Intervention de François Hollande au Conseil National

Publié le par Cohérence et Espoir 94

Gagner le pari de la démocratie

FH Mardi, 23 septembre 2008

La présentation des motions au Conseil national du Parti socialiste a donné l’image que j’attendais, celle d’une formation politique, la seule sans doute en France, capable de présenter des textes alternatifs, d’ouvrir un débat autour d’orientations différentes et d’offrir aux militants un choix démocratique, y compris sur le premier dirigeant.

On pourra se gausser, se moquer, ironiser. On pourra même voir dans ces confrontations des disputes, des conflits. La réalité est beaucoup plus simple : dans une démocratie, il faut du pluralisme, et c’est plutôt là où il n’y en a pas que les sarcasmes, l’ironie, la dénonciation devraient se faire entendre.

Nos commentateurs sont décidément bien surprenants. Quand il y a un garde-chiourme dans un parti qui manie la schlague, le bâton, la carotte, et même la corruption des esprits, on s’indigne mollement, et on dit même parfois “chapeau l’artiste”. Et quand il y a le risque de la démocratie, alors on y voit les pièges de la division.

Il revient aux socialistes de faire la preuve qu’ils peuvent conjuguer cette transparence sur leurs délibérations, cette attente – c’est vrai trop longue- sur l’issue de leur vote, avec l’exigence d’un choix qu’il faut faire. Ce choix permettra au Parti socialiste un nouveau départ conduisant vers le rendez-vous de 2012.

C’est pourquoi j’en appelle à tous les responsables du parti à se conduire en responsables. J’ai confiance dans les militants. Je sais qu’ils auront à cœur de servir l’intérêt général de la gauche et d’être utiles au pays.

Le PS est dans une épreuve de vérité. Il peut en sortir renforcé et dynamisé, mais il peut aussi céder à ses caprices, ses vieux démons, ses jeux personnels, à l’image de ce qu’est la société française et son individualisme.

À nous donc de montrer et de démontrer que, face aux monolithes de la droite, à la soumission des esprits, à la domination du chef, nous savons opposer un modèle démocratique qui conjugue débat, efficacité et crédibilité.

Là est l’enjeu du congrès de Reims pour le pays.

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