François Hollande dans le Nord

Publié le par Cohérence et Espoir 94


À Wingles, les ateliers du PS de la fédération du Pas-de-Calais, ont servi, cette année, de préparation au congrès de Reims, au mois de novembre. Militants et élus étaient donc réunis hier salle Michel-Bernard pour préparer une course de longue haleine dont l'échéance est prévue dans un peu plus d'un mois maintenant. Rencontres.


« On ne discutera pas des motions, les militants n'ont pas reçu les textes en temps et en heure » Puisque c'était le thème de ces onzièmes ateliers du PS à Wingles, on pouvait craindre le pire. Dans les rangs des militants, on n'avait que faire de ce curieux contre-temps. «  Si cette réunion ne donne rien, on prépare un Rennes en puissance », soupire ce socialiste lambda liévinois, allusion à un précédent congrès qui avait fait plus de mal que de bien au Parti socialiste. Les attentes de ce même jeune homme étaient simples hier matin : « Six motions sont en place, trois peuvent prétendre à obtenir un tiers des voix. Moi, c'est simple, je prendrai le parti d'une liste qui rassemble. C'est vital pour le PS. » François Hollande n'est pas encore arrivé. Dans les rangs, les discussions sont nombreuses mais concernent toutes le leadership du Parti socialiste.


 « Faut changer petit à petit les cadres dirigeants. Ils sont tous issus d'Épinay ou en sont les héritiers. Ils se sont trop coupés de la base et des jeunes qui ne se reconnaissent plus en eux », insiste-t-on de manière discrète. Frédéric Dziurla, militant liévinois patenté explique, droit dans ses bottes : « Les militants attendent un chef, une voix. Le projet, ça vient après dans les préoccupations du terrain.


 » Passe à cet instant Antoine Détourné. Le président national des MJS (Mouvement des jeunes socialistes), interrogé sur la faculté des jeunes à se faire entendre explique que les moins de 30 ans aspirent avant tout à suivre une orientation clairement définie : « Au MJS, on souhaite prendre toute notre part dans cette quête. on fait des propositions. » La pression monte, les discours s'enchaînent. L'arrivée du premier socialiste est attendue, le ton de son discours aussi. Il arrive. À la tribune, il évoque notamment la nécessité absolue du rassemblement derrière le chef de la liste qui sera sacrée à Reims.


 Dans les rangs, des élus cette fois, on affiche sa satisfaction. « C'est ce qu'on attendait de lui, explique Jean-Pierre Kucheida, au moins, c'est clair pour tout le monde. Avec Daniel Percheron, j'ai beaucoup oeuvré pour cette solution. C'est un moment fort pour les socialistes. » Guy Delcourt, maire de Lens, semble dans les mêmes dispositions : « C'est la sagesse que de dire ça. Pour les partisans de certaines motions, le message a été entendu, c'est notre cas avec Delanoé. Je ne suis pas certain que cela soit vrai pour tout le monde pour l'instant. François Hollande a bien fait d'insister sur ce que doit être le congrès de Reims et l'après. »


Les divergences récurrentes et diverses au sein de l'appareil du PS semblent l'objet de toutes les attentions cet automne. Ça tombe bien ! Laurent, militant, nous explique que « Les querelles d'apparatchiks nous dépassent. On n'en veut plus. » Le message était unanime dans les travées. •
 YVES PORTELLI

Publié dans Parti Socialiste

Commenter cet article