Politique à l'égard de l'immigration

Publié le par Cohérence et Espoir 94

05/09/2008

Alain Rousset juge «ignoble» la politique du gouvernement à l’égard de l’immigration

DISCRIMINATION - Alors que la Région Aquitaine vient d’éditer un guide pour lutter contre les inégalités de traitement des anciens combattants des ex-colonies, Alain Rousset s’est indigné hier de l’attitude de la France à l’égard des étrangers. «Ce sont les petits-enfants de ces soldats, qu’on traite comme des chiens», s’est exclamé le président de Région, qualifiant d’ «ignoble, indigne, inhumaine, indécente, la politique du gouvernement à l’égard de l’immigration». «J’avoue que je n’aimerais pas travailler dans une préfecture aujourd’hui», confiait encore Alain Rousset, qui se demande «quelle vue aura de lui-même M. Hortefeux quand il devra expliquer à ses petits-enfants son métier».

L’élu déposera par ailleurs, dans le cadre de son mandat de député, un projet de loi pour la «décristallisation», c’est-à-dire pour mettre définitivement fin à la discrimination subie par les anciens combattants des ex-colonies, qui ne perçoivent toujours pas une indemnisation identique à celle versée aux Français.

Suite au film «Indigènes», de Rachid Bouchareb, une partie seulement des prestations ont été revalorisées. Mais la plus importante d’entre elles, la pension militaire de retraite, est demeurée inchangée. Gelée depuis 1959. Soit, en moyenne, huit fois inférieure à ce que perçoivent les ressortissants nationaux. Un collectif d’associations s’est constitué à Bordeaux pour poursuivre la lutte, et accompagner dans leurs démarches les anciens soldats étrangers. Soixante dossiers seront ainsi défendus devant le tribunal administratif le 10 septembre prochain. Et parallèlement, le conseil régional édite donc un livret pratique retraçant cette expérience, afin de la rendre accessible au plus grand nombre.

En Aquitaine, il reste actuellement 800 ancien combattants étrangers, vivant dans des conditions extrêmement précaires. «Il y a urgence, pointe l’avocate Christelle Jouteau, membre de la coordination. Ces personnes ont largement plus de 70 ans. On a vraiment le sentiment que l’Etat joue la montre parce qu’il a en jeu des sommes considérables, mais nous n’avons plus le temps d’attendre». Depuis qu’ont été déposés les dossiers, dans le courant de l’été, deux vétérans sont déjà décédés.

Laure Espieu

Publié dans Politique Générale

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