La crise n'explique pas tout, M. Sarkozy!

Publié le par Cohérence et Espoir 94


De "l'Hebdo des socialistes"
N°502

Face à l’ampleur de la crise financière internationale, le gouvernement et le président de la République ont changé de langage. Alors que la crise devait s’arrêter aux frontières françaises, elle est maintenant responsable de la dégradation de la conjoncture et de l’emploi. Dans son discours de Toulon, Nicolas Sarkozy a usé de la dramatisation, mais sans avancer la moindre proposition.

Or, la vulnérabilité de la France à la crise ne provient pas de la fragilité de son système bancaire, mais de la politique menée depuis au moins un an et demi. Les faits sont têtus : le pouvoir d’achat, priorité affichée du gouvernement, a reculé cette année de 0,4 point. Les signes de dégradation profonde de la conjoncture se multiplient (croissance négative au deuxième trimestre, recul de la consommation et effondrement du moral des industriels), au point que la France risque d’entrer en récession au troisième trimestre. Le moral des ménages est au plus bas et la situation de l’emploi ne cesse de se dégrader.

Monsieur Sarkozy ne craint d’ailleurs aucune contradiction : il a vanté pendant la moitié de son discours l’intervention de l’État dans l’économie pour répondre à la crise, avant d’annoncer une amplification de la politique de régression sociale et de démantèlement de l’État mise en oeuvre depuis son élection. Le projet de budget pour 2009 est déjà complètement dépassé et va aggraver la situation. Le chômage explose, mais le budget du ministère de l’emploi est réduit, la crise immobilière prend de l’ampleur, mais là encore, le budget du ministère du logement diminue…

En définitive, le président et le gouvernement tirent aujourd’hui prétexte de la crise économique pour justifier l’accélération d’une politique d’austérité à l’égard des catégories moyennes et populaires et le budget s’avère complètement inadapté pour sortir de la crise.

Michel Sapin,
secrétaire national à l’Économie

Publié dans Parti Socialiste

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