Les sociaux-démocrates tchèques gagnent les élections régionales et sénatoriales

Publié le par Cohérence et Espoir 94


L'opposition social-démocrate a remporté haut la main les élections sénatoriales, samedi 25 octobre, écrasant le parti libéral (ODS) du premier ministre Mirek Topolanek qui ne pourra plus bloquer la ratification du Traité de Lisbonne. Une semaine après la débâcle essuyée aux élections régionales, cette nouvelle défaite électorale affaiblit considérablement le parti au pouvoir et la coalition de centre-droit, alors que le pays se prépare à prendre début janvier la présidence de l'Union européenne.


Les sociaux démocrates ont remporté 23 des 27 sièges en lice, tandis que les libéraux de l'ODS obtenaient trois sièges et les communistes un. Les libéraux qui contrôlaient 41 des 80 sièges sénatoriaux depuis 2006 ne sont désormais plus majoritaires au Sénat mais ils conservent le contrôle de la chambre haute grâce leurs partenaires de coalition. Les eurosceptiques de l'ODS n'ont cependant plus assez de voix pour bloquer la ratification du Traité de Lisbonne qui doit être présenté aux deux chambres du Parlement une fois que la Cour constitutionnelle aura rendu son avis, attendu le 10 novembre. Leur affaiblissement risque également de retarder le processus de ratification de l'accord bilatéral entre Prague et Washington sur l'installation d'un radar antimissile sur le sol tchèque, projet qui a suscité l'hostilité de l'opinion publique et qui divise les parlementaires.


Les résultats officiels à peine publiés, le chef des sociaux-démocrates, Jiri Paroubek, a appelé à des élections anticipées. "Le résultat de ces élections va permettre la démission du cabinet et la tenue d'élections anticipées l'an prochain", a-t-il déclaré à la télévision. Cette semaine, les sociaux-démocrates ont déposé une motion de censure mais n'ont pas réussi à obtenir le nombre de voix nécessaires pour faire tomber le gouvernement. Le premier ministre a en effet réussi à convaincre les députés qu'il fallait maintenir le gouvernement en place pour une meilleure gestion de la présidence européenne que le pays doit assurer à compter du 1er janvier 2009, après la France. Sa survie à la direction du parti devient cependant de plus en plus incertaine : alors que plusieurs membres de son parti avaient déjà commencé à demander sa tête après la défaite essuyée aux élections régionales, le président du Sénat a estimé samedi que "le chef du parti porte toujours la plus grande responsabilité" après ce scrutin. "Pour moi, cela signifie que je dois décider si je me présenterai ou non comme président du parti", a répondu le premier ministre à la télévision. Son parti doit se réunir en congrès début décembre pour renouveler sa direction.


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