Hollande: La récession est là!

Publié le par Cohérence et Espoir 94

« La récession est là »

FRANÇOIS HOLLANDE, premier secrétaire du Parti socialiste

Propos recueillis par Philippe Martinat | 03.10.2008, 07h00
 

Comment expliquez-vous que Fillon bénéficie toujours d’une meilleure cote de confiance que le président ?


Francois Hollande.
C’est sans doute parce que le pouvoir s’est déplacé vers l’Elysée. François Fillon apparaît comme un acteur secondaire. Il porte donc moins la responsabilité de l’échec que celui qui prend des décisions tous les jours, sans que le Premier ministre soit forcément informé.



Dans la gestion de la crise, que reprochez-vous à Nicolas Sarkozy ?

Je lui reproche de faire de la communication plus que de la stratégie. Le président de la République fait des annonces chaque jour, mais il ne donne pas une lisibilité à son action. Je pense à toutes ces annonces qui se sont multipliées sur le livret A, qui ont davantage inquiété que rassuré, sur le rachat de programmes de promoteurs immobiliers, alors que les crédits du logement baissent dans le budget 2009. Je pense aussi à sa réaction sur les chiffres du chômage, alors que les crédits pour les emplois aidés reculent. La parole de Sarkozy est toujours contredite par ses actes.

Mais le PS n’est toujours pas crédible aux yeux des Français…

Les socialistes doivent démontrer qu’ils ont des propositions. Je veux que, lors du débat au Parlement la semaine prochaine, la gauche et les socialistes montrent qu’il y a une sortie de crise possible à l’échelle internationale, européenne et nationale.

AToulon, le président avait lâché le mot « récession » Est-elle là ?

Oui, la récession est là : elle est installée depuis le début de l’année 2008, sans doute depuis mars. Cela veut dire que les choix, notamment fiscaux, qui ont été faits au lendemain de la présidentielle par Nicolas Sarkozy se sont révélés décalés, inefficaces et injustes. Ils ont amplifié la secousse venant de l’environnement international. C’est pourquoi le président ne peut pas se défausser. C’est sa politique qui est en échec. En 2008, la croissance sera largement inférieure à 1 %, alors qu’elle avait été annoncée à plus de 2 %.

Faut-il, comme le suggère Henri Guaino, le conseiller du président, s’exonérer des critères du traité de Maastricht limitant les déficits budgétaires à 3 % ?

C’est déjà fait ! Compte tenu de ce que l’on sait de la croissance faible et de la dérive des dépenses publiques, nous avons déjà dépassé la norme des 3 %. Le gouvernement a donc manqué à tous ses engagements européens et laissé filer l’endettement public largement au-dessus de 66 % de la richesse nationale, un record !

Mais les critères de Maastricht sont-ils toujours pertinents ?


Nous sommes les plus mal placés pour demander qu’on s’exonère de ces contraintes, puisque nous nous sommes affranchis de toute discipline. Ce qui est grave c’est que, à l’inverse de l’Allemagne, nous n’avons pas engrangé durant ces dernières années des excédents qui nous permettraient aujourd’hui d’utiliser ces marges de manoeuvre pour relancer l’activité.

Henri Guaino estime que, du fait de la crise, le temps n’est plus au débat…

Dans la période actuelle, mieux vaut avoir un débat sur les décisions à prendre plutôt que d’en prendre de mauvaises.

Publié dans Politique Générale

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article