Hollande juge qu'Assad tire tout le bénéfice de sa venue à Paris

Publié le par Cohérence et Espoir 94

PARIS (Reuters) - Le président syrien acquiert une reconnaissance internationale à peu de frais par sa seule présence à Paris, a estimé dimanche le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande.

Invité sur Radio J, le leader socialiste a jugé que la France n'avait obtenu "aucune contrepartie sérieuse" à l'invitation à Paris de Bachar al Assad, qui a été reçu samedi à l'Elysée par Nicolas Sarkozy, mettant fin à trois ans de gel des relations franco-syriennes.

Le président syrien doit participer dimanche avec une quarantaine d'autres chefs d'Etat et de gouvernement au lancement de l'Union pour la Méditerranée. Il a aussi été invité à assister lundi aux festivités du 14-Juillet.

"Assad a gagné la partie parce qu'il a réussi par sa seule présence et par les initiatives, à mon avis désordonnées de Nicolas Sarkozy (...), à être l'acteur principal de la rencontre de l'Union pour la Méditerranée et en plus à être une source de polémique pour le 14-Juillet", a estimé François Hollande.

"Il n'y a eu aucune contrepartie" et Bachar al Assad "a gagné une reconnaissance internationale à peu de frais", a-t-il ajouté.

Aux yeux du premier secrétaire du PS, la création d'une UPM est une "bonne initiative" mais cette rencontre est "occultée, entachée par la polémique qui se fait jour et qui va durer sur la présence, non pas d'Assad le 13 juillet, mais le 14, et sur la reconnaissance internationale qu'il a obtenue de Nicolas Sarkozy hier en devenant l'acteur principal du sommet alors qu'il ne devait être qu'un acteur normal, voire secondaire".

François Hollande a notamment déploré que Nicolas Sarkozy n'ait pas évoqué avec son homologue syrien l'assassinat en 2005 de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, dans lequel Damas est soupçonné d'être impliqué.

"Le fait même que Nicolas Sarkozy n'ait pas évoqué l'assassinat de Hariri en dit long sur les concessions qui ont été faites et sur les avantages qui ont été tirés de sa visite à Paris", a dit le premier secrétaire.

Nicolas Sarkozy a annoncé samedi qu'il se rendrait en Syrie avant la mi-septembre, à l'invitation du président syrien.

L'UMP voit dans le rapprochement franco-syrien un retour en force de la diplomatie française.

"Non pas la realpolitik, comme certains veulent la caricaturer, mais bien la diplomatie exigeante qui a fait de la France un Etat respecté dans le monde", écrit Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, dans un communiqué.

Pour le parti majoritaire, "le repli sur soi des Etats démocratiques serait la pire stratégie, en tout cas celle qui couperait l'influence de notre pays dans les grands équilibres mondiaux".

Elizabeth Pineau
13 Juillet 2008

Publié dans Parti Socialiste

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