Bertrand Delanoë ne doute pas du choix des socialistes

Publié le par Cohérence et Espoir 94

LE MANS (AFP) — Convaincre de miser sur le favori, et non sur les outsiders, sources de "confusion" et de "combinaisons", pour être certain qu'au soir du congrès de Reims, le PS ne sera pas ingouvernable: à une semaine du vote des adhérents, Bertrand Delanoë dramatise l'enjeu, mais sans excès.


Le préféré -et de loin- des sympathisants socialistes pour la succession de François Hollande, selon les sondages, doit cravacher pour rejeter loin derrière ses rivaux Ségolène Royal et Martine Aubry et invite les militants à "s'imprégner de ce moment de gravité" que sera leur vote le 6 novembre sur l'orientation du PS pour les trois ans à venir.


"C'est le congrès le plus incertain et le plus délicat depuis Epinay", date de fondation du nouveau PS en 1971, a-t-il dit aux militants, solennel, mardi à Aubervilliers, où l'accompagnait le strauss-kahnien Pierre Moscovici.


A en croire des titres de presse, sa campagne "patine". Mais le maire de Paris se dit "serein", parce qu'il pense que "les militants sont réfléchis". "Je suis sûr d'une chose: je ne peux pas douter de vous", déclare-t-il à une centaine d'entre eux réunis mercredi au siège de la fédération de la Sarthe, au Mans.


Moins présent dans les médias et moins réactif à l'actualité au jour le jour que Mme Aubry, M. Delanoë, 59 ans et "36 ans de parti" à son actif, visite le parti profond. Entendez: les cadres provinciaux, ceux qui ont toujours fait les majorités au PS. En termes de soutien d'élus, il a un petit avantage sur la maire de Lille, et bien plus encore sur Mme Royal. "C'est le +vieux parti+ qui va faire la décision", se rassure une de ses alliées.


Celui qui sillonne les fédérations depuis le mois de mai n'a pas modifié d'un iota son argumentaire et son type de campagne. Pour le moment, il parle à ses camarades plus qu'aux Français.


"Clarté, vérité, cohérence", tels sont les maîtres-mots du vocabulaire delanoïste. "Notre motion ne fait aucune concession à l'électoralisme ou à la tactique interne", plaide M. Delanoë. "Nous ne sommes pas en train de dire: +Demain, on rase gratis!+, pour redistribuer, il faut d'abord créer de la richesse".


Régulièrement, il se tourne vers François Hollande, son allié. C'est le parti légitimiste. Là où eut lieu le dernier congrès du PS (2005), le premier secrétaire est venu dire son souhait de "transmettre le témoin" au fidèle d'entre les fidèles de Lionel Jospin.


Bertrand Delanoë prend sans complexe la défense de "tout" l'héritage socialiste, à la différence de Ségolène Royal. Car "pour construire du neuf en socialisme, il faut d'abord exprimer une gratitude" à ceux qui se sont mis à son service. "Fidélité", donc.


Fidélité aux militants dont le vote "doit être respecté, quelqu'il soit". Fidélité au premier secrétaire. "Je constate que des camarades qui sont dans l'équipe de direction n'assument pas leur travail partagé", tacle-t-il à l'adresse de Martine Aubry, secrétaire nationale.


Fidélité encore en la stratégie de rassemblement de la gauche, en désaccord sur le sujet avec Ségolène Royal. "Les alliances, ça se fait dans la clarté", tranche le maire de Paris, qui a refusé en mars un accord avec le MoDem dans la capitale.


Lui, seul avec Benoît Hamon à être candidat déclaré à la direction, prétend mettre "tout sur la table". C'est au nom de cette "clarté" qu'il invite ses auditeurs à choisir derrière lui "l'orientation politique en mesure de structurer le rassemblement des socialistes".


François Hollande insiste: "donnez une majorité claire au Parti socialiste".

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