79% des Français pessimistes sur l'évolution du système de santé

Publié le par Cohérence et Espoir 94

Pas de hausse du ticket modérateur, pas d'augmentation des franchises ou de prise en charge réduite pour les affections longue durée... pour redresser les comptes de la sécurité sociale, dont le déficit se monte à près de 4,1 milliard d'euros cette année, pas de nouvelles mesures frappant les assurés : le gouvernement fait trinquer les entreprises, les mutuelles et les assurances. Une décision qui rassurera certainement les Français, très inquiets sur la question du remboursement des soins, mais qui a terme pourrait bien s'avérer être à double-tranchant et altérer la vision du système des complémentaires santé.

Essentielles, les mutuelles

Parce qu'aujourd'hui, près de 9 Français sur 10 disposent d'une mutuelles ou d'une compagnie d'assurance. Anxieux, particulièrement préoccupés par des dépenses de soins (85%) qu'ils estiment mal remboursées par la sécurité sociale - l'optique et les dépenses dentaires en tête-, très pessimistes sur l'évolution future du système (79%), les Français se tournent donc en masse vers les complémentaires santé, selon les chiffres d'une enquête Tns-Sofres publiée en avril dernier.

Mais si les assurances semblent disposer d'un réel crédit auprès de l'opinion (79% les jugent indispensables, 91% plébiscitent le niveau de remboursement, et 85% se disent satisfaits du rapport qualité prix), il est fort probable que la décision du gouvernement vienne changer la donne.

"Inégalités"

En appelant les mutuelles et assurances à "conforter le financement solidaire de l'Assurance-Maladie à travers une contribution de l'ordre d'un milliard d'euros en 2009", un plan qui vise à réduire le déficit de la Sécurité sociale de 4 milliards d'euros l'an prochain, le gouvernement prend le risque de faire des mécontents.

Les syndicats et membres de l'opposition redoutent ainsi que les complémentaires santé ne répercutent cette contribution dans les cotisations de leurs adhérents ou rendent plus difficiles l'accès aux soins à des millions de personnes défavorisées. Ce qui serait "un pas supplémentaire vers l'inégalité dans notre système de santé", selon Julien Dray. Des critiques qui pourraient bien s'élargir à l'ensemble de la population si les prévisions du porte-parole du PS venaient à se réaliser. D'autant qu'à l'heure actuelle, 5 millions de Français n'ont toujours pas de mutuelle.

Publié dans Institutions

Commenter cet article