6 motions au congrès de Reims

Publié le par Cohérence et Espoir 94

Ouverture du Conseil National du PS, mardi soir.
Ouverture du Conseil National du PS, mardi soir.

Royal, Delanoë, Aubry, Hamon, le «petit» courant Utopia et le pôle écologique ont déposé leurs textes en vue du congrès de Reims, qui désignera le successeur de François Hollande.

Ce sera une partie à six joueurs, dont quatre piliers. Les différentes sensibilités du parti socialiste ont déposé mardi au siège du PS, rue de Solferino, leurs motions en vue du congrès de Reims, avant le «conseil national de synthèse», qui doit en théorie uniquement - leur permettre de trouver un accord entre eux.

Ces textes, qui définissent l'orientation que chaque protagoniste souhaite voir prendre au parti socialiste, seront soumis au vote des militants. Derrière chaque motion, une ou plusieurs personnalités fortes, qui visent le fauteuil de premier secrétaire du Parti, mais aussi des ralliements plus ou moins enthousiastes. Revue de détail.


Ségolène Royal a, sans surprise, déposé une motion en son nom. Baptisée «Tous ensemble, soyons fiers d'être socialistes», elle reprend la plupart des orientations développées par l'ex-candidate à l'époque de la présidentielle. La présidente de la région Poitou-Charentes, qui joue depuis le début la carte du rassemblement derrière sa bannière, a insisté sur le fait que sa motion était celle d'une «équipe». Elle figure d'ailleurs en dernière position des signataires «Le PS doit montrer l'exemple dans les comportements individuels», a déclaré la présidente de Poitou-Charentes. «La fraternité doit être notre talisman». Dans ses bagages, Ségolène Royal amène les "barons locaux" du PS, qui l'ont rallié après avoir lancé leur contribution, «La Ligne Claire», et un soutien de dernière minute : celui de Julien Dray. Pourtant proche de François Hollande, le député de l'Essonne avait longtemps caressé le rêve de réunir le premier secrétaire sortant et l'ex-candidate. Faute d'y être parvenu, il a préféré soutenir celle dont il fut le porte-parole durant la campagne.

 


Bertrand Delanoë, favori des sondages et en position de force depuis le ralliement de François Hollande, est arrivé à Solferino fort d'un nouveau soutien de dernière minute : celui de Pierre Moscovici, qui, isolé, a décidé de ne pas déposer sa propre motion. Un mariage de raison, visiblement. Si l'ancien ministre de Lionel Jospin reconnaît que le maire de Paris «appartient à la famille de pensée social-démocrate qui est aussi la mienne» et qu'il «a développé une offre politique sérieuse», il ne se pâme pas pour autant d'enthousiasme à son égard. «Il m'assure que pour ce qui le concerne, sa candidature au poste de Premier secrétaire ne vaut pas engagement de ceux qui le suivent pour son éventuelle candidature à l'élection présidentielle. Il me promet cette liberté, je la garde», insiste-t-il. Quant à Bertrand Delanoë, il s'est réjoui que les idées de Moscovici trouvent «logiquement leur place au sein du rassemblement de gauche que nous élaborons et dont la dynamique vise à donner aux socialistes les moyens de renouer, demain, avec la victoire», tout en promettant que ce ralliement était exempt de toute arrière-pensée tactique.

 


Martine Aubry l'avait annoncé : elle ira jusqu'au bout. La maire de Lille, en manque de soutiens suffisants pour espérer créer la surprise, a déposé sa propre motion. Un attelage quelque peu improbable, issu des «Reconstructeurs», qui regoupe à les fabusiens et quelques strauss-kahniens (notamment Jean-Christophe Cambadélis), forme la base de ses soutiens. Elle est également portée par les militants PS de la puissante fédération du Nord. Coup de communication ? L'ancien premier ministre Pierre Mauroy, qui fait figure de vieux sage du parti, a annoncé mardi après-midi qu'il soutenait la maire de Lille, estimant qu'elle «suit une ligne de gauche continue qui n'a connu aucun détour, contrairement à d'autres». Lucide, toutefois, Mauroy a également appelé au rassemblement. «Je suis dans la continuité des choix que j'ai faits. Je ne me pose pas tellement de questions, je suis persuadé qu'on se retrouvera tous (au moment du congrès)».

 


Benoît Hamon et Henri Emmanuelli ont réussi leur pari : fédérer la gauche du PS. Ils ont obtenu mardi le soutien de dernière minute de Jean-Luc Mélenchon, qui a souligné une "union historique. Autres soutiens, ceux de Marie-Noelle Lienemann ou de Pierre Larrouturou. Benoît Hamon a également annoncé qu'il présenterait sa candidature officielle à la succession de François Hollande. «Je propose au PS de faire quelque chose de vraiment neuf. L'âge du premier signataire de notre motion marque une volonté de renouveler le parti et de faire qu'il ne soit pas confisqué par une génération», affirme le jeune responsable socialiste.

Restent deux «petites» motions : celle du courant Utopia, mené par Franck Pupunat, qui présente une motion à chaque congrès depuis une dizaine d'années. Pour la forme : lors du précédent congrès, au Mans, elle avait réuni 1,2% des voix. Enfin, le pôle écologique du PS a refusé la main tendue de Royal et préféré présenter sa propre motion.

Six motions, ce n'est certes pas un record (il y en avait sept lors du terrible congrès de Rennes en 1990), mais c'est un mauvais présage. Eparpillé entre des courants puissants, le PS risque de ne pas parvenir à se rassembler autour d'une majorité claire. Il reste moins de deux mois aux protagonistes pour d'éventuels rapprochements.

Publié dans Parti Socialiste

Commenter cet article