Privatisation de la Poste

Publié le par Cohérence et Espoir 94


Fin juillet, La Poste a signé un contrat de service public avec l’Etat redéfinissant les missions du groupe, alors que se profile la libéralisation totale du service du courrier en 2011 et que la direction de l’établissement public envisage d’ouvrir son capital.

Officiellement, il s’agit d’ancrer ses missions de service public (service postal universel, acheminement de la presse,
accessibilité bancaire et aménagement du territoire) avant l’ouverture à la concurrence. Certes ces grandes missions sont réaffirmées, mais, de fait, le monopole prenant fin en 2011, la question du financement du service public universel reste en l’air : dans le contrat, l’Etat s’engage à mettre en place « un dispositif permettant d’assurer un financement du service universel, pérenne, économiquement efficace », mais il n’avance aucune proposition concrète.

Pour les syndicats, ce contrat entérine plutôt le « service minimum postal », ne garantit rien quant aux activités futures des bureaux de poste, la nature des points de contact, le type d’accessibilité bancaire qui y sera développé… Quand on regarde attentivement le texte, il s’agit plutôt d’une « fragilisation des missions  de service public » comme l’a souligné un syndicaliste.

Ajoutons que la direction a indiqué début juillet que la transformation de l’établissement public en société anonyme pourrait être décidée dès 2009 et qu’à terme une ouverture de 10 à 20% du capital sous forme d’augmentation était envisagée.

Les partisans de la mise en concurrence et partant de la privatisation de La Poste prétendent que le transport des colis et des plis express ainsi que les services financiers coûteraient moins cher pour une qualité meilleure en sortant des attributions de l’Etat.

Nous contestons cette vision des choses. Tous les exemples antérieurs de mise en concurrence et de privatisation des services publics (télécommunications, eau, énergie…) ou du service postal à l’étranger (Royaume uni ou Suède) concourent à montrer que le résultat est toujours un rétrécissement progressif du  périmètre de la mission de service public, la mise en place de fait d’un service à deux vitesses et souvent des licenciements massifs pour faire face à la concurrence (30 000 en Suède) : un service dégradé dans les zones géographiques ou secteurs d’activités « non rentables » et un service haut de gamme en concurrence avec les compagnies privées de poste dans les grands centres urbains.

Dans tous les cas de figure, au centre du débat, la notion de solidarité nationale et de service public : la droite libérale estime que l’accès à la même qualité de service partout, pour tous et au même prix n’est pas un mécanisme juste et que chacun devrait payer au juste prix le service qu’il utilise.

La mise en concurrence et a fortiori la privatisation, quelques soient les promesses de pérennisation d’un service public postal universel conduisent à brève échéance à la disparition du service public de la poste. Luttons contre ces décisions, portons l’affaire devant le parlement, alertons l’opinion…

Marc Scotto
Secrétaire de la section de Choisy
marc.scotto@gmail.com

Publié dans Politique Générale

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