Sarkozy et laïcité

Publié le par Cohérence et Espoir 94

15/08/2008
Polémique
Visite de Benoît XVI sur fond de propos polémiques de Sarkozy sur la laïcité
La visite de Benoît XVI en France intervient après des prises de position controversées de Nicolas Sarkozy sur la place qu'il juge insuffisante de la religion dans la société et le toilettage annoncé de la loi de 1905, qui inquiète les défenseurs de la laïcité.

A l'occasion d'un voyage à Rome en décembre pour rencontrer le pape et être fait "chanoine honoraire" de Saint-Jean de Latran - un titre conféré à tous les présidents français- Nicolas Sarkozy avait clairement pris ses distances avec la conception française de la laïcité fondée sur la loi centenaire de séparation de l'église et de l'Etat.
Il avait alors prêché pour une laïcité "positive" qui veille à "la liberté de pensée" tout en "assumant les racines chrétiennes" de la France, "fille aînée" de l'Eglise.

Au risque de raviver la querelle entre militants de la laïcité et partisans d'une plus grande perméabilité entre religion et vie publique, Nicolas Sarkozy avait vanté l'intérêt de la République à avoir "beaucoup d'hommes et de
femmes" qui "croient".

"Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé", avait-t-il aussi plaidé.

Dans le très rigoriste royaume d'Arabie Saoudite, Nicolas Sarkozy avait récidivé en janvier en vantant l'héritage "civilisateur" des religions.

Usant de formules rarement entendues dans la bouche d'un président français, Nicolas Sarkozy, qui a souvent revendiqué sa foi catholique, avait évoqué "Dieu qui n'asservit pas l'Homme mais qui le libère" ou "Dieu qui est
le rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes".

Ces propos avaient suscité un tollé à gauche et une soixantaine de syndicats et d'associations avaient lancé un appel à la défense de la laïcité.

Lors des voeux de nouvelle année aux responsables religieux, le chef de l'Etat avait défendu son attachement à ce principe inscrit dans la Constitution de 1958.

C'était pour mieux affirmer en février devant le Conseil représentatif des institutions juives de France qu'il maintenait ses deux discours de Rome et Ryad défendant l'idée que "le drame du XXe siècle" n'était pas "né d'un excès de l'idée de Dieu mais de sa redoutable absence".

Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait renoncé à modifier la loi de 1905 à partir du rapport du professeur de droit Jean-Pierre Machelon qu'il avait lui-même commandé et qui proposait notamment d'autoriser
les municipalités à financer la construction de lieux de culte.

Mais la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a finalement lancé en début d'année un aménagement de cette loi fondatrice au nom d'une laïcité "tolérante", sans en préciser les contours.

Opposé à la moindre révisions de ce "pilier de la République" le député Nouveau centre, Maurice Leroy, interrogé par l'AFP, se félicite que cette annonce n'ait "rien" donné "à ce jour". "Le bon sens a dû l'emporter", estime-t-il.

Se gardant d'être un "laïcard", il se dit favorable à une modification du financement des lieux de culte par le biais de fondations sous un étroit contrôle publique.

Julien Dray n'est pas contre des adaptations mais sans toucher à la loi de 1905. "Dès qu'on commence à toucher à cet équilibre tel qu'il est construit, même quand c'est du détail, ça devient très sulfureux", estime le porte-parole
du Parti socialiste, qui redoute aussi que Nicolas Sarkozy "en fasse beaucoup" dans son accueil du souverain pontife.

Publié dans Politique Générale

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