Le Sénat américain vote le plan Paulson

Publié le par Cohérence et Espoir 94

Les deux candidats à la Maison Blanche, Barack Obama et John McCain, sénateurs tous les deux, ont fait le déplacement pour approuver le plan de sauvetage des banques de 700 milliards de dollars.

 

PHILIPPE GRANGEREAU

Le Capitole où siège le Sénat.

Le Capitole où siège le Sénat. (REUTERS)

Le Sénat américain a adopté mercredi soir une version étoffée du plan de sauvetage de Wall Street par 74 voix contre 25. Les deux candidats à la Maison Blanche, le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain, sénateurs tous les deux, ont fait le déplacement pour approuver le texte. Obama, qui ne cesse de progresser dans les sondages, a comparé la crise à «l'incendie d'une maison» qu'il importe avant tout d'éteindre au plus vite.

Mais rien n'indique que la Chambre des représentants va suivre l'exemple du Sénat. Les 435 députés de la Chambre, qui ont lundi rejeté le plan d'un montant de 700 milliards de dollars (486 milliards d'euros) par 228 voix contre 205, doivent voter vendredi pour ou contre cette nouvelle version. Celle-ci est identique à la précédente, si ce n'est que trois nouvelles dispositions, appelées «sweeteners (sucrettes)» par les commentateurs, pourraient inciter les rebelles républicains et démocrates à changer d'avis. Les deux premières sont des réductions d'impôts destinées aux entreprises et aux contribuables de la classe moyenne. L'autre rehausse la garantie de l'Etat sur les dépôt bancaires de 100.000 à 250.000 dollars. Elle a pour objectif d'éviter une ruée du public pour retirer leur argent des banques - ce qui est arrivé à la banque Wachovia, rachetée par le géant Citibank cette semaine avec l'aide de l'Etat fédéral.


«Ce plan n'est pas destiné à Wall Street, plaidait mercredi le leader démocrate de la Chambre des représentants, il vise à dégeler le crédit afin d'aider les gens à garder leur travail, à obtenir un prêt pour l'achat d'une voiture». Le leader républicain de la Chambre, John Boehner, à qui on demandait si suffisemment de républicains voteraient pour la nouvelle version du plan s'est dit «optimiste». «Mais je ne peux jurer de rien», a-t-il ajouté.

L'opposition populaire au renflouement de Wall Street semble se maintenir. Dans les émissions de télévision où le public est convié à intervenir, le plan est décrit comme un «cadeau de noël» pour les financiers, tandis que d'autres appellent à des poursuites judiciaires contre les responsables de la débâcle. Une analyste affirmait hier que «dix mille maisons sont saisies chaque jour dans le pays», et que «le plan de sauvetage ne fait rien pour les aider ces propriétaires en pleine déconfiture». Les démocrates du Congrès ont en effet renoncé à inclure dans le texte du plan des clauses à même de soulager ces victimes, dans l'espoir que leurs collègues républicains, qui sont réfractaires à de telles mesures, votent en faveur du plan. Un élu républicain de la Chambre affirmait hier que 1% seulement des courriers électroniques de ses administrés soutenait plan de sauvetage. Or les députés sont peu enclins à naviguer contre ce raz-de-marée de protestation, par crainte de perdre leur sièges, qui sont tous renouvelés le 4 novembre. Ces contingences électorales concernent moins le sénat qui, lui, n'est renouvelé qu'au tiers.  

 

En attendant, les effets de la raréfaction du crédit commencent à se faire sentir. L'Etat du Maine, au nord du pays, se disait hier incapable d'emprunter pour achever certains travaux d'infrastructure, et de nombreuses municipalités seraient dans le même cas. Les concessionnaires d'automobiles voient leur ventes baisser en raison de l'incapacité de leurs clients potentiels à obtenir un crédit. Plusieurs publicités télévisées invitent même désormais les Américains à acheter de l'or afin de mettre leurs avoirs à l'abri.

Commenter cet article