Réaction de Bertrand Delanoé au discours de Sarkozy

Publié le par Cohérence et Espoir 94

Le discours prononcé par Nicolas SARKOZY, près d’un mois après le début de la crise financière mondiale, est loin d’avoir apporté aux Français les réponses crédibles et concrètes qu’ils étaient en droit d’attendre.

Son appel à la « refondation du capitalisme », sa remise en cause de la « toute puissance du marché », sonnent comme autant de critiques implacables de la politique qu’il a menée depuis mai 2007. Quel crédit accorder à cette prise de conscience subite de la nécessité d’une forte régulation publique. Comment appeler à plus d’intervention de l’Etat dans le même temps où l’on lance la privatisation de la poste ? Comment prétendre avoir augmenté les pensions des retraités les plus modestes quand leur pouvoir d’achat a reculé en réalité de 2,4 % depuis un an. Comment revendiquer enfin le refus d’alourdir les impôts pesant sur les entreprises alors même que le Gouvernement a multiplié les nouvelles taxes au cours des derniers mois ?

L’intervention de Nicolas SARKOZY a surtout fait apparaître son impuissance : s’agissant de l’encadrement des rémunérations des dirigeants, le contrôle des établissements bancaires et des marchés financiers, la protection des épargnants et l’accès au crédit des PME, rien de concret ni d’opérationnel n’a été présenté. Alors que d’autres grandes économies européennes comme l’Allemagne et l’Espagne viennent de lancer de puissants plans de soutien à l’investissement, Nicolas Sarkozy nous renvoie à son paquet fiscal de 2007 en faisant semblant d’ignorer que celui-ci a creusé les déficits, favorisé la rente contre le travail et porté atteinte à la confiance des ménages.

Trois priorités auraient dû être au cœur d’une réponse efficace à la crise que nous traversons :
- proposer au niveau européen un ensemble de mesures d’encadrement et de contrôle strict des marchés financiers ;
- lancer un vaste plan d’investissement en faveur de l’économie de l’innovation, la création de nouvelles infrastructures de transport et le développement des économies d’énergie ;
- soutenir nos concitoyens face au recul de leur pouvoir d’achat en conditionnant les aides et exonérations aux entreprises à l’aboutissement des négociations sur les salaires.

Une fois de plus, Nicolas SARKOZY a cherché à répondre au désarroi des Français par des discours là où ils attendaient des actes. Au total, cette absence de réponses nouvelles et crédibles, ce refus de remettre en cause les mesures accordées inconsidérément depuis 16 mois aux catégories sociales les plus favorisées, aboutiront à laisser les salariés et les ménages encaisser seuls le choc de la crise.
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Publié dans Politique Générale

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