"Edvige" doit être retirée

Publié le par Cohérence et Espoir 94

Publié le 10/09/2008 à 18:25

Nicolas Sarkozy a demandé mardi soir à la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Maried'engager une concertation sur le fichier Edvige qui devra être "suivie de décisions pour protéger les libertés". Ce recadrage du chef de l'État a suscité des réactions en cascade. Les opposants à Edvige réclament l'abandon du décret instaurant le fichier comme un préalable, certains exigeant la remise en cause pure et simple de ce dernier.

Le Parti socialiste. Le premier secrétaire du PS François Hollande exige le "retrait" du décret controversé créant le fichier de renseignement Edvige, et demande l'élaboration d'"un nouveau décret permettant l'organisation d'un fichier incontestable et sous contrôle judiciaire". Selon le premier secrétaire du Parti socialiste, "le président de la République a mis un terme à un feuilleton qui commençait à être empoisonnant pour le gouvernement et plus largement pour le pays". Maintenant, "il faut aller jusqu'au bout. Il n'est pas question d'ouvrir une concertation s'il n'y a pas le retrait du décret (...) Il faut prendre les choses dans le bon ordre : d'abord une concertation avec l'ensemble des associations, des syndicats, des partis politiques et des forces vives, ensuite un débat parlementaire pour fixer les garanties, et enfin un nouveau décret", prévient-il avant de préciser : "Ce recul doit être total, mais il ne s'agit pas d'abandonner le fichier." François Hollande se dit favorable à l'élaboration d'"un nouveau décret permettant l'organisation d'un fichier incontestable et sous contrôle judiciaire".

Les Verts. Le parti écologiste réclame le "retrait immédiat" du fichier Edvige, jugeant, lui aussi, "nettement insuffisante" la "concertation" demandée par Nicolas Sarkozy. "C'est le fichier Edvige tout entier qui doit être remis en cause, parce que celui-ci est un instrument de centralisation et de diffusion d'informations sur les personnes qui porte atteinte de plein fouet à la démocratie et aux libertés fondamentales (...). Les Verts prendront part aux manifestations du 16 octobre et appellent l'ensemble des citoyens français à signer la pétition contre cette base de données."

L'UMP. Le parti majoritaire réaffirme sa "détermination à maintenir les avancées d'Edvige" en matière de fichage des mineurs, tout en reconnaissant qu'"il faut clarifier" le décret, sur des points comme la "santé et l'orientation sexuelle" des personnes fichées. "Que ceux qui espèrent profiter [de la concertation] (...) pour remettre en cause le fichage des mineurs ayant troublé l'ordre public et donc affaiblir les moyens de lutte contre les nouvelles formes de délinquance, n'aient pas de doute sur la détermination de la majorité à maintenir les avancées d'Edvige", avertit le porte-parole, Frédéric Lefebvre. Ce dernier demande néanmoins que "soit posée la question du fichage des personnalités" qu'il juge "obsolète à l'heure où Internet procure des informations immédiates sur les personnes publiques".

Le Collectif "Non à Edvige" et d'autres organisations ont réaffirmé mercredi dans des communiqués leur volonté de voir annuler le décret créant le fichier de police Edvige. Pour le Collectif, qui réunit douze organisations (dont la LDH, la CFDT, la CGT, le Gisti et Aides...), "le retrait du décret est un préalable à l'ouverture d'un débat parlementaire sur le respect des libertés publiques (....). Il est plus que temps que les citoyens, par l'intermédiaire de leurs représentants, reprennent leur place dans une discussion qui n'aurait jamais dû leur échapper".

Et de prévenir le gouvernement : "Si le décret n'était pas retiré d'ici là, les organisations appelleraient les citoyens à fêter la Sainte-Edvige le 16 octobre en se rassemblant à Paris et en régions pour faciliter le travail de la police et déposer leur propre fiche individuelle de renseignement auprès des services concernés, afin de démontrer que l'absurdité sécuritaire aboutit, peu ou prou, à ficher toute la population."

Force ouvrière déplore de son côté "le fait que la concertation évoquée n'ait pas été faite préalablement à la publication du décret", en rappelant qu'elle avait "introduit un recours au Conseil d'État contre le décret du 27 juin 2008 (...) dès juillet". Elle évoque aussi la saisine éventuelle "d'instances internationales" en cas de maintien du décret.

Publié dans Politique Générale

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