historique», dit le maire de Paris, qui veut que soient choisis une ligne et le leader qui la portera. «À Reims, ce sera un congrès historique», dit le maire de Paris, qui veut que soient choisis une ligne et le leader qui la portera.

|  PARTI SOCIALISTE |

Disponible, courtois et passionné, Bertrand Delanoë reçoit dans son bureau de l'hôtel de ville, à Paris, à quelques jours du vote des militants PS. La motion A, dont il est premier signataire, s'appelle « Clarté, courage, créativité ». Il la détaille avec précision et intransigeance et martèle sa conviction : à Reims, il faudra choisir une ligne et le leader qui la défendra ! PROPOS RECUEILLIS PAR ÉRIC DUSSART

 

- On vous dit en perte de vitesse, est-ce vrai ?


« Dans mes déplacements à travers la France, l'accueil est toujours très chaleureux, mais j'observe aussi de la gravité et du sérieux, dans le contexte actuel. Je n'ai pas besoin de connaître les résultats du vote pour avoir confiance dans mes convictions et dans mes camarades. »


- Les militants réclament de la clarté, se fatiguent des querelles de personnes...


« Oui, ce congrès doit apporter renouveau, cohérence et clarté. C'est pourquoi je souhaite vraiment que les militants fassent un choix suffisamment net pour qu'une motion soit en mesure de structurer politiquement le rassemblement indispensable des socialistes. »


- Quelles sont les forces de la vôtre ?


« Justement la clarté, l'efficacité de gauche. La justice sociale implique les moyens opérationnels qui font de l'emploi, du pouvoir d'achat et du service public.


Or, je pense que notre motion est celle qui dessine le mieux, y compris dans la crise internationale, les instruments de la régulation et les priorités qui font par exemple qu'en consacrant 3 % du PIB à la recherche et à l'innovation, on se donne la force pour créer des emplois.


De même, il n'y aura pas de politique de gauche si l'on ne commence pas par remplir les caisses que le gouvernement a vidées.


Le paquet fiscal, tous les socialistes sont d'accord pour le supprimer, mais nous avons été les premiers à mettre l'accent aussi sur la mise à plat des niches fiscales - 72 milliards d'euros par an - et sur la taxation des stock-options.


J'ajoute que nous sommes les seuls à porter une position courageuse que j'assume totalement : la mise sous conditions de ressources des prestations familiales. »


- Daniel Percheron souhaite publiquement un rapprochement entre Martine Aubry et vous. Qu'en est-il ?


« C'est ce que j'ai souhaité dès le mois de mai. Martine l'a refusé au niveau de la contribution, puis de nouveau au moment de la motion. Je respecte totalement sa liberté mais moi, j'ai déjà donné des preuves de mon esprit de rassemblement dans la clarté politique. Je n'ai pas changé et au lendemain du 6 novembre, je serai le même. » -


Nicolas Sarkozy ne mord-il pas sur vos idées, quand il parle de plus d'État dans les banques, de moraliser la finance ?...


« Nicolas Sarkozy est capable à la fois de prononcer le discours de Toulon et de promouvoir les crédits hypothécaires à l'anglo-saxonne ou la retraite par capitalisation, qui ruine aujourd'hui de nombreux retraités américains.


Il ne m'échappe pas non plus que le lendemain de ce discours, il présente un budget de droite qui sacrifie des secteurs comme l'emploi, le logement, l'éducation ou les collectivités locales.


La vérité, au-delà des mots, est qu'il démantèle le service public ou le droit du travail, comme le montrent encore ses annonces, il y a quelques jours. Son action affaiblit le monde du travail et méprise les syndicats, y compris quand il prône le travail le dimanche.


Donc, contrairement à Hugo Chavez, je n'ai aucune envie de l'appeler "camarade"... »


- On vous a reproché d'avoir parlé de libéralisme, dans votre dernier livre. Pourtant, vous fustigiez le libéralisme économique ?


« J'ai même écrit sur le libéralisme économique des choses que j'aimerais voir portées par tous les socialistes, y compris quand ils sont ministres de l'Économie et des Finances ! Mais quand on est un citoyen très engagé, qu'on bénéficie d'une certaine crédibilité auprès des citoyens, on devient une cible.


Depuis la sortie de ce livre, en mai, j'en ai entendu, j'en ai lu ! Or je n'ai absolument pas été sanctionné par les Français dans l'appréciation qu'ils portent sur moi. Ma relation avec eux est intacte ? Peut-être qu'ils sont moins tordus que ce que l'on appelle "le microcosme"... » 

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