Dimanche 18 juillet 2010 7 18 /07 /Juil /2010 09:19

Elections du mois de juillet 2010
A la fin du mois de juin et au début du mois de juillet 2010 se sont déroulées une élection législative (10ème des Yvelines) et deux élections cantonales (Tourcoing Nord-Est et Chénérailles (23). Ces trois élections pouvaient nous renseigner sur l'abstention de masse et si le phénomène constaté en juin de baisse de la gauche et particulièrement du PS perdurait.

1) L'élection législative partielle  des Yvelines était particulièrement intéressante et ce à plusieurs titres:
Circonscription orientée très à droite (en 2007, Christine Boutin y obtenait 49,23% au premier tour (l'ensemble de la droite atteignait 65%) et 58'42% au second tour devant le socialiste Didier Fischer (21,46% au premier tour)

En même temps, les scandales atteignant la droite y sont présents, ne serait-ce que par Christine Boutin et certaines personnalités locales).

Par ailleurs, la candidate écologiste avait créé la surprise lors de l'élection partielle de septembre 2009 (à la suite de la démission de Christine Boutin), en prenant la  première place à gauche au premier tour, puis en terminant à 5voix (raméné à 1 voix par le conseil constitutionnel) au second tour). Fort logiquement, l'élection avait été annulée.
Pour cette élection et pour la première fois à ma connaissance, Europe-Ecologie et le PS avaient décidé de présenter un ticket commun avec Anny Poursinoff en titulaire et Didier Fischer en suppléant pour le PS.

Le premier tour du 4 Juillet 2010 voit une différence dans le nombre des candidatures avec 2009: la gauche avait 4 candidats en 2009 ( Verts, PS, DG et FG). Cette fois-ci, elle n'en a que deux (EEE/PS et FG) cette fois-ci, A droite, il y avait 3 candidats (UMP, ED et FN), cette fois-ci il y en 3 également (NC, UMP et FN) 4 si nous incorporons  le "sans-étiquette".  Enfin 1 "divers" complétait le tableau avec la présence en 2010 du "parti pirate"

La participation témoigne d'une très légère augmentation de 22,8% en 2009 à 26,75% soit près de 4 points, mais reste bien sûr le problème de l'abstention de masse.

Au premier tour de 2009, les 4 candidats de gauche obtenaient 46,9% et 10.665 voix (Verts 20,2%, PS 12,4%, DG 9,6%, FG 4,7%), les 3 candidats de droite 51% 11.510 voix (UMP 43,9%, Extrême Droite-FN 7,1%). Enfin le divers avait 2,1%

Le 4 juillet 2010, les deux candidats de gauche obtiennent 46,67% et 12.005 voix.  Si le FG perd en pourcentage, il recueille 13 voix de plus,  le bloc EEE/PS progresse en voix et en pourcentage.

A droite, les deux candidats de la droite gouvernementale atteignent 43,89% et 11.763 voix, c'est à dire le même pourcentage qu'en 2009, mais avec le désavantage psychologique important d'être en seconde position derrière le ticket EEE/PS. Quant à l'extrême-droite, le candidat FN réunit 7,48% et  2.004 voix contre 7,1% et 1.617 voix en 2009.

Quant aux "divers", ils atteignent 1,96% à deux en 2010 contre 2,1% à un seul en 2009.

Si sur le plan mathématique, il y a une situation assez identique à celle de 2009, sur le plan de la dynamique, la situation est très différente, le ticket EEE/PS est en tête avec 42,62% et additionne dès le premier tour les voix des verts, PS et divers gauche. Au contraire, le candidat UMP réalise 40,70% au lieu de 43,90% en septembre 2009 et se doit de rassembler l'ensemble des voix NC et FN et autres pour l'emporter.

Or, la tradition veut que la gauche sache mieux se mobiliser à un second tour qu'à un premier tour, alors que la droite a plus de peine à le faire.

Au second tour du 11 juillet 2010, la participation augmente un tout petit peu pour s'établir à 29,42% et 29.990 votants (contre 26.512
au second tour de 2009).

En 2009, Jean-Frédéric Poisson (UMP) avait été élu à 50,01% et 12.800 voix c'est à dire en terme de voix avec 1190 voix de plus que le total des voix de droite du premier tour, ce qui signifie bien que les voix d'extrême-droite s'étaient très majoritairement retrouvé sur le candidat UMP.
Mais dans le même temps à gauche, c'était 2.134 voix qui s'étaient retrouvées sur la candidate écologiste en plus du total de la gauche du 1er tour. C'était dire l'ampleur de la dynamique alors qu'une issue positive était peu problable.

Au deuxième tour de 2010, le candidat UMP ne gagne que 333 voix sur le total de la droite du 1er tour, alors que la candidate EEE/PS en gagne 2404! et obtient donc une victoire assez large à 51,72%.

Il semble évident que la situation nationale et la campagne ouverte de la gauche pour le second tour aient bien fonctionné alors que le candidat UMP ne pouvait pas se réclamer d'un appui national en cette période très difficile pour le pouvoir.

En tout cas, le pari d'unité entre EEE et le PS se conclue par un succès assez impressionnant. Passer en à peine deux ans de 42% à 51% est remarquable dans ce genre de circonscription, tout en soulignant cependant les éléments de fragilité de cette victoire de la gauche:  énorme abstention, climat délétère de la période, décote "normale" en système majoritaire d'une succession d'une personnalité implantée.  Cela dit, politiquement, la victoire est là et autre conséquence, Europe Ecologie commence à s'implanter sérieusement, même si les Verts souffrent de leur manque d'implantation sur le terrain, ce qui rend l'alliance assez alléchante aux socialistes.
Quant aux explications de l'UMP, elles sont assez traditionnelles. Rejeter la faute de la défaite sur un autre est toujours une spécialité de ceux qui ne veulent pas faire une analyse critique de leur propre politique.

2) Les élections cantonales du mois
Deux élections cantonales partielles se sont déroulées à Tourcoing Nord-Est (59) et à Chénérailles (23). Elles étaient intéressantes pour souligner certaines tendances fortes de la période politique.
D'abord celle de Tourcoing Nord-Est:
Détenue par le PS, le grand canton en 2004 est caractérisé par une abstention déjà importante (48%), mais aussi une implantation très forte du Front National.
Aux élections cantonales générales de 2004, la gauche obtenait au premier tour du 21 Mars 2004 54,52% des voix exprimées (PS 37,28%, Verts 8,27%, EG 5,30% et PCF 3,67%).
A droite, le candidat FN obtenait 23,34% et l'UMP 22,13%

Le 28 mars 2004 lors du second tour, la participation augmentait légèrement pour s'établir à 55,56%.
La triangulaire voyait la victoire très logique du candidat PS avec 50,68%, mais qui perdait 3,84% sur le total des voix de gauche avec une perte minime en voix de 37 voix. Vu le manque total de "suspense, cette perte était quelque peu prévisible.
Par contre à droite, le FN réalisait le même résultat en pourcentage à 23,34% et le candidat de l'UMP remontait à 25,98% et 954 voix en plus, ce qui témoignait d'une réaction importante de l'électorat de la droite gouvernementale.

Le 27 juin 2010, la participation s'effondre à 12,39% ce qui constitue peut-être un record d'abstention qui rend les leçons à tirer aléatoires, sauf sur la montée de l'abstention déjà comparable à Villeurbanne-Centre.

Par contre, cette abstention de masse ne remet pas en cause les rapports de force.
En effet la gauche recueille 52,60% (PS 37,22%, EEE 10,46%, FG 4,93%). Le PS obtient en pourcentage un résultat équivalent à celui de 2004, le FG ne récupère qu'une partie du pourcentage de l'extrême-gauche que les écologistes ont peut-être obtenu, à moins que ceux-ci aient été plus mobilisés.
La droite obtient 47,39% (UMP 26,27%, FN 16,40% ED 4,72%) . L'UMP recouvre la première place, tandis que l'électorat d'extrême-droite choisit la "légitimité" du FN mais bien sûr est affaibli par la candidature de l'autre candidature d'extrême-droite. Soulignons le score encore très important de l'extrême-droite avec encore 21,12%).

Du fait de l'abstention et vu la loi électorale, le second tour du 4 juillet 2010 voit un duel traditionnel PS/UMP.  La participation s'établit à 12,75%, soit une augmentation minime de 0,36%!

Le candidat PS Vincent LANNOO obtient 55,72% et 2.372 voix (soit 143 voix en plus du total de la gauche), ce qui contraste avec le deuxième tour de 2004 et est bien mieux en pourcentage.
Le candidat UMP au contraire perd 123 voix sur le total des voix de droite du premier tour ce qui souligne à la fois le report massif des électeurs d'extrême-droite sur l'UMP, mais aussi sa difficulté à les convaincre tous.

La troisième élection cantonale partielle du mois a été celle de Chénérailles (23) qui s'est déroulée le 4 juillet 2010. Il s'agissait d'un petit canton rural qui a montré ce qu'il ne fallait pas faire à gauche.

En 2008, la participation était de 76,92% (2262 votants) . L'UMP l'emportait dès le premier tour avec 55,81% et 1.413 voix . Un "divers-gauche" suivait avec 970 voix et 38,31% et enfin il y avait un FN avec 149 voix et  5,88%.

Dans un canton de ce type, une simple réflexion primaire commandait l'unité de la gauche! D'autant plus que le candidat FN ne se présentait pas. Or, un candidat DG s'est présenté alors que le PS semblait chercher une candidature commune. La réponse semble s'être trouvée dans une prise de position postée sur le site http://www.politiquemania.com/forum/elections-f18/election-cantonale-partielle-chenerailles-creuse-t346.html
par le candidat "divers-gauche, en fait proche du Front de gauche qui affirmait:
"...Moi, oui, j'envisageais de réunir toute la gauche, mais certainement pas le PS, vu son refus de dialogue,..."

Le rese était évidemment prévisible! La participation est tombée à 45%
Le candidat UMP obtient  68,36%
le candidat DG de 2008 passe de 38,31% à 18,63%! Quant au troisième candidat, il obtient 12,99%.


Bilan de janvier à juillet 2010 en sièges

Au plan législatif, Anny Poursinoff (EEE/PS) gagne le siège dans la 10-ème circonscription des Yvelines et le PS conserve son siège dans la 4ème circonscription de l'Isère .

La première évidence est la chute de la participation  à 29,85% au premier tour de 2010 et 31,13% au second tour sur le total des 187.969 inscrits sur les deux circonscriptions.

Alors que la gauche détient maintenant les deux circonscriptions du fait du scrutin majoritaire, elle baisse paradoxalement en pourcentage.
Au 1er tour de la précédente élection, la gauche atteignait 54,95% (PS 36,20%, Verts 8,80%, 2,97% DG, 2,92% PCF et 1,79% Extrême gauche)
La droite était à 45,91% (UMP 35,62% , MoDem 4,14%, FN 3,59%, DD 2,22%, et ED 0,22%).
Enfin, les "divers" s'élevaient à 1,70%

En 2010, la gauche rassemble 52,55% (EEE 28,02%, PS 19,13% et FG 5,39%). La première place d'EEE n'est due qu'au fait que le PS n'était présent officiellement que sur une seule circonscription.
Quant à la droite, elle obtient 46,45% (UMP 36,92%, FN 7,44%, NC 1,64% et DD 0,45%).Le FN augmente de 2,85% et l'UMP de 1,30%, pendant que les centristes baissent de 2,50% et les DD de 1,77%.
Enfin, les "divers" passent de 1,70% à 1,01%

Sur les 23 cantonales:
Le deuxième tour devient la règle (17 sur 23 contre 12 sur 23 auparavant)

Le PCF perd un siège (au profit du PS) et en gagne un (au détriment du PS).
Le PS avait 6 sièges, il en retrouve 5. Il en conserve 3, en gagne 2  (au détriment d'un PCF et d'un Divers-gauche) et en perd 3 (au profit  d'un PCF, d'un NC et d'un UMP).
Le RG perd son siège au profit d'un divers-gauche.
Quant aux divers-gauche, ils obtiennent 6 sièges comme auparavant. Ils conservent 4 sièges, en gagnent deux (au détriment d'un RG et d'un MoDem) et en perdent deux (au profit d'un PS et d'un Divers-droite)
A droite, le Modem obtient 1 siège au lieu de deux. Il perd ses deux sièges (1 au profit d'un Divers-gauche et un pour un Divers-Droite). Il gagne 1 siège au détriment d'un divers-droite.
Le Nouveau-Centre qui n'avait pas de siège en gagne un au détriment du PS.
L'UMP obtient 5 sièges aussi bien actuellement qu'auparavant. Elle conserve 4 sièges, en gagne 1 sur le PS et en perd un au profit d'un Divers droite.
Les divers droite passent de 2 à 4 sièges. Ils conservent 1 siège, en gagnent 3 (au détriment d'un UMP, d'un Divers-Gauche, et d'un MoDem) et en perdent pour un DG.

Au final, la gauche qui avait 14 sièges n'en a plus que 12 sur 23.

Voyons maintenant les résultats en voix.

Sur les 23 élections cantonales, la participation s'élevait auparavant à 60,40%. Cette fois-ci, elle chute à 29,45%! Dans certains cantons, elle chute à des profondeurs jamais atteintes auparavant ( notamment à Villeurbanne, Tourcoing,  Amiens ou Troyes, etc...)

La gauche obtenait aux élections générales précédentes (2004 ou 2008) 48,06%, elle n'en obtient cette fois-ci que 47,59%, soit -0,47% tandis que la droite rassemblait 48,36% auparavant et cette fois-ci 49,28% soit +0,94%, les "divers" passant de 3,08% à 3,14%.

Si la perte ou le gain peut sembler modeste, il est nécessaire de s'y pencher avec attention puisque c'est la première depuis longtemps que cela arrive dans une période marquée juste auparavant par une victoire remarquable de la gauche aux élections régionales au moment où le gouvernement s'engage dans une période difficile pour lui.

Examinons les chiffres:
A gauche, le Front de Gauche et l'extrême-gauche réalise 7,31% (respectivement 6,88 % et 0,43%), soit un résultat moindre  en pourcentage qu'auparavant avec 7,49% (respectivement 5,10%  et 2,39%.

Le PS et les Radicaux de gauche chutent de  27,96% (26,66% pour le PS et 1,30% pour les RG) à 19,01%, soit -8,95%. uniquement causé par les élections partielles de juin.

La montée des Verts, logique après les régionales (de 3,59% à 6,33%) ainsi que des divers-gauche de 9,63% à 15,37% compense à peine cette perte importante.

A droite, les changements sont aussi importants.
L'ancienne UDF réalisait 6,46%, aujourd'hui l'ensemble centriste (MoDem et Nouveau Centre rassemble 6,71% (MoDem 5,30% et Nouveau Centre 1,41%)
l'UMP passe de 20,25% à 20,68% (soit +0,43%)
Les Divers-droite croissent de 10,23% à 16,48% (soit + 6,25%)
Enfin, l'extrême-droite (principalement le FN) qui était à 11,30% baisse à 5,41% (soit - 5,81%).
Il semble bien que la "droite plurielle" fasse mieux que résister à la gauche quand elle se présente sous sa forme locale que sur sa forme nationale au contraire de la gauche qui semble en avoir pâti.

Enfin, les "divers" (Régionalistes, écologistes indépendants et vrais divers) passent de 3,08% à 3,14%).

je n'ai pas changé mon commentaire du mois dernier sur les municipales puisqu'il y en pas eu au mois de juillet.
Les 8 élections municipales de ces villes de plus de 3500 habitants (Cesson, Royan, Pont à Mousson, Gargenville, Cannet en Roussillon, Plomeur-Bodou, Guise et Luisant) confirment cette tendance puisque la gauche obtient  27,03% au lieu de 32,01% dans ces municipalités très orientées à droite. Mais la gauche (menée presque toujours par des divers-gauche) trouve le moyen de perdre deux municipalités (1 divers-gauche et une verte) pour n'en conserver qu'une divers-gauche.
Pendant ce temps, la droite reste stable avec 65,67 au lieu de 65,59%
Elle garde facilement 3 villes (2 UMP, 1 DD),
L'UMP conquiert une ville sur un DD.
3 DD battent deux DG et une municipalité verte.
Il s'agit là de défaites de la gauche et non seulement du PS.

Pour les seconds tours, un élément supplémentaire aggrave de façon spectaculaire le mauvais score de la gauche. En effet, dans des cantons où l'abstention atteint des records historiques, dans plusieurs cantons, la gauche ne qualifie pas un de ses candidats et son électorat ne peut plus jouer qu'un rôle éventuel d'arbitre entre deux candidats de droite.

Tirer des conclusions définitives de l'incontestable échec de la gauche et notamment du PS dans ces élections partielles du mois de juin serait manquer de la plus élémentaire prudence.

3) Considérations générales
A l'issue de ce premier semestre commence à se mettre en place le décor des élections présidentielles de 2012, même si nombre d'éléments sont susceptibles d'évoluer fortement en fonction des aléas politiques, des élections cantonales et sénatoriales de 2011.

Il semble que nous nous dirigions vers un grand classique de la Vème République favorisé par le mode de scrutin majoritaire: l'affrontement Gauche/Droite; ce qui sera une césure avec l'attitude des leaders de la Droite depuis 1995 qui avaient gagné chacun à leur manière sur la négation de la pertinence de cette opposition.

A gauche, Martine Aubry a manifestement réussi à faire taire les querelles des égos au PS en imposant une ligne revenant aux grands fondamentaux de la gauche, tout en mettant en avant une stratégie d'alliance avec les écologistes basée sur une ligne réformiste "sérieuse" qui condamne à terme toute dérive gauchiste, à l'instar de ce que pratique la nouvelle opposition allemande.

Les principaux obstacles à cette ligne qui devrait aboutir à la désignation de Martine Aubry à la présidence de la République seront les appétits féroces des prétendants à cette place et notamment la campagne médiatique qui ne devrait pas manquer en faveur de DSK, dont la candidature ne pourrait pas incarner les valeurs de gauche qui ne cadre pas bien, c'est le moins qu'on puisse dire, avec les fonctions de directeur du FMI. Par ailleurs, l'alliance avec les écologistes doit compter avec les divisions internes de ceux-ci toujours imprévisibles et sensibles à des valeurs encore largement étrangères aux concepts traditionnels de la gauche. Enfin, la capacité de nuisance de l'extrême-gauche et du PCF en pleine déliquescence poussé au gauchisme par son union avec le PG, lui-même obsessionnellement  fixé sur le conflit de Jean-Luc Mélenchon.
C'est dire toute la difficulté de cette opération qui, malgré un départ assez désastreux en 2009, semble bien plus simple aujourd'hui que les difficultés de la droite.

En effet, Nicolas Sarkozy semble avoir compris la nécessité de se recentrer sur les fondamentaux de la droite, sur la droite à la "Barre". Le problème est multiple:
- Promettre "de la sueur, du sang et des larmes!" ne marche bien que s'il n'y a pas trop d'injustices totales. Or pour cela il faut faire oublier le bling-bling, les scandales provoqués par la connivence complètes  entre les fortunes et le pouvoir et surtout l'oubli complet de toutes les promesses de 2007!
- Le blocage pour deux ans de l'action gouvernementale autre que sur les retraites et éventuellement les collectivités territoriales bien que ce soit un terrain miné.
- L'existence d'adversaires résolus au sein de la droite (FN, de Villepin, les centristes (MoDem et NC).qui n'ont qu'une envie : tailler des croupières à l'UMP.
- La volonté des collectivités territoriales dominées par la gauche et le probable basculement du Sénat en 2011.

Compter sur le seul bouclage de l'appareil audio-visuel et d'une partie d'internet semble fort douteux.

Enfin, la droite semble incapable d'offrir du rêve, alors que la gauche de gouvernement peut s'appuyer sur la période de relative prospérité et d'excédents  de l'ère Jospin et ses travaux actuels pour présenter une alternative crédible pour tracer des perpectives moins sombres.

La bataille de la rentrée va commencer à décanter la situation, sachant en même temps que les deux blocs semble d'égale importance.

Par Cohérence et Espoir 94 - Publié dans : Elections - Communauté : Les blogs socialistes
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Mardi 29 juin 2010 2 29 /06 /Juin /2010 19:55

Elections du mois de juin 2010
A la fin du mois de mai et au cours du mois de juin 2010 se sont déroulées une élection législative (4ème de l'Isère), 14 élections cantonales (sans compter l'élection partielle de Tourcoing dont le deuxième tour aura lieu le 4 juillet) et 4 municipales.

L'élection législative a vu la victoire de la candidate PS qui a remplacé Didier Migaud nommé à la tête de la Cour des Comptes. Quelques commentaires avaient porté sur le caractère "migaudien" de la circonscription qui laissaient entendre qu'elle serait plus migaudienne que socialiste ou de gauche. Qu'il me soit permis au vu des résultats de rectifier cette affirmation. La circonscription est aujourd'hui à gauche (et plutôt socialiste), mais Didier Migaud ajoutait sur son nom un plus important.

L'abstention est extrême forte (70,15% au 1er tour et 68,87% au second tour)
Au premier tour, la candidate socialiste mène largement (39,31% au lieu de 46,58% en 2007 pour Didier Migaud), mais Europe-Ecologie (12,63% au lieu de 3,69%) le Front de gauche (6,81% au lieu de 4,67% pour l'ensemble PCF/EG) augmentent de façon importante, sachant qu'il n'y avait pas de candidats d'extrême gauche.
La gauche au premier tour est au total plus forte qu'en 2008 (58,75% contre 54,95%), mais au deuxième tour la personnalité de Didier Migaud lui permettait de dépasser largement le cadre de la gauche (avec 62,76% et + 7,81% par rapport au premier tour). la candidate socialiste dépasse en terme de voix le total de la gauche du 1er tour et reste en pourcentage très près de celui de la gauche du 1er tour  58, 35%)
A droite, l'UMP (débarrassé de la concurrence du MoDem (5,76% en 2008) obtient 32,93% (au lieu de 31,70% en 2007)   et le FN se hisse à 7,40%  au lieu de 3,38% en 2007. Au total, la droite rassemble 41,25% au premier tour contre 43,35% en 2007)  et  41,62% au second tour.  Ce qui montre par ailleurs que l'électorat frontiste se reporte sans problème sur le candidat UMP.
 
Sur les 13 élections cantonales de la période, 5 concernaient la Martinique où je n'ai pas analysé la situation des partis départementaux différents des partis traditionnels de la métropole. Vous voudrez bien m'en excuser. En tout cas, les "divers gauche" conservent 3 sièges et en perdent 1 au profit d'un "divers droite" lesquels récupèrent un siège de l'UMP, ceci dans un contexte d'un taux d'abstention très fort.

Sur les 8 autres élections cantonales (Limoges Planazol, Houdain, Villeurbanne Centre, Troyes II, Amiens 5, Saint-Laurent de la Salanque et Olmetto), le PS enregistre de très mauvais scores, à l'encontre de la victoire des régionales. Il perd 3 sièges au profit de la droite (1 UMP et I NC) et du PCF (1) pour en conserver deux (dont 1 de justesse. Un divers gauche remplace u Radical de Gauche). Pendant ce temps, l'UMP conserve un siège et en perd un au profit d'un divers-droite.
Avant de tirer des conclusions définitives, il convient d'observer le taux d'abstention exceptionnellement fort. Il convient d'attendre afin de voir si ce tournant n'aura été qu'un mauvais pas et une tendance plus marquée.

Quant aux 4 municipales (Cesson, Royan, Pont à Mousson et Gargenville), elles confirment cette mauvaise passe, puisque la gauche  perd deux municipalités (Une Verte et une divers-gauche au profit de Divers-Droite) alors que la droite conservent ces deux municipalités (UMP et Divers-droite).

Bilan de janvier à juin 2010 en sièges

Au plan législatif, le PS conserve son siège dans la 4ème circonscription de l'Isère.

Sur les 21 cantonales:
Le deuxième tour devient la règle (16 sur 21 contre 11sur 21 auparavant)

Le PCF perd un siège (au profit du PS) et en gagne un (au détriment du PS).
Le PS avait 5 sièges, il en retrouve 4. Il en conserve 2, en gagne 2  (au détriment d'un PCF et d'un Divers-gauche) et en perd 3 (au profit  d'un PCF, d'un NC et d'un UMP).
Le RG perd son siège au profit d'un divers-gauche
Quant aux divers-gauche, ils obtiennent 6 sièges comme auparavant. Ils conservent 4 sièges, en gagnent deux (au détriment d'un RG et d'un MoDem) et en perdent deux (au profit d'un PS et d'un Divers-droite)
A droite, le Modem obtient 1 siège au lieu de deux. Il perd ses deux sièges (1 au profit d'un Divers-gauche et un pour un Divers-Droite). Il gagne 1 siège au détriment d'un divers-droite.
Le Nouveau-Centre qui n'avait pas de siège en gagne un au détriment du PS.
L'UMP obtient 4 sièges aussi bien actuellement qu'auparavant. Elle conserve 3 siège, en gagne 1 sur le PS et en perd un au profit d'un Divers droite.
Les divers droite passent de 2 à 4 sièges. Ils conservent 1 siège, en gagnent 3 (au détriment d'un UMP, d'un Divers-Gauche, et d'un MoDem) et en perdent pour un DG.

Au final, la gauche qui avait 13 sièges n'en a plus que 11 sur 21.

Voyons maintenant les résultats en voix.

L'élection législative partielle a déjà été analysée.

Sur les 21 élections cantonales, la participation s'élevait à 61,49%. Cette fois-ci, elle chute à 30,52%! Dans certains cantons, elle chute à des profondeurs jamais atteintes auparavant ( notamment à Villeurbanne,  Amiens ou Troyes, etc...)

La gauche obtenait aux élections générales précédentes (2004 ou 2008) 48,06%, elle n'en obtient cette fois-ci que 47,12%, soit -0,94% tandis que la droite rassemblait 48,36% auparavant et cette fois-ci 50,13% soit +1,77%, les "divers" descendant de 3,59% à 0,41%.

Si la perte ou le gain peut sembler modeste, il est nécessaire de s'y pencher avec attention puisque c'est la première depuis longtemps que cela arrive dans une période marquée juste auparavant par une victoire remarquable de la gauche aux élections régionales au moment où le gouvernement s'engage dans une période difficile pour lui.

Examinons les chiffres:
A gauche, le Front de Gauche et l'extrême-gauche réalise 7,50% (respectivement 7,01% et 0,49%), soit le même résultat en pourcentage qu'auparavant avec 7,43% (respectivement 5,41%  et 2,02%.

Par contre, le PS et les Radicaux de gauche chutent de  27,24% (25,73 pour le PS et 1,51% pour les RG) à 19,16%, soit -8,08%. uniquement causé par les élections partielles de juin.

La montée des Verts, logique après les régionales (de 3,00% à 6,51%) ainsi que des divers-gauche de 10,38% à 13,96% ne peut compenser cette perte importante.

A droite, les changements sont aussi importants.
L'ancienne UDF réalisait 7,52% alors qu'aujourd'hui l'ensemble centriste (MoDem et Nouveau Centre rassemble 7,62% (MoDem 6,62% et Nouveau Centre 1,60%) 
l'UMP passe de 19,22% à 20,17% (soit +0,95%)
Les Divers-droite croissent de 11,90% à 17,57% (soit + 5,67%)
Enfin, le FN qui était à 9,36% baisse à 4,76% (soit - 4,60%).
Il semble bien que la "droite plurielle" fasse mieux que résister à la gauche quand elle se présente sous sa forme locale que sur sa forme nationale au contraire de la gauche qui semble en avoir pâti.

Enfin, les "divers" (Régionaliste, écologistes indépendants et vrais divers) passent de 3,59% à 2,75%).

Les 8 élections municipales de ces villes de plus de 3500 habitants (Cesson, Royan, Pont à Mousson, Gargenville, Cannet en Roussillon, Plomeur-Bodou, Guise et Luisant) confirment cette tendance puisque la gauche obtient  27,03% au lieu de 32,01% dans ces municipalités très orientées à droite. Mais la gauche (menée presque toujours par des divers-gauche) trouve le moyen de perdre deux municipalités (1 divers-gauche et une verte) pour n'en conserver qu'une divers-gauche.
Pendant ce temps, la droite reste stable avec 65,67 au lieu de 65,59%
Elle garde facilement 3 villes (2 UMP, 1 DD),
L'UMP conquiert une ville sur un DD.
3 DD battent deux DG et une municipalité verte.
Il s'agit là de défaites de la gauche et non seulement du PS.

Pour les seconds tours, un élément supplémentaire aggrave de façon spectaculaire le mauvais score de la gauche. En effet, dans des cantons où l'abstention atteint des records historiques, dans plusieurs cantons, la gauche ne qualifie pas un de ses candidats et son électorat ne peut plus jouer qu'un rôle éventuel d'arbitre entre deux candidats de droite.
 
Tirer des conclusions définitives de l'incontestable échec de la gauche et notamment du PS dans ces élections partielles du mois de juin serait manquer de la plus élémentaire prudence.

Plusieurs éléments rentrent en ligne de compte:

1° l'abstention
Comme nous l'avons dit, l'abstention atteint des records historiques (Villeurbanne, Amiens, Tourcoing, Houdain etc...). A ce niveau, toute analyse commence à être très risquée, même si on peut observer que l'abstention de masse se répartit à peu près à part égale dans les camps politiques. Il se peut cependant qu'un électorat de gauche et notamment PS se soit démobilisé après la victoire de la gauche aux régionales et qu'à l'inverse un certain électorat de droite se soit rebellé face à une victoire trop écrasante.

2°) Les considérations locales
Une deuxième donnée sans doute à intégrer est le retour pendant un petit temps de considérations locales. Alors que la droite n'en pouvait plus d'une bougeotte permanente du pouvoir sarkozyen et d'une perte de repère au niveau national, les élites locales sont un rempart autrement plus fort  face à la gauche. Par ailleurs, le retour aux "fondamentaux" de la droite (rigueur, austérité, sang et larmes, "Père la rigueur- fouettard!!!) pendant quelque temps peut solidifier un bloc cependant pluraliste.
Pendant ce temps, la gauche peut avoir du mal à coaguler ces courants si son moteur principal baisse fortement.

3°) Les éléments contraires
Quelques éléments fondamentaux viennent cependant contrecarrer ce début de renversement de tendance:
Le comportement du président Sarkozy
Alors que nous pouvions penser que Nicolas Sarkozy avait tiré les leçons des dommages de la période "Bling-bling" et de son hyperactivisme, la toute dernière période nous prouve qu'il n'en est rien. Le président a repris son habitude de s'occuper de tout et de n'importe quoi, courant le risque permanent que le moindre échec lui soit reproché.
Par ailleurs, les scandales divers et variés d'une société dure aux faibles et douce aux forts, ont tendance à reparaître et toute injustice se transforme en problème politique majeur.
Enfin, dans une crise économique profonde, les ressorts naturels de protestation jouent naturellement contre le pouvoir en place.
Au contraire, la stratégie intelligente  des socialistes de mettre sous le boisseau leurs querelles de personnes et de travailler leur projet pour 2012, tout en montrant leurs critiques profonde du système Sarkozy devrait leur permettre de présenter un visage sérieux et crédible d'alternative politique.

C'est pourquoi il me semble que nous devons attendre les élections partielles du second semestre pour pouvoir tirer plus de conséquences politiques sans que nous abandonnions toutes les analyses mensuelles et élection après élection!
 

Par Cohérence et Espoir 94 - Publié dans : Elections - Communauté : Les blogs socialistes
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Dimanche 2 mai 2010 7 02 /05 /Mai /2010 09:57

Quelques commentaires sur les élections régionales de 2004 et de 2010 dans le Val de Marne

1°) Corps électoral
Le corps électoral est passé entre 2004 et 2010 de 689.565 à 757.712, soit 8,99% en plus.
L’ensemble du département augmente aux environs de 10% de plus. Ce fort mouvement est certainement lié à l’élection présidentielle de 2007 et au souvenir du traumatisme de 2001 avec la présence de Le Pen au second tour.
Le mouvement ne peut pas spécialement être lié à un côté politique marqué. Symboliquement, les villes avec la plus forte augmentation et la plus faible sont deux villes à direction communiste : Valenton et Chevilly-Larue. Par ailleurs, il n’est pas vraiment possible de désigner un axe géographique ou politique quelconque à ce niveau.

L’abstention
La différence la plus grande entre les deux élections régionales de 2004 et de 2010 est le taux de participation. En effet, en 2004, le taux de participation départementale était de 59,97%, Alors qu’en 2010, il ne s’est plus élevé qu’à 42,90% au premier tour, soit 17,07% de moins. Comme en 2004, il y a un léger sursaut de la participation puisque celle-ci s’élève à 46,11% (+ 3,21%) au 2ème tour de 2010  Mais il avait été plus fort en 2004 avec 3,94% de mieux.

Il a été beaucoup dit qu’à l’abstention traditionnelle des quartiers populaires se serait ajoutée une abstention de caractère politique de la droite. S’il paraît tout à fait plausible que l’électorat de la droite ne se soit manifestement pas mobilisé, celui de la gauche ne l’a pas fait non plus. Et en tirer l’idée que la victoire de la gauche serait due à une simple abstention de la droite mécontente de « l’ouverture à gauche » et soucieuse d’un « retour aux fondamentaux » semble quelque peu osé, voire « acadabrantesque ».

En 2004 au 1er tour, sur les 10 villes qui avaient voté le plus, 8 étaient dirigées par la droite et seules deux étaient socialistes  (Noiseau et L’Haÿ les Roses), ce qui est la même chose en 2010 (avec Noiseau et Cachan comme villes socialistes).

Par contre, dans les 10 villes votant le moins, nous retrouvons en 2004 9 villes de gauche (5 PC, 3 PS et 1 DG) et une de droite (Bry sur Marne), comme en 2010 (Chennevières remplaçant Bry sur Marne).

En 2004 comme en 2010, au deuxième tour, le même schéma est valable pour les 10 villes ayant le plus voté comme pour les villes ayant le moins voté.

Par ailleurs, si nous considérons les 10 villes ayant le plus augmenté leur abstention entre 2004 et 2010, nous avons 4 villes à direction communiste (Valenton, VSG, Bonneuil, Champigny, 2 villes socialistes (Créteil, Ablon), 1 ville DG (Arcueil) et 3 villes de droite (Périgny, ST-Maurice et Villeneuve le Roi).
Quant aux 10 villes ayant le moins de baisse de participation il y en a 6 de droite (ST-Maur, Bry sur Marne, Joinville, Maisons-Alfort, Sucy en Brie, Ormesson) et 4 communistes (Chevilly, Ivry,  Villejuif, Fontenay).

Ces constatations amènent à penser qu’autant l’électorat de gauche que de droite s’est abstenu.



Analyse par listes

Examinons maintenant par listes ou groupe de listes

L’extrême-gauche
Contrairement à ses habitudes, l’extrême-gauche s’était présentée en 2004 unie avec une liste LO-LCR. Cette fois-ci, l’extrême-gauche présentait deux listes (NPA et LO) et il y avait une liste communautariste qui se déclinait sur un mode humoristique et une thématique nettement de gauche. C’est pourquoi je l’ai groupée avec l’extrême-gauche.

C’est le NPA qui a drainé le plus de voix (un peu plus de 5%). Les trois listes ont obtenu 14610 et 4,62% en 2010 contre 17.308 voix et 4,31% en 2004. Ce qui signifie un très léger progrès. Cet étiage correspond également aux résultats des européennes de 2009.
Notons que l’extrême-gauche fait ses meilleurs scores dans les villes PCF en 2004 et 2010. Trois situations spécifiques : celle d’Orly qui déjà était à 6,34% et qui atteint aujourd’hui 10,08% qui est due à une activité associative importante axée sur les « sans » avec le soutien actif de la section du PCF local et une emprise d’un vote communautariste. A Fresnes, où des luttes concernant la sécurité sociale et … autres ( ?) et à Choisy pour les mêmes raisons qu’à Orly.
Sans surprise, ce vote est le plus faible dans les villes de droite, notamment rurales dans le plateau Briard

Le Front de Gauche
L’alliance du PCF et du Parti de Gauche devait être pour ces auteurs un moyen de conquête de l’opinion de gauche face au PS ; Dans cette campagne, l’objectif ambitieux de la phrase précédente s’est transformé en une bataille pour contrôler l’électorat protestataire face au NPA.

Le Front de gauche obtient finalement 10,77% en 2010 (contre 10,43% en 2004), soit un très modeste gain de 0,34% et une perte en voix de 7818. Il est en progression de 1,27% sur les élections européennes de 2009.
Si dans certains bastions PCF, il y a vraiment une hausse du vote communiste (Bonneuil, VSG, Gentilly, Valenton) a contrario, il y a une chute certaine dans d’autres communes, particulièrement les villes Divers Gauche (Orly –5,01%, Limeil –3,64% et Arcueil  -2,32%).
Le résultat le plus frappant est la contre-performance de Limeil-Brévannes dont le maire Joseph Rossignol est membre du Parti de Gauche (seul du 94).
De plus, à Orly comme à Villeneuve le Roi  (–4,45%). les divisions internes ont beaucoup joué.

Il n’en reste pas moins que le FG comme le PCF (donc en 2004 comme en 2010) ne  dépasse les 10% que dans 16/17 communes, est entre 5% et 10,00% dans 18/19 et se trouve en deça de 5% dans 13 communes. Le fait que le PCF soit la force dirigeante du Conseil Général peut être considéré comme une bizarrerie que son statut quasi-solitaire  en France (avec l’Allier) a peine à justifier.

Dans le bloc protestataire, le FG a deux fois plus de pourcentage que l’extrême-gauche, mais les deux tendances augmentent chacune  de 0,30% avec un total de 15,78% en 2010. 
 

Tournons-nous maintenant vers ce que j’appelle le Bloc Réformiste. En 2004, il y avait une liste unie PS-Vert alors qu’en 2010, les socialistes présentaient une liste de rassemblement et Europe-Ecologie regroupait les Verts et leurs alliés.

Il ne peut donc y avoir de comparaison objective que si nous regroupons le score des deux listes en 2010 pour le comparer à celui de 2004. En un second temps, nous aurons à voir le rapport de force électoral entre les deux listes, riche d’enseignements.

En 2004, la liste PS-Verts obtenait 125.569 voix et 31,51%. Cette fois-ci, les deux listes recueillent 131.156 voix et 41,59%, soit 5.089 voix et 10,08% de plus. Ce résultat est un peu meilleur qu’au niveau régional (9,99%). Cette avance en voix sur 2004 est exceptionnelle alors que le taux de participation est inférieur de près de 18% !

Il n’y avait pas de véritable surprise en 2004 sur la position de la liste PS/Verts dans les villes du département : en gros, les villes PS et DG en tête, les villes PCF  en milieu et les villes de droite en arrière. Déjà, les scores de Boissy, de Villiers et à une moindre mesure de Gentilly, Joinville et de Vincennes laissaient présager des évolutions.

Le PS

Tournons-nous maintenant sur les résultats de la liste Huchon du premier tour de 2010.
Elle était déjà un rassemblement autour de PS avec le MRC, le PRG et le MUP de Robert Hue.

Quelques villes réalisent le tour de force d’obtenir un pourcentage supérieur pour ce rassemblement que la liste PS/Verts de 2004. Il s’agit d’Ablon, de Villeneuve-le-Roi, Rungis, Orly,  Valenton et l’Haÿ-les Roses. Elles sont toutes localisées dans la même partie du département, mais également bénéficient d’éléments d’entraînement local. Par contre, les 5 villes où la liste perd le plus par rapport à 2004 (plus de 10%) sont toutes des communes de droite où le vote écologiste a été fort. 

Entre les deux élections, les villes où le vote PS a été le plus fort ne changent pas beaucoup. Ce sont des villes socialistes (Alfortville, Créteil, Cachan, l’Haÿ les Roses, Fresnes), mais aussi MRC (Le KB), DG (Orly), et même en 2010 une ville avec une municipalité de Droite (Villeneuve le Roi).qui obtiennent au moins 30%. Par contre, dans les 15 villes où la liste réalise les plus mauvais scores sont toutes de droite à l’exception d’une seule (PCF). Le PS peut-être donc considéré comme le grand parti de la Gauche à la suite de l’affaiblissement du PCF.
Ces résultats remarquables sont d’autant plus une réussite que moins d’un an avant, le PS avait connu un résultat douloureux aux élection s européennes de 2009 où le PS n’avait obtenu que 13,68%.

Les Ecologistes
Très intéressants sont les résultats d’Europe-Ecologie. C’était le premier scrutin après les européennes où la liste menée par Daniel Cohn-Bendit s’était élevée à 61.585 voix et 20,22%..Cette fois-ci, en dépit d’une participation plus importante (46,04% au lieu de 40,84%), la liste d’Europe-Ecologie réalise 51.085 voix  et 16,14%. L’autre liste écologiste, l’Alliance Ecologiste Indépendante, qui refuse de choisir entre la droite et la gauche, est également en baisse (1,29% au lieu de 3,22% ). Cette dernière liste avait obtenu 2,72% aux régionales de 2004.
Dépendants presque totalement, vu leur faible implantation  locale, de leur campagne nationale et des mass-médias, Europe-Ecologie avait été « boostée » lors des européennes par la situation nationale, la crise au sein du PS et la présence d’un leader charismatique : Daniel Cohn-Bendit. Le rassemblement autour de Martine Aubry, mais aussi sur bilan très bon des présidents de région, la campagne totalement à contre-temps de Nicolas Sarkozy et de François Bayrou, a favorisé la formation politique implantée et traditionnelle qu’est le PS.

Extrêmement intéressant est la répartition de ce vote écologiste. Il est assez fondamentalement sociologique et largement géographique, même si sa formation récente n’empêche pas une progression spectaculaire d’ensemble. Aux européennes de 2004, les Verts obtenaient 7,41% et CAP21  3,48% alors qu’aux européennes de 2009, ils atteignent 20,22% pour Europe Ecologie et 3,22% pour AEI.

Il correspond assez nettement au concept « Bobo ». En témoignent les résultats particulièrement remarquables des villes situées en bordure de Paris quelque que soit la tendance politique de la municipalité (Arcueil, Vincencennes, Gentilly, Cachan, ST-Mandé etc..). Pointons le succès de la seule ville du Val de Marne qui est un maire d’Europe-Ecologie, même si il est distancé par la liste Huchon. Dans le secteur du Sud-Est du 97département , les résultats sont contrastés. Par contre, le Sud-Ouest du département est particulièrement mauvais, y compris VSG dont Cécile DUFLOT est élue.
On comprend que cet électorat relativement aisé, peut se construire un univers indépendant du cadre politique de la commune où ils habitent.
Par contre, il est clair qu’Europe-Ecologie est nettement plus sensible aux phénomènes de mode et il est à peu près sûr que beaucoup de ses électeurs hésitent entre Europe-Ecologie, le MoDem et le PS.

La Gauche
L’ensemble de la gauche en 2004 totalisait au premier tour 185.774 voix et 46,25%. En 2010, cet ensemble atteint 180.347 voix et 56,97%, soit une perte de 5.427 voix, mais une progression de … 10,72% !

Dans cet ensemble, le bloc protestataire gagne 0,65%, mais perd 10.000 voix, tandis que le bloc réformiste gagne 5087 voix et 10,08%.
C’est donc dans l’avancée du bloc réformiste qu’il faut chercher les principaux vainqueurs. Et dans la compétition qui s’est établie entre la liste Huchon et Europe-Ecologie, l’ordre de tête s’est totalement inversé entre les européennes de 2009 et les régionales de 2010.
C’est cette donnée répétée dans toute l’Ile de France qui a d’ailleurs permis une fusion facile des listes de la Gauche « solidaire et écologiste » comme on dit maintenant.

C’est dans des villes exclusivement de gauche que l’augmentation des voix de gauche est la plus notoire.

La Droite
Tournons maintenant vers la droite, en commençant  par la Droite Républicaine :
Alors qu’en 2004, il y avait deux forces principales : l’UDF et l’UMP avec respectivement 15,00% et 22,17%, en 2010, l’UMP se retrouve seule à 24,24%, mais entourée de deux petis groupes très critiques à son encontre : le reste du MoDem à 4,05% et deux listes de « droite dure » à 4,42%. Le résultat final est une droite républicaine à 32,71% en 2010 au lieu de 38,17% en 2004 (- 5,46%). Mais bien sûr, c’est le résultat en voix qui montre l’ampleur du phénomène. Alors que la droite gouvernementale obtenait 153.283 voix en 2004 et n’en obtient plus aujourd’hui que 103.547.
Saluons quand –même pour l’anecdote l’exploit d’un village (Santeny) peuplé d’irréductibles  gaulois qui a trouvé le moyen de voter en pourcentage plus pour la droite en 2010 qu’en 2004 

Sur le plan départemental, il y a une adéquation presque totale entre la coloration de la municipalité et le résultat de la droite : seuls, Boissy-ST-Léger et Villiers faisaient plus mal  pour la droite que dans des municipalités de gauche en 2004. 8 villes dépassaient 50% pour la droite républicaine, 13 villes dépassaient les 40%, toutes à droite. Seules Thiais, Villiers et Boissy ST-Léger  faisaient exception à moins de 40%.

En 2010, seul Santeny fait plus de 50%, 14 dépassent les 40%, 5 sont entre 36% et 40%. Là Villiers et Villeneuve-le-Roi font exception avec respectivement 31,89% et 28,17%.

Si nous regardons les pertes de la Droite Républicaine en pourcentage, nous nous apercevons que les communes qui ont le plus résisté à la baisse spectaculaire sont plus rurales et éloignées de Paris, notamment sur le Plateau Briard, tandis qu’à l’encontre ce sont les communes peuplées du nord-est Val de Marnais proches de la capitale qui abandonnent le plus d’électeurs : ST-Maur  Maisons-Alfort, Saint-Mandé, ST-Maurice, Nogent et Vincennes qui toutes dépassent les 7% de perte. Sans surprise, ce sont trois communes proches de Paris où la droite républicaine recule le plus (Le Kremlin-Bicêtre, Cachan et Alfortville).

L’Extrême-Droite
On a beaucoup glosé sur le retour en force du Front National suite au débat sur l’identité nationale et la crise. Il paraît évident que ces thèmes ont pu jouer sur une partie des électeurs de l’extrême-droite. Mais il ne faudrait pas l’exagérer.
En effet, le Front national n’a récupéré qu’une faible partie de l’électorat qu’il a perdu après 2002.

En 2004, il avait du subir la concurrence de la dissidence maigretiste. Cette fois-ci, il était la seule liste d’extrême-droite.

En 2004, l’extrême droite atteignait encore 51.631 voix et 12,85%. En 2010, le FN rassemble 28.557 voix et 9,05%. C’est à dire une perte de 23.074 voix et de 3,83%. C’est plus le résultat en creux de la droite républicaine qui accentue le phénomène de remontée du FN.

Par contre, la répartition géographique du vote d’extrême-droite est pleine d’enseignement. Elle n’a pas changé depuis 2004. Toutes les communes où l’extrême-droite obtenait ses meilleurs résultats en 2004 (+ de 14,50%) se trouvent dans le sud du département,. C’est le même cas en 2010 avec un résultat de plus de 10% avec une exception qui confirme la règle : celle de Maisons-Alfort.

L’inverse n’est pas exact. C’est à dire que les villes où l’extrême-droite en 2004 et le FN en 2010 ne sont pas toutes les villes du Nord du département. Certes, Vincennes et ST-Mandé sont les plus rétives à ce vote, moin s de 10% en 2004, moins de 6,50% cette fois-ci, Dans les 10 villes votant le moins à l’extrême-droite, Nogent, Charenton, ST-Maurice, Marolles, Rungis complètent le tableau, mais aussi de villes de gauche (Ivry et Fontenay dès 2004), rejointes cette fois-ci par Fresnes, Cachan et Gentilly qui ne sont pas toutes au nord du département.

Il est naturel, et surtout réjouissant que le FN recule le plus dans les communes où il prospérait le plus : Villeneuve Saint-Georges, Villeneuve-le-Roi, Ablon,, sur le Plateau Briard (Santeny, Marolles, Villecresnes), mais aussi dans des villes communistes (Gentilly, Bonneuil, Choisy, Vitry).
Là où il recule le moins sont les villes de droite où son influence était faible, ce qui est somme toute normal.
Cela dit, le ventre de la bête est encore fécond puisque le FN recueille 10.000 voix de plus qu’aux européennes.

Les commentaires sur l’ensemble sont similaires à ceux déjà indiqués pour l’analyse des résultats de la droite républicaine, sauf que les chiffres sont encore accrus.

Par ailleurs, observons que la droite dans un contexte où la politique gouvernementale était l’objet de toutes les critiques, ne pouvait s’appuyer que son réseau local. On mesure là la très grande erreur de Nicolas Sarkozy quand il a décidé au début de la campagne de la « nationaliser », même si le très bon bilan des régions socialistes ne laissait que peu de place à une campagne de terrain.

Le second tour
La campagne de l’entre deux-tours va être dominée tout d’aabord par les réactions aux résultats du premier tour. Alors que tout a indiqué une victoire de la Gauche au premier tour, la droite va s’enfoncer dans un déni global , dans une attitude autiste et rigide du plus mauvais effet. Privé de toute possibilité de fusion, l’UMP présente ses listes sans changement.
Par contre, la Gauche entame son processus de fusion, démontrant sa capacité de dialogue et de changement, aboutissant finalement, malgré quelques couacs, à une fusion à peu près complète partout (avec deux régions qui font exception (Bretagne et Limousin) et une où la gauche officielle n’est pas représentée (Languedoc-Roussillon).

La participation électorale progresse de 3,22% en 2010 contre 3,94% en 2004. Comme en  2004 ce sont les villes de droite qui votent le plus alors que les villes de gauche s’abstiennent le plus. Par contre, il est vrai que la participation dans un certain nombre de villes de droite a baissé plus qu’ailleurs. Mais cela ne peut être présenté comme une explication de la victoire de la gauche.

Le deuxième tour mettra aux prises les listes de la Gauche et celle de la Droite, un grand classique de la 5ème République. L’absence de toute liste alternative à l’inverse de 2004 où le FN avait pu se maintenir permet d’avoir une bataille simple et claire où, reconnaissons-le, la gauche excelle.
C’était de plus une bonne occasion d’observer la mécanique de rassemblement avec à gauche, si la gauche dépassait le résultat de toutes les listes cumulées du premier tour et à droite, dans quelle mesure l’UMP récupérerait le score des listes de de droite et d’extrême droite. 

Au total, la gauche rassemble au second tour 203.720 voix et 61,20% contre 180.347 voix et 56,97% une semaine auparavant. Ce progrès de 23.373 voix et de 4,23% montre véritablement un progrès significatif.
La droite passe de 132.104 voix  et 41,73% à 129.143 voix et 38 ?80%, soit une perte de 2.961 voix  et de 2,94%. Cette perte est là, surtout en voix, assez faible.

Le nombre de voix gagné par la gauche et perdu par la droite doit être supérieur, car il faut tenir de ce que j’appelle les  « transferts invisibles » c’est à dire des votants du premier tour abstentionnistes au deuxième tour et vice-versa.

Le report des voix des listes de gauche semble avoir été presque parfait et par ailleurs, un grand nolmbre des 24.307 nouveaux électeurs semblent avoir voté à gauche

Par contre à droite, la perte de 2.961 voix correspond à une fraction assez faible des voix s’étant porté sur  les listes de droite du premier tour

Le score obtenu par la gauche  au deuxième tour est cependant assez exceptionnel, puisque 10 communes dépassent les 70% (toutes de gauche), 14 communes sont entre 60 et 70% dont deux de droite (Villeneuve-le-Roi et Villiers) . Toutes les villes de gauche dépassent les 55% et seules 9 communes de droite donnent la majorité à la droite au deuxième tour.

Quelques commentaires sur les élections régionales de 2010 (2)

Tournons-nous maintenant vers l’analyse par catégorie :

Les villes par tendance de la municipalité

Les municipalités PS
Les municipalités socialistes sont au nombre de 8, ce qui est assez peu compte tenu du rôle de première force politique du département. Depuis 2008, deux nouvelles municipalités se sont adjointes au lot : Boissy  et Ablon. La population électorale de 8 communes est de 135.408 inscrits. Au premier tour de 2010, seuls 41 ,52% des électeurs se sont rendus aux urnes et au second tour 44,92%. C’est une perte par rapport à 2004 de 18,33% au premier tour et  19,21% au second tour.
 
La comparaison avec 2004 est rendue un peu plus difficile puisque le PS faisait liste commune avec les Verts à cette époque.

La liste PS-Verts de 2004 avait rassemblé  26,843 voix et 38,41%, la gauche dans son ensemble regroupait dans ces communes 35.353 voix et 50,58%. A l’époque, Ablon avait voté comme une ville de droite.
La liste réalisait donc dans ces villes entre 26,91% et 39,96% et la gauche entière entre 36,49% (Ablon) et 52,34%.

En 2010, les deux listes Huchon et Duflot obtiennent 26.907 voix et 49,18% (+10,67%) dont 18.344 et 33,54% pour la liste Huchon. La gauche dans son ensemble atteint 34,231 voix et 62,57% (+11,99%).
Le score de la liste Huchon à ce premier tour évolue entre 28,24% et 37,99%, les résultats cumulés des listes Huchon et Duflot entre 40,72% et 53,25%. Enfin, la gauche en totalité réalise dans ces villes entre 49,81%  et 66,44%. Ablon reste à quelques voix au dessous des 50%, mais réalise une progression spectaculaire de plus de 13%.

Ce qui est à remarquer est que dans toutes ces villes, il n’y a pas de concurrence entre partis de gauche et que le vrai débat est entre la Gauche et la Droite.

Au deuxième tour de 2004, la gauche rassemblée atteignait 43.085 voix et 57,33%.Il y avait eu une très forte dynamique en faveur de la gauche.
Dans les communes étudiées, le score de la liste de Gauche évoluait entre 42,28% (Ablon) et 60,17%. Toutes ces villes, à l’exception d’Ablon, dépassaient les 50%.

A celui de 2010, la gauche « solidaire et écologiste » obtient 39.224 voix et 67,55% (+10,22%), avec une avancée un peu moins importante entre les deux tours, mais très confortable (+4,98%). Cette fois-ci, les scores évoluent entre 56,41%  et 71,27%. Toutes ces villes sont à plus de 60%, à l’exception d’Ablon. 

Les villes communistes
Dans les 12 villes communistes, comptant au total 247.010 électeurs inscrits, n’ont compté que 40,41% de votants au premier tour de 2010 et 43,48% au second tour. Entre les deux votes, le PCF a récupéré la municipalité de Villeneuve-Saint-Georges.

La liste PS/Verts de 2004 était en tête dans toutes les municipalités communistes, mais ne permet pas une comparaison réelle et objective avec 2010 entre PS et PCF.

La liste du PCF réalisait en 2004 dans ces villes 24 .553 voix et 19,62%. Celle du Front de gauche rassemble en 2010 20.550 voix et 21,16%. Cette baisse en voix et cette progression globale en pourcentage cache des disparités importantes.

Si Bonneuil, Champigny, Villeneuve Saint-Georges, Valenton et Gentilly augmentent leur pourcentage pour le Front de Gauche de plus de 3%, Choisy, Ivry et Villejuif baissent en pourcentage.

En 2004, le PCF avait 3 de ces  villes à moins de 15%, 3 entre 15 et 20%, 4 entre 20 et 25% et 2 à plus de 25%.
En 2010, le FG garde 3 villes à moins de 15%, 3 entre 15 à 20%, 1 entre 20 et 25%, 4 entre 25 et 30% et même une à peu de plus de 30%. Comme le montre l’augmentation en pourcentage, la situation semble au plan électoral un peu meilleure.
Cependant, les dissensions internes, la défaite électorale du maire de Limeil et l’absence quasi-totale de municipalité gagnable pour le PCF plombent l’avenir du parti.

En 2010, la liste du Front de gauche dépasse la liste Huchon dans 4‘municipalités sur  les  12 municipalités communistes (Valenton, Bonneuil, Ivry et Champigny). Gentilly est à 0 ,08% de différence. Toutes ces villes sont à plus de 25%.
3 villes évoluent entre 18 à 20% et la liste PS la dépasse de 5 à 8% (Vitry, Villejuif et Fontenay).
Enfin, dans 4 villes (VSG, Choisy, Chevilly et La Queue en Brie, le Front de Gauche est entre 12,50 et 15,31% et la liste Huchon est à plus de 10% devant.
Dans deux villes, Choisy et la Queue en Brie, Europe-Ecologie est devant le FG.

Notons cependant avant de rêver à de futures conquêtes du PS qu’elles ne pourraient se faire que dans le cadre d’une alliance avec Europe-Ecologie, puisque le total cumulé des listes du FG, de l’extrême gauche et d’Europe-Ecologie dépasse nettement les résultats du PS.

C’est pourquoi il est nécessaire d’avoir une stratégie fédérale en liaison constante avec les sections, seul moyen d’avancer.

Les villes DG ou autre Gauche
Il y a 4 villes sur le 94 dirigées par des maires d’autre formation de gauche : ce sont Le Arcueil, le Kremlin-Bicêtre, Limeil-Brevannes et Orly.
3 de ces 4 maires sont également conseillers généraux et ils ont fondé un groupe appelé « Gauche Citoyenne » au Conseil Général.
Il est intéressant de constater qu’ils ont pris des positions différentes lors des élections régionales  que nous devons analyser au cas par cas.

Le cas le plus simple est celui de Jean-Luc Laurent, maire du KB.
Depuis 2004, Jean-Luc Laurent a choisi de figurer sur la liste de Jean-Paul Huchon.

En 2004, la liste PS/Verts obtenait au premier tour 38,33% sur un total à gauche de 50,89%. Au second tour, la gauche obtenait 56,77%.


En 2010, au premier tour, les liste PS et écologiste recueillaient ensemble 50,76% (dont 34,47% pour la liste Huchon) et 64,72% pour la gauche ensemble. Au deuxième tour, la gauche monte à  70,20%.
Le FG reste malgré une petite poussée à moins de 10% (8,79%) et les écologistes sont à leur moyenne départementale (16,29%).

Le cas d’Orly est bien spécifique :

Au plan des listes, le PCF qui avait un conseiller régional sortant depuis 1992, Alain Girard ne le présente plus et donc aucun orlysien ne sera sur cette liste.
Pour la première fois,  deux socialistes figurent sur la liste Huchon.

Gaston Viens, maire honoraire d’Orly, prend position pour la liste Huchon, comme en 1998 et en 2004, lorsqu’il était maire d’Orly.
Par contre, Christine Janodet, la nouvelle maire d’Orly, ne prend pas position pour la liste Huchon, mais appelle à voter pour une liste de gauche et organise symboliquement au début de campagne, un débat entre les trois têtes de liste de la gauche gestionnaire de la région le 4 Février 2010. 

En 2004, au premier tour, la liste PS-Verts avait réalisé 32,75% et la liste du PCF 18,25%. L’extrême-gauche avait 6,34%. Il est à remarquer que le total de la Gauche atteignait 57,34%, soit moins qu’en 1998 (59,22%).

En 2010, au premier tour, la liste Huchon obtient 34,52%, la liste du Front de Gauche 13,24% la liste Europe-Ecologie 11,07% et les listes d’extrême-gauche 10,08%, soit un total pour toute la gauche de 68,90%
Cette progression est de 11,56%, mais cache une très grande disparité de résultats entre les listes.
La liste Huchon réussit « l’exploit » de dépasser à elle seule le pourcentage de la liste PS-Verts de 2004 (34,52% contre 32,75%) et réalise le troisième résultat du département pour la liste Huchon.. Les deux listes cumulées obtiennent 45,59%, soit +12,74%).
Victime de ses divisions internes, de sa campagne animée par le seul Alain Girard et de la concurrence de l’extrême-gauche, le Front de gauche est le grand perdant avec –5,01%.(de 18,25% à 13,24%.
La liste d’Europe-Ecologie recule de près de 4% par rapport aux européennes ; réalisant un des résultats les plus bas du département avec 11,07%.
Par contre, les trois listes d’extrême-gauche atteignent 10,08% soit le résultat le plus haut du département. Manifestement, les campagnes répétées de la section communiste sur des thématiques « gauchistes » ont porté leurs fruits.

Au deuxième tour de 2010, la liste de gauche atteint un score historique de 74,84% (+5,94% par rapport au premier tour) et dépasse de 11,89% celui du deuxième tour de 2004 (62,95%).
Il est évident que l’appel de Christine Janodet en faveur de la liste de la gauche a certainement joué un grand rôle.
Nous avons d’ailleurs à souligner la conjonction entre la politique de la maire au niveau local et celle du PS aux autres niveaux.

Le maire d’Arcueil, Daniel Breuiller, ancien communiste, a fait le choix d’Europe-Ecologie, comme Jacques Perreux et d’autres, devenant donc le seul maire d’Europe-Ecologie du département.

En 2004, la liste PS/Verts avait réalisé 36,55%, Le PCF 18,55% et l’extrême gauche 6,17% pour un total de gauche de 61,71% (3 ème ville du département à ce niveau).
Au deuxième tour, la liste de la gauche atteignait 67,91%, soit un gain de 10,20%

En 2010, la liste Huchon réalise 27,05%, celle d’Europe-Ecologie 22,15%, celle du FG 16,67% et l’extrême gauche 5,34% pour un total de 71,21%.  Le total des deux listes PS et Ecologistes est de 49,20% (+12,65% sur 2004).
Les deux listes ont toutes les raisons d’être satisfaites, le PS par sa première place parce que cela n’est jamais facile d’y être lorsque le maire de la commune prend parti pour une autre liste et Europe-Ecologie qui obtient son meilleur résultat de tout le département.
La liste du FG s’en tire relativement bien face à ce duel eu sommet avec 16,67% (-1,88%).
L’extrême gauche est en baisse avec –0,73%.

Au deuxième tour, la liste de gauche 76,28%, soit un progrès de 5,07%  sur le premier tour de 2010 et de 8,37% sur le deuxième tour de 2004. La ville compte d’autre part un conseiller régional socialiste en la personne de Denis Weisser ce qui souligne nos respônsabilités à l’avenir.

Enfin, le cas de Limeil-Brevannes est particulièrement significatif.
Joseph Rossignol, maire de Limeil, est le seul maire du Parti de Gauche du département. Il a pris parti pour le Front de Gauche.

En 2004, la liste PS/Verts rassemblait 29,58%,  le PCF 13,24%, l’extrême gauche
5,72% sur un total pour la gauche de 48,49%.
Au deuxième tour, la liste de gauche obtenait 53,86% soit +5,37%.

En 2010, au premier tour la liste Huchon atteint 26,95%, la liste Europe-Ecologie 14,24%, le FG … 9,60% et l’extrême gauche 5,60% sur un total à gauche de 56,38%.
Au deuxième, la liste de gauche obtient 64,06% (7,68%).

Le principal enseignement est la baisse assez incroyable du Front de Gauche alors qu’il bénéficiait du soutien du maire !

Bien évidemment, cette contre-performance doit nous faire réfléchir par rapport à l’avenir de la commune et du canton.

Les communes de Droite
Dans les 23 communes de droite qui représentent 46,10% de la population électorale du département en 2010 (+3% par rapport à 2004), les tendances lors de ces élections sont très riches d’enseignements.

En 2004, la droite se divisait en trois forces inégales, mais importantes. L’UMP obtenait 54.913 voix et 30,12%, l’UDF 33.840 et 18,34% et l’extrême droite (principalement le FN) 22.297 voix et 12,23% sur un total à droite de 110.650 voix et 60,68%. Dans ces 23 villes de cette catégorie, seule Villeneuve-le-Roi faisait exception avec 49,38% (et Boissy-ST-Léger qui n’était pas encore tombée à gauche) , toutes les autres villes obtenaient la majorité absolue pour les listes de droite.

Toute autre est la situation lors de l’élection de 2010. La droite a une force hégémonique en son sein ; l’UMP, flanquée de deux petites forces à sa gauche et à sa droite et une force moyenne qui est le FN.

L’UMP recueille 47.848 voix et 32,74%, le MoDem ne retrouve que 6.545 voix et 4,48%, les listes  « à la droite de la droite » obtiennent 7.865 voix et 5,78% (avec une situation spécifique sur le Plateau Briard) et enfin le FN 13.397 voix et 9,17% sur un total de droite de 75.653 voix et 51,76%.

L’UMP est donc la seule formation de droite à augmenter très légèrement son pourcentage ( de 30,12% à 32,74% tout en perdant  7.045 voix.
Le FN comme le MoDem perdent largement et en voix et pourcentage.
La droite perd en définitive 34.997 et 8,92%.

C’est bien au premier tour que la droite a perdu l’élection régionale.

Alors qu’en 2004, le FN avait réussi à se qualifier pour le second tour, en 2010, le deuxième tour verra s’affronter les deux listes de la gauche et de la droite.
Mais contrairement à ce qu’on pouvait craindre pour la droite au 2ème tour, les configurations différentes  de 2004 et de 2010 n’ont eu, semble-t-il, aucune réelle incidence sur le résultat final du deuxième tour.

Au deuxième tour de 2004, les deux listes de la droite réunissaient 111.554 voix et 57,46%, soit 954 voix en plus, mais –3,22% en pourcentage.
A celui de 2010, la liste de droite regroupe 76.036voix et 49,86%, soit 486 voix en plus, mais perd 1,90%. Par rapport au deuxième tour de 2004, la perte en pourcentage est de 7,60% et 35.518 voix.

Le caractère « historique » est la victoire de la gauche au second tour de 2010 dans ces villes, même si ce renversement était déjà inscrit dès le premier tour. Il n’est pas dû à un  report faible, puisque la droite obtient 486 voix de plus que le total des voix du 1er tour, mais aux 8.140 voix de plus pour la gauche ! Le recul de la droite est d’ailleurs moins important dans les municipalités de droite (-1,93%) que la moyenne départementale (-2,93%). Par contre, la chute est plus importante dans des communes du sud du département, notamment au sud-est, alors qu’elle est contenue dans le nord-est, où le décrochage s’était déjà fait dès le premier tour.

Au final, seule une commune dépasse les 60% (Santeny), 3 villes sont entre 55% et 60%, 5 évoluent entre 50% et 55%, 10 entre 45% et 50% et 4 entre 40% et 45% (Joinville, Rungis, Villiers et Villeneuve-le-Roi). Il paraît tout à fait logique de concentrer un effort tout à fait important sur ces dernières pour les faire tomber dès les prochaines cantonales et municipales. 

 
Au total, Il ne fait pas de doute que seuls le PS et Europe-Ecologie peuvent légitiment nourrir des espoirs fondés de conquête de cantons et de municipalités. Mais c’est relativement impossible si les deux forces partent séparées et sans accords. C’est pourquoi il semble tout à fait nécessaire d’être largement ouverts à des accords départementaux qui nous permettraient de pouvoir conquérir nombre de cantons et de municipalités quelque soit leurs tendances politiques actuelles.

Par Cohérence et Espoir 94 - Publié dans : Elections - Communauté : Les blogs socialistes
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Dimanche 4 avril 2010 7 04 /04 /Avr /2010 22:49

Durant le mois de février, aucune élection partielle ne s'est déroulée. Au mois de mars 2010, il y a eu 2 élections cantonales (à la Garenne-Colombes (92) et Sainte-Enimie (48) et une municipale à Plomeur-Bodou (22) ce qui est vraiment peu.

1°) Les élections partielles du mois
Concernant les deux élections cantonales, elles traduisent assez bien la tendance des élections régionales.
A la Garenne-Colombes, en 2004, le sortant UMP était réélu dès le premier tour avec 56,78% des voix et la droite totalisait avec ses trois candidats plus de 70% des voix. La gauche se divisait le reste avec 4 candidats (PS, Verts, PCF et LO. Seul, le candidat PS surnageait avec près de 20% des voix.
Cette fois-ci, le candidat UMP doit attendre un second tour avec 42,83% (-13,95%). La droite avec 4 candidats obtient 59,07% (- 11,40%). La gauche avec ses trois candidats recueille 41,39% au lieu de 29,53%, mais surtout ses trois candidats progressent (PC: 3,69% au lieu de 2,87%, PS 22,15% au lieu de 19,77% et surtout les écologistes avec 15,54% au lieu de 5,16%). certes, il n'y avait de candidat d'extrême-gauche. De plus, la gauche obtient avec près de 20% en moins de participation un score en voix largement supérieur à celui de 2004 (3240 voix au lieu de 2868).
Au deuxième tour, la candidate UMP recueille 4425 voix et 54,32%, perdant 201 voix et 4,75%,malgré 399 votants en plus du premier tour, alors que le candidat PS rassemble 481 voix supplémentaires.
Nous pouvons maintenant supposer qu'une partie importante de l'électorat supplémentaire s'est dirigée vers le candidat PS ainsi qu'une petite partie des voix du candidat MoDem , voire FN. Par con,tre, on peut estimer qu'une partie majoritaire des électorats MoDem et FN ont reporté leur vote sur l'UMP.
La comparaison avec les élections régionales des mêmes jours montrent une une quasi-parfaite adéquation au deuxième tour ainsi qu'au premier tour avec 3/4 % de votes sur des listes "divers-droite" aux régionales.

A Sainte-Enimie, La gauche rassemblait 39,50% et le conseiller sortant UDF 60,50%. Aujourd'hui, le candidat Divers-gauche obtient 56,77% face au candidat Divers-Droite 43,23%. La participation électorale a été légèrement supérieure dans ce canton rural de la Lozère. Ce basculement du canton était dans la logique. La participation est de 74,21% au lieu de 73,23% en 2004. La comparaison avec l'élection régionale sur la commune montre la même orientation qu'à la cantonale (liste de Georges Frèche au second tour).

Ces comparaisons montrent bien le caractère très politique de ces deux cantonales.

Quant à l'élection municipale de Plomeur-Bodou (22), elle illustre avec éclat comment se faire battre quand on a une large majorité!

Plomeur-Bodou a voté 4 fois en moins d'un mois: les 28 février et 7 mars pour la municipale partielle ainsi que les 14 et 21 mars pour les régionales.
La municipale a été provoquée par des dissensions au sein de la majorité municipale divers-gauche qui dataient de loin.
3 listes se sont présentées: l'UMP, la liste DG et une liste verte.
En 2008, la liste de droite obtenait 27% face à trois listes de gauche. Au deuxième, elle avait obtenu 37% face aux divisions déjà importantes de la gauche.
Le 28 février, la liste de droite recueillait déjà 41,04% (852 voix), alors que la liste divers-gauche rassemblait 32,08% (691 voix) et la liste écologiste 26,87% (546 voix).
Le second tour se passera comme l'avait annoncé le premier. Les trois listes se maintiennent et la liste de droite est élue avec un nouveau progrès à 43,91% (978 voix) contre 35,65% (794 voix) à la liste de la maire divers gauche et enfin 20,43% (455 voix) à la liste écologiste.

Fallait-il penser que Plomeur-Bodou était passé à droite par ce vote si contraire à ses traditions politiques et à la tendance nationale? Les élections régionales allaient pouvoir répondre à cette question, d'autant plus que la région Bretagne allait connaître le seul cas de non-accord entre la gauche et les écologistes.
Dès le 14 mars, une partie de la réponse était donnée puisque la liste du PS arrivait largement en tête avec 691 voix et 37,49%, devant la liste de l'UMP 413 voix et 22,41% et celle des écologistes avec 283 voix et 15,36%.
Mais c'est surtout le second tour qui va montrer la réalité du rapport politique à Plomeur-Bodou puisque la liste de la gauche obtient 1088 voix et 53,20%, la liste de la droite 542 voix et 26,52% et enfin la liste écologiste 414 voix et 20,25%.

2) Bilan des élections partielles entre janvier et mars 2010

Depuis le début de 2010, 5 élections cantonales ont eu lieu et donnent l'illusion d'un changement limité au niveau des sièges. L'UMP conserve ses deux sièges, Les divers-gauche conservent un siège et en gagnent un au détriment de l4UDF. Le PS s'empare d'un siège du PCF.
Autre signe d'un changement plus important: il y a eu 3 élections au premier tour au lieu de 4 auparavant, les deux de l'UMP donnant lieu à un deuxième tour en 2010.

Toute autre est la situation en voix:
La participation s'établissait à 59,33% aux élections de 2004 ou de 2008.
La gauche totalisait 38,69% (5908 voix), le PS ayant 21,21%, suivi par les DG 7,02%, le PCF 6,08%, les Verts 3,29% et enfin 1,09% à l'extrême-gauche.
Sur les mêmes cantons, la droite rassemblait 61,31%, l'UMP recueillant 5516 voix et 36,12%, puis les divers-droite (DD) 16,07%, le FN 5,61% et 3,51% le MoDem.

En 2010, la participation à ces élections partielles n'atteignait que 47,33%, seul élément de nature à atténuer les leçons de ces élections.
Par contre, la gauche a obtenu en 2010 6394 voix et 46,51% (+7,82%), avec le PS à 22,46%, les écologistes à 10,42%, les DG à 10,02%, le PCF à 3,91%. La contre-performance du PCF s'explique par une élection où seul le PCF avait un candidat en 2008 alors qu'il y a eu plusieurs candidats en 2010.
La droite recule à 52,12% en 2010 (-9,19%). L'UMP est à 32,43%, les DD à 10,45%, le FN à 4,34%, le MoDem à 4,07%, le NC apparaissant à 0,83%.
Enfin, il y a un sans-étiquette à 1,64%.

Je ne ferai de comparaison sur les seconds tours, puisque seul le canton d'Aurillac IV a été pourvu les deux fois au second tour.
Par ailleurs, sur les élections municipales partielles, la situation spécifique de Plomeur-Bodou sur laquelle je me suis largement exprimée, ne permet pas une analyse globale des trois élections municipales partielles du début de l'année.

Par Cohérence et Espoir 94 - Publié dans : Elections - Communauté : Les blogs socialistes
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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /Fév /2010 06:23
Vous voudrez bien excuser les erreurs qui pourraient s'être glissées.
En janvier 2010, ce sont trois cantonales et deux municipales qui se sont déroulées.

Il serait relativement téméraire d'en tirer des conclusions définitives, vu la faiblesse de l'échantillon et certaines conditions spécifiques.

Concernant les sièges, il n'y a pas eu de changement dans le rapport de forces entre 2008 et 2009.

Sur les trois cantonales, la gauche en remporte deux et la droite une. Cependant, le siège détenu par le PCF à Sore (40) revient logiquement au PS, le canton de ST-Martin de Valamas (07) reste au Divers Gauche et l'UMP garde le canton d'Aurillac IV (15).

Sur les deux municipales, la commune de Luisant (28) reste à droite et celle de Guise (02) à gauche.

Cependant, cette apparente stabilité cache quelques éléments intéressants:

Tout d'abord, un élément a disparu et nous ne pouvons que nous en réjouir pour la démocratie. En effet, dans le canton de Sore comme dans la commune de Guise, il n'y avait pas eu de candidat ou de liste alternative en 2008. cette fois-ci, ce fut le cas. Vu cette situation anormale de 2008, le résultat total de la gauche est cette fois-ci mécaniquement amoindri, ce qui nous oblige à regarder les situation une à une.

Concernant les cantonales,, celle de Sore, où le sortant communiste n'avait dû son élection qu'à l'absence d'un autre candidat. Il cède au PS le siège. celui-ci est élu au 1er tour avec 59,40%. Le candidat communiste réussit 19,92% ce qui porte le score de la gauche à près de 80%!

Sur la cantonale de ST-Martin, il n'aura fallu qu'un tour pour que le candidat de gauche l'emporte avec 51,82% des exprimés contre 49,53% en 2004. (et 4,52% pour le PCF)

Sur le canton d'Aurillac IV, le candidat de la droite obtenait au 1er tour de décembre 2008 53,60% et au second tour 57,09%. cette fois-ci, il recueille 43,68% au 1er tour et 51,56% au second. En prenant les voix du divers droite (11,61%), la droite recueillait 55,29% au premier tour et tombe à 51,56% au second.
Pendant ce temps, le candidat PS qui obtenait en décembre 2008 46,40% au 1er tour et 42,81% au second, rassemble cette fois-ci 32,58% (Verts 8,72%, PCF 3,39%) ce qui faisait 44,70%, mais arrive à 48,44% au second tour.

Sur les cantonales, nous observons donc à droite une prédominance actuelle incontestable de l'UMP mais une difficulté très réelle de rassemblement au deuxième tour.
A gauche, le PS et divers gauche progressent légèrement, et le rassemblement à gauche semble se faire assez facilement.

Concernant les deux municipales: celle de Guise où la liste Divers gauche était seule en lice en 2008, elle obtient cette fois-ci
57,09% contre une liste "apolitique".

Enfin, dans la municipale de Luisant (28), la liste Divers-gauche en progression constante (2008 1er tour: 25,53%, 2ème tour 30,18%, 2010 1er tour: 29,07% 2ème tour 37, 55%.

Par contre à droite, si la liste UMP du maire sortant se maintient bien ( 2008 1er tour: 34,05%, 2ème tour 43,76%, 2010 1er tour: 38,27% 2ème tour 43,40%), par contre les listes divers-droite faisaient nettement mieux en 2008 qu'en 2010 ( 40,41% au 1er tour 2008 et 26,06% au second tour contre 20,88% au 1er tour et 19,05% au 2ème tour de 2010). Il apparaît que les électuers de la liste (Divers) aient voté pour la liste de gauche.

Il ressort donc bien que là aussi la gauche rassemble bien alors que la droite a plus de difficultés au deuxième tour.

Cette situation compliquée pour la droite risque vraisemblablement d'empirer vu le combat entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin.
Par Cohérence et Espoir 94 - Publié dans : Elections - Communauté : Les blogs socialistes
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