Moralisme niais de l'ami de Sarkozy

Publié le par Cohérence et Espoir 94

«Du moralisme niais.»

 Le gouvernement italien de Silvio Berlusconi s'est attiré les foudres des historiens d'art pour avoir voilé le sein d'une peinture de Tiepolo qui sert de toile de fond à la salle de presse de la présidence du Conseil, rapporte ce mardi «La Repubblica».

Le «Corriere de la Sera» a révélé ce week-end que le sein de la femme nue qui incarne la Vérité dans le célèbre tableau de Jean-Baptiste Tiepolo (1696-1770), «La Vérité dévoilée par le temps», avait été retouché pour en dissimuler le mamelon. C'est pourtant Silvio Berlusconi lui-même qui avait choisi une reproduction de ce tableau comme toile de fond de la salle de presse du Palais Chigi à Rome, siège du gouvernement, lors de son retour au pouvoir en mai dernier.

«On ne peut pas cacher la Vérité»

 Ce sont les cameramen du gouvernement qui auraient pris l'initiative de dissimuler le sein de la Vérité pour qu'il n'apparaisse pas juste derrière le visage du chef du gouvernement, et ce afin d'épargner la sensibilité de certains téléspectateurs, selon des sources gouvernementales, citées par l'agence Ansa.

 «Qui pourrait se sentir offensé face à la Vérité nue de Tiepolo? C'est une sottise absolue», a réagi Antonio Paolucci, directeur des musées du Vatican et ancien ministre de la Culture. «Que c'est triste (...). On ne peut pas cacher la Vérité, un sujet qui est représenté nu depuis des siècles. Ce Tiepolo aurait dû être laissé tel quel», a aussi critiqué Sandrina Bandera, conservatrice de la pinacothèque de Brera, près de Milan.

Un précédent aux Etats-Unis

 «Toute l’histoire de l'art depuis la Renaissance est pleine de nues (...) Ça ne vous fait pas rire quand on pense à ce qui est montré sur Canale 5?», a commenté Andrea Emiliani, un historien, ex-conservateur de la pinacothèque de Bologne, faisant référence à l'une des chaînes de télévision du groupe Mediaset de Silvio Berlusconi. Un autre expert voit dans cette censure de la Vérité tout un symbole du pouvoir exercé par Berlusconi. Le gouverneur vénitien, Giancarlo Galan, suggère au Premier ministre italien de «punir de manière particulière l’auteur de ce geste, qui, dans sa grossière absurdité, a réussi à offenser un artiste particulièrement indépendant».

 Ce n'est pas la première fois qu'une oeuvre d'art fait l'objet d'une censure de la part d'un gouvernement. En 2002, le ministre américain de la Justice, John Ashcroft, avait fait couvrir le sein de la statue représentant l'esprit de la Justice dans le hall de son ministère. Officiellement pour offrir un arrière-plan plus esthétique aux photographes, officieusement pour éviter que la tête de John Ashcroft se retrouve juste en dessous du sein sur les prises de vue. En octobre 2006, c'est un tableau entier, «La Liberté guidant le peuple» (Eugène Delacroix), qui avait été censuré des manuels d'histoire turcs. La Liberté y est représentée seins nus.

MARIANELLA/OLYMPIA/SIPA ¦ Vue originelle de «La vérité», du maître vénitien Jean-Baptiste Tiepolo.

Merci à Charles Reguardati pour cette information qui montre combien la bêtise n'a pas de limite.

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