Le G7 est pour une nationalisation partielle des banques!

Publié le par Cohérence et Espoir 94


WASHINGTON ENVOYÉ SPÉCIAL


Il faudra attendre l'ouverture des Bourses européennes, lundi 13 octobre, pour savoir si les marchés saluent par une reprise des cours ardemment espérée le "plan d'action" adopté, le 10 octobre, par le G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon).


La première des cinq mesures de ce plan prévoit que toutes les institutions financières importantes seront protégées – et par tous les moyens – de la faillite. Cela signifie qu'une partie des 700 milliards de dollars (518 milliards d'euros) prévus par le plan Paulson pour débarrasser les banques américaines de leurs actifs toxiques servira à recapitaliser les établissements mal en point, afin d'éviter la répétition des conséquences désastreuses du refus de sauver Lehman Brothers.


Henry Paulson, le secrétaire au Trésor américain, a pris soin de préciser que l'acquisition par l'Etat de titres des banques ne donnerait pas à celui-ci de droits de vote, sauf quand il s'agira "de protéger les droits d'actionnaire" de la puissance publique. Il n'empêche qu'il s'agit d'une quasi-nationalisation à laquelle l'administration Bush se refusait jusqu'à présent et qui sera offerte à "une large palette d'institutions financières". Les premiers bénéficiaires pourraient être deux banques en grande difficulté, Morgan Stanley et National City.


Peer Steinbrück, le ministre des finances allemand, a applaudi. Christine Lagarde, son alter ego français, a déclaré : "Ecoutez ce que Henry Paulson a annoncé : nous entrons dans un monde nouveau." Quant à Barack Obama, le candidat démocrate à la Maison Blanche, il a approuvé car, a-t-il dit, ce n'est plus "l'heure de l'idéologie, mais celle du bon sens et du pragmatisme".


Les quatre autres points du "plan d'action" sont tout aussi pratiques et tiennent en un feuillet de 23 lignes d'une concision et d'une clarté inhabituelles pour un texte du G7. Car celui-ci a compris que la panique qui a saisi, vendredi 10 octobre, les Bourses mondiales venait de leur incompréhension des mesures de sauvetage égrenées dans le désordre par les gouvernements depuis deux semaines.


Dans le deuxième point, les Sept disent vouloir débloquer le crédit et le marché monétaire en garantissant aux banques "un large accès aux liquidités". Le troisième point promet aux établissements financiers de pouvoir lever, autant que de besoin, des capitaux d'origine publique autant que privée "afin de rétablir la confiance et de leur permettre de continuer à prêter aux ménages comme aux entreprises".



"PROTÉGER LES CONTRIBUABLES"


Le point 4 certifie que des garanties "robustes et cohérentes" seront données aux dépôts des particuliers. Le cinquième prévoit de contribuer au redémarrage du marché hypothécaire, ce qui suppose une "valorisation convenable et une transparence" des actifs.


Le communiqué du G7 se clôt sur plusieurs pétitions. Deux d'entre elles seront abondamment commentées. "Ces actions seront conduites de façon à protéger les contribuables", stipule le texte. Ce qui signifie notamment que le fardeau du sauvetage des banques ne pèsera pas seulement sur les budgets publics, mais qu'il sera aussi réparti entre les actionnaires d'origine, qui verront leur poids diminué, et les dirigeants des établissements, qui seront sanctionnés pour avoir failli.


Le G7 assure enfin qu'il apporte un soutien total au Fonds monétaire international (FMI) dans sa mission d'assistance aux pays mis en péril par la crise financière. Les Septont entendu les protestations venues des pays en développement, et notamment celles du G24, qui estime que l'aide alimentaire d'urgence de 1,2 milliard de dollars mis en place par la Banque mondiale est une aumône en comparaison des centaines de milliards de dollars affectés au secours des banques et des économies occidentales.


Le FMI dispose d'une capacité financière de 250 milliards de dollars qu'il est en mesure d'affecter aux pays en panne de liquidités, essentiellement sous forme de prêts. Certes, une telle somme serait insuffisante pour tirer d'affaire un pays européen, mais elle serait adaptée au sauvetage d'économies de la taille de l'Islande ou de l'Indonésie.


Alain Faujas

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