Bertrand Delanoë et François Hollande envisagent un «déplacement commun»

Publié le par Cohérence et Espoir 94



Nicolas Barotte
09/09/08

Grandes manoeuvres dans les coulisses. Depuis dix jours, ça discute sec au Parti socialiste. Normal : le temps presse pour aboutir. Le dépôt des motions, sur lesquelles les militants devront voter, a lieu dans moins de deux semaines. Quatre, cinq, six textes ? À négocier.

Certaines discussions piétinent. L'entrevue entre Martine Aubry et Pierre Moscovici, envisagée en début de semaine, n'est pas encore fixée officiellement. «La diplomatie fine et pointilleuse mérite un peu de discrétion», explique un proche de l'ancienne ministre. «Il n'y a pas péril en la demeure, nous avons jusqu'au 23 septembre.» Si la maire de Lille a progressé de quelques points dans les enquêtes d'opinion après l'université d'été de La Rochelle, elle n'a pas réglé la question de ses éventuels alliés. Laurent Fabius et les siens sont prêts à signer. Mais elle ne souhaite pas se retrouver seule face à face avec lui.

Pendant ce temps, d'autres discussions progressent. Mardi soir, Pierre Moscovici devait dîner avec les représentants de la Ligne claire, la contribution des grands élus locaux.

Au même moment, mais dans un autre endroit, ce sont les proches de Bertrand Delanoë et ceux de François Hollande qui se sont retrouvés, après le bureau national du mardi soir. «On ne communique pas, on travaille», prévient-on sans vouloir en dire plus.

«Avec François, nous n'avons peut-être pas la même conception du management, mais il est social-démocrate, pro-européen, comme moi. Nous sommes d'accord aussi sur les alliances», expliquait le maire de Paris en marge de La Rochelle. Les deux nouveaux alliés réfléchissent désormais à donner une forme visible à leur rapprochement. Un «déplacement commun» est envisagé dans les jours à venir.

«Rompre avec son surmoi libéral»

La seule qui ne négocie pas, c'est Ségolène Royal. Mais ses proches et quelques partisans de François Hollande ont quand même lancé la semaine dernière un appel en faveur d'une «majorité large et unie» sans mentionner sa candidature au poste de premier secrétaire. Une manière d'indiquer que certains «hollandais» ne rejoindront pas le camp de Delanoë. «Je ne serai pas sur la motion de l'auteur de L'Impasse», expliquait Julien Dray, il y a quelques jours, en faisant référence au livre de Lionel Jospin, l'un des soutiens du maire de Paris. Le patron de la fédération de l'Hérault, Robert Navarro, a aussi signé ce texte.

Leader de la gauche du PS, Benoît Hamon a adressé aux représentants des autres contributions la liste des six points qui doivent former, selon lui, les «axes essentiels pour la constitution d'une nouvelle majorité». La première concernée est Martine Aubry. Mais Benoît Hamon ne se fait pas beaucoup d'espoir. Elle a déjà dit qu'elle ne souhaitait pas prendre la tête d'une «motion de gauche».

En plus de Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, la gauche du PS sera aussi représentée par l'alliance du sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon, et du député Marc Dolez. «À l'heure où le capitalisme entre dans une crise aiguë, le PS, pour être utile aux travailleurs et au pays, doit rompre avec son surmoi libéral, ses tentations centristes, ses partenariats en Europe avec des partis qui gouvernent avec la droite», disent-ils. Au PS, personne ne veut discuter avec eux.

.

Publié dans Parti Socialiste

Commenter cet article